Politique, Cimenterie

Cimenterie : « On n'a pas changé d'idée. », dit Jean D'Amour

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Le financement public dans le dossier de la cimenterie continue de susciter diverses réactions, même aux Etats-Unis.

Le financement public dans le dossier de la cimenterie continue de susciter diverses réactions, même aux Etats-Unis. Photo : Archives Graffici

GASPÉ – Le ministre responsable de la région Jean D'Amour indique que son gouvernement ne veut pas prendre une mauvaise décision dans le dossier de la cimenterie pour expliquer la réflexion en cours, mais les députés péquistes de Bonaventure et Gaspé soutiennent que le dossier est bien ficelé et Québec s'exposerait à des poursuites s'il devait reculer.

« Il faut prendre les bonnes décisions. On ne veut pas créer une Gaspésia II. On veut prendre le temps de bien analyser le projet. Il n'y a personne qui a dit non au projet. Ce que le ministre Daoust a dit — avec beaucoup d'à propos d'ailleurs — c'est qu'il faut voir le partage de risque. On doit être prudent », indique le ministre D'Amour.

Il rappelle qu'il entend respecter la signature de l'ancien gouvernement, « cependant, on ne veut pas le faire à n'importe laquelle des conditions, ajoute M. D'Amour. C'est de l'argent des Québécois et on veut prendre soin de ces investissements-là », souligne le ministre régional, conscient que le taux de chômage se trouve à plus de 20 % dans la région.

« Je comprends l'anxiété des gens qui fondent beaucoup d'espoir dans ce projet-là », précise M. D'Amour.

« C'est un dossier qui est très bien monté. Le gouvernement n'aura pas le choix de poursuivre le projet parce que le décret est signé par l'ancien gouvernement, réplique le député de Bonaventure, Sylvain Roy. Si le gouvernement recule, il va avoir des problèmes », soutient le député, ajoutant qu'il n'est pas juriste.

Le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, essaie de rester optimiste : « On fait du surplace. Il n'y a aucun avancement. C'est un dossier qui a été monté de façon rigoureuse », souligne le député péquiste qui ajoute que seule une déclaration du promoteur pourrait le rassurer.

« C'est sérieux et inquiétant. On a besoin de ce projet-là. Il y a un large consensus dans la région », dit M. Lelièvre.

Québec a prêté 250 M$ à 8 pour cent et pris des participations d'une valeur de 200 M$ dans le projet de 1 milliard de Ciment McInnis.

OMC dans le décor?

Des élus américains veulent que l'administration américaine intervienne pour bloquer le projet de cimenterie. Ils remettent en question la légalité de l'aide gouvernementale de 450 M$ octroyée à Ciment McInnis.

Selon eux, ce geste pourrait contrevenir aux règles de l'Organisation mondiale du commerce.

« J'ai vu cet élément-là apparaître dans le dossier. On ne peut pas faire comme si ça n'existait pas. Ça fait partie de l'analyse. Cependant, la chose à laquelle nous tenons, c'est à l'emploi », indique M. D'Amour.

Toutefois, autant le député de Bonaventure que celui de Gaspé se sont assurés que les règles de l'OMC avaient été respectées.

« Ça a été vérifié et contre-vérifié, soutient Sylvain Roy. C'est encore une volonté du lobby du ciment en stimulant la sortie de certains sénateurs américains. »

« Je m'en doutais. Ce sont des éléments qui sont systématiquement analysés avant qu'un gouvernement se positionne financièrement dans un projet. Le dossier ne bénéficie d'aucune subvention. Il n'y a pas d'avantages ni directs, ni indirects », ajoute Gaétan Lelièvre.

10 commentaires

Martin Zibeau a écrit le 29 mai 2014

M. Gionest, je ne connais pas votre situation, ni qui vous êtes et j'aimerais bien pouvoir échanger avec vous en personne au lieu de se tirer des insultes virtuelles, ce qui est relativement facile à faire lorsqu'on ne connait pas la personne à qui l'on s'adresse. Pour vous situer un peu, j'ai fait le CHOIX de vivre en Gaspésie, en toute connaissance de cause. Je ne crois pas que cela me donne ni plus de droits, ni moins de droits que quiconque. J'essaie, avec ma famille de vivre ici consciemment, à l'écoute des besoins des gens autour de moi et aussi à l'écoute de ce qu'ils ont à offrir. Je suis de ceux et celles qui croient que la terre ne nous appartient pas, mais bien que nous appartenons à celle-ci, d'où ma prise de position afin d'avoir le moins d'impacts négatifs sur elle. Je suis désolé que mes commentaires vous troublent et je suis plus qu'ouvert à prendre le temps de jaser avec vous en personne si cela vous intéresse. Au plaisir.

