Cimenterie

Cimenterie : Ottawa ne répond pas

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Ottawa fait la sourde oreille depuis quelques semaines dans le dossier de la cimenterie de Port-Daniel, selon la préfète de Rocher-Percé, Diane Lebouthillier.

Ottawa fait la sourde oreille depuis quelques semaines dans le dossier de la cimenterie de Port-Daniel, selon la préfète de Rocher-Percé, Diane Lebouthillier. Photo : Thierry Haroun

PORT-DANIEL-GASCONS - Ottawa fait la sourde oreille depuis des semaines suivant une demande de financement de la part de la MRC du Rocher-Percé visant à maximiser les retombées de la cimenterie de Port-Daniel dans la région.

« Écoutez, on n'a même pas reçu un accusé de réception du cabinet du ministre de Développement économique Canada (DEC), Denis Lebel. Ce serait la moindre des choses! », tonne la préfète de Rocher-Percé Diane Lebouthillier.

Elle est d'autant plus surprise par la sourde oreille du ministre que le bureau de Gaspé de DEC « a recommandé au ministre Lebel notre demande de financement. Notre demande est sur le bureau du ministre et on n'a pas de réponse! », renchérit Mme Lebouthillier.

Dans une lettre datée du 5 septembre dernier, qui est adressée au ministre Lebel, Mme Lebouthillier lui rappelle que les enjeux de la cimenterie « sont très importants pour la croissance économique de notre région. C’est pourquoi nous voulons nous assurer d’avoir sur le territoire le maximum de retombées économiques en allant récupérer une partie importante des investissements privés et des emplois qui en découleront. Pour atteindre cet objectif, nous avons besoin de l’appui du gouvernement fédéral ».

Projet de près de 300 000 $ par année

En clair, une demande d'aide financière à cet effet  a été produite en mai dernier par la MRC et remise au bureau de DEC à Gaspé, dont nous avons obtenu copie. Cette demande propose l'embauche d'un coordonnateur à la maximisation des retombées économiques de la cimenterie dans la municipalité principalement, mais aussi pour la MRC.

Les élus demandent donc à DEC de financer aux deux tiers ce projet de près de 300 000 $ par année. Concrètement, le budget de fonctionnement (dépenses, salaires, promotion, frais de bureau, etc.) du coordonnateur en 2014-2015 serait de 288 600 $, dont 200 340 $ de DEC, alors que le reste du financement serait assuré par la MRC du Rocher-Percé (10 000 $), le CLD (63 260 $), la SADC (10 000 $) et la municipalité (5000 $).
En 2015-2016, le budget est estimé à 279 660 $, dont 202 465 $ proviendraient de DEC et l'année suivante le budget serait de 282 020 $ (dont 204 590 $ de DEC).

Les mandats du coordonnateur seront notamment d'analyser divers dossiers et présenter des recommandations aux instances décisionnelles, identifier et concrétiser des opportunités de développement économique, effectuer la prospection d’entreprises connexes à la cimenterie, procéder à la recherche de sources de financement pour différents dossiers, rencontrer les commerçants et les gens d’affaires, organiser des consultations publiques pour informer et répondre aux questions de la population.

« Écoutez, ce n'est pas compliqué, on demande au ministre Lebel de nous répondre dans les plus brefs délais », insiste la préfète. De son côté, le maire Henri Grenier demeure positif, lui qui attendait un appel du cabinet du ministre Lebel hier au moment où nous l'avons appelé. « C'est important pour nous ce projet d'embauche. On souhaite que le gouvernement fédéral va supporter cette initiative ».

Actuellement, environ 350 personnes travaillent sur le chantier de la cimenterie dont 80 % sont Gaspésiens selon le comité de suivi. En novembre, quatre contrats se termineront et le chantier prendra son rythme d’hiver avec environ 100 travailleurs.