Bilbo Cyr a écrit le 29 mai 2014

Merci M. Gionest pour votre édifiant commentaire qui illustre très bien votre niveau de conscience et votre ouverture à la discussion en ce qui concerne le développement de notre région. La Gaspésie est chez moi, et je la défendrai de toutes mes forces, même si je devais être le dernier au monde à le faire. Il se trouve que ce n'est pas le cas, et qu'on est même plutôt nombreux à être préoccupés par ce qui se passe. Vous qui semblez rêver de ce projet, allez donc luncher avec Gagnon et Couillard... http://ccmrcbonaventure.com/images/invitation_sgg.jpg

eddy gionest a écrit le 29 mai 2014

hey Zibeau et bilbo , my god que vous aimez metre tout au pire hein la gaspésie est t'elle la seule place ou vous pouvez vivre ? mesemble que ya d'autres places que vous pourriez faire c*ier ,, et ou votre 0.01% aurais peut etre de l'influence non comme le nunavut ! pensez y ? s.v.p

Martin Zibeau a écrit le 27 mai 2014

Mais est-ce que tout ne dépend pas de l'environnement ? Si nous devons choisir entre quelque chose et l'environnement et qu'on choisi le quelque chose, comment ferons-nous pour vivre sans environnement ?

Beauchamp a écrit le 27 mai 2014

Dans mon temps où j'étais plus jeune il avais même pas de dépotoir on jetais derrière les maisons le problème pour la santé est dans la nourriture toute est bousté en bon québecois l'environnement oui mais sa prend du travail et c'est sure que l'environnement va en souffrir un peux il a un choix à faire l'environnement ou le BS

Martin Zibeau a écrit le 26 mai 2014

La déconnexion de plus en plus flagrante de l'être humain et de l'environnement dans lequel il vit et sans lequel il ne peut pas vivre, me fascine. Quelqu'un peut-il m'expliquer svp comment on pourrait vivre dans un environnement malsain ? J'aimerais comprendre comment on peut prioriser autre chose qu'un environnement sain si on veut vivre sainement.

Beauchamp a écrit le 25 mai 2014

JE vous approuve monsieur Blais ici au Québec on ne peux pas rien faire il a toujours le BAPE qui vient toujours mettre la merde avec son environnement c'est sure qu'il faut protéger nos forêt et nos cour d'eau mais on habite pas dans un désert on mais le maximum pour protéger tout ça mais c'est jamais assez pour eux qu'importe se qu'on fais il va toujours avoir de la pollution et les gens qui son contre se projet eux ils ont leur travail et sans fou du sort des autres pollution ou pas du va crever pareil

Dany Blais a écrit le 24 mai 2014

Le Québec, c'est une place de loser. Tout le monde est contre tout. Province de pauvre. État de merde.

Albert Picard a écrit le 23 mai 2014

Pourquoi le gouvernement s'exposerait-il à des poursuites de son ami et partenaire Bombardier? Ce n'est pas logique. Rien n'a été fait , outre des pécadilles, pour faire avancer ce projet. Ciment McInnis n'a même pas ajouté sur sa vidéo promotionnel la nécessaire cheminé de toute cimenterie qui brûle des résidus de pétroles (ou de toutes autres matières notamment). On la cache, comme on cache les tenants et aboutissements de ce projet en refusant un BAPE. Quand des voix s'élèvent contre cette cimenterie, des voix venant de la faune des cimentiers, les péquistes, Bombardier ou ses représentants de même que les fervants dévots de ce projet crient au loup. Mais pourquoi? Sur quelles bases? Selon quelles informations? Encore un mystère. Il fut un temps où le promoteur avançait l'argument du retard que causerait un BAPE dans l'échéancier de réalisation des travaux. Cela avait été dit il y a un an. Pourtant on attend encore. Et les deux députés du Parti Québécois qui a été mis sur la touche se débattent encore avec la misère économique que leur façon de penser est la seule responsable.

Bilbo Cyr a écrit le 22 mai 2014

Il n'y a personne qui a dit non au projet....la chose à laquelle nous tenons, c'est à l'emploi ... On a besoin de ce projet-là. Il y a un large consensus... Dire non se fait avec un accès a l'information et la possibilité de pouvoir le dire. Il y a du monde qui ont dit non. La chose à laquelle nous tenons, c'est notre milieu de vie. La notion de besoin n'est pas claire ici. On a besoin de quoi au juste? Quant à la notion de consensus, on lui fait un peu dire n'importe quoi...Le spin est en train de se faire au dessus de nos têtes. Que les Gaspésiens soient pour ou contre, tout le monde s'en fout. C'est pour ça qu'"on" ne leur a rien demandé.

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