10 commentaires

Michel L. Fréchette a écrit le 11 octobre 2014

À CE CHER M. HACHÉ : En réponse exceptionnelle et en tout respect pour ce citoyen que je ne me vanterai pas de connaître personnellement mais qui semble avoir un « dossier » sur ma performance professionnelle à la MRC, je demanderais à Graffici de m’autoriser à lui répondre personnellement. Je tiens à m’excuser auprès du lectorat pour ce bris de principe qui me discipline à ne pas répondre aux réactions offertes par des pros ou cons sur les opinions produites. Cette réponse entend préciser au-delà de la provocation inutile et superfétatoire certaines informations concernant le point soulevé sur les attentes formulées envers les agents de développement qui s’invitent comme grand chef à la table du succès économique. L’analogie avec la restauration rapide s’impose. Mais en premier lieu une précision. J’ai effectivement encaissé la rémunération (honoraires et non salaire) pour les services prestés dans le cadre d’un mandat d’à peine quelques mois visant à produire un plan d’action portant sur la pauvreté et l’exclusion sociale : le plan fut déposé. Comme chacun le sait, notre MRC est un excellent laboratoire dans ce domaine et tout développement repose sur l’équité et l’appui à nos plus démunis à travers des mécanismes d’économie sociale. J’ai terminé à regret de ce mandat forcé de constater que la problématique dépassait largement la capacité d’intervention des ressources locales, de concertation véritable et l’engagement des paliers supérieurs. Il s’agit d’un enjeu structurel (et non conjoncturel) qui repose sur plusieurs facteurs et moyens d’intervention et comme on s’en doute, nos ressources locales comprennent une partie des effets mais font trop souvent un déni sur les causes. Donc inutile de faire perdre de l’argent au contribuable en étirant une présence sans véritable espoir de renverser la tendance qui s’affirme dans le temps présent. EXCIT donc MRC et services connexes. On comprendra ma réserve à ne pas développer plus avant par délicatesse et déontologie. En ce qui concerne l’expérience du développement économique, l’improvisation et l’opportunisme clanique constituent la dernière des approches. Elles minent d'entrée de jeu la crédibilité de l'opération. Pour avoir réalisé plusieurs missions dans ce domaine spécifique à l’international (Afrique, Amérique du Sud et Europe) et avoir séjourné dans plusieurs pays en voie de développement dont le secteur du développement de l’entreprise privée, le modèle dont il est question au bénéfice d’une seule filière (cimenterie ou même secteurs connexes) ne peut aucunement se justifier sur une base de moralité, de résultats recherchés, de risques confirmés et d’efficience dans l’utilisation de deniers publics sans une démonstration et un argumentaire contradictoire (i.e. validité externe). Il s’agit trop souvent d’amateurisme de premier niveau équivalent à une liste d’épicerie et la démonstration évidente d’absence de vison stratégique et ce, sans tenir compte des millions de $$$ qui sont investis pour proposer des avenues déjà passablement pavées pour le développement de la GIM. Une telle démarche pour être minimalement viable repose sur une approche longue, un réseau de contacts déjà établi, une vision claire des objectifs et des obstacles et une ressource triée par un processus très instrumenté. Il est supporté par le milieu car il fera appel aux ressources des partenaires. On aurait un budget de $400 000 par année jeté sur une feuille 8 ½ X 11 que rien ne garantit le résultat. Ces conditions sont premières et on ne nous doit rien dans ce domaine. Or l’argent se fait de plus en plus discret et on pourrait s’inspirer des réalisations de GIM-EXPORT pour réfléchir à une formule plus sérieuse quoique cet organisme déjà largement subventionné aura profité d’un temps d’apprentissage assez long tout en pouvant bénéficier de la confiance des entreprises qui le supportent. En terminant, ayez au moins le respect d'écrire correctement mon nom sinon je serai dans l'obligation de croire à une mauvaise volonté ou simplement à une erreur sur le destinataire de vos judicieux commentaires.

Paul haché a écrit le 11 octobre 2014

2 poids, 2 mesures ! Un certaine Caro (pas de nom de famille) a commenté sur l'article d'Orlean Express et son message est toujours là plus de 24 heures plus tard. Étrange, quand un commentaire ne critique pas la clique des verts, c'est pas grave s'il ne respecte pas les règles de Graffici et le message n'est pas supprimé...

Dany Brown a écrit le 10 octobre 2014

Cher Albert, tu t'inquiètes à savoir ce que je pense du 1/2 miliiard englouti dans la cimenterie. Rien....ça me fou absolument rien. à ce que je vois jusqu'à présent c'est que cette somme n'est pas investie aux Iles Mout Mout, Je vois des entrepreneurs de la Gaspésie, des camionneurs, des ouvriers qui ne viennent pas du Mexique ou du Guatemala, qui vont dépenser leur argent ici, payer des impôts et des taxes ici. On a dépensé 1 milliard et demi pour un stade à Montréal qui sert à rien, qui coûte une fortune à maintenir et 1/2 milliard pour un auditorium à Québec, pour faire jouer des millionnaires, alors ce que le Gouvernement investi, ici en Gaspésie, c'est pas moi qui va pleurer. De toute façon, même sans cet investissement mes impôts et taxes ne baisseront pas d'un iota.

albert picard a écrit le 10 octobre 2014

Danny pourrait-il préciser ce qu'il pense du demi milliard de dollars de fonds publics engloutis dans ce trou à ciment? Est-il satisfait de l'argent que la préfète dépense ne vient pas de sa poche? On ne peut pas dire, par ailleurs, qu'elle manque d'humour, elle qui dans la dernière livraison du Transgaspésien, avance comme argument favorisant la cimenterie que depuis son bureau elle ne la voit même pas. Peut-être qu'une âme bienfaisante pourrait l'informer qu'elle n'est pas encore construite.

albert picard a écrit le 10 octobre 2014

Monsieur Hachey a oublié de dire qu'il y a une autre personne qui est en désaccord, mais que le journal a oublier de censurer...

Paul haché a écrit le 10 octobre 2014

Je trouve qu'il commence a y avoir pas mal de censure sur ce site. Monsieur Rivard avait écrit un commentaire mais il vient d'être supprimé. Chaque fois que quelqu'un n'est pas du même avis que Bilbo, Zibeau, Garon ou Fréchette, on cherche uen façon de le supprimer. Si Rivard n'écrit pas son nom au complet, il contrevient aux règles du site, mais est-ce que son commentaire est moins pertinent ? Ça sent le parti pris a mon avis.

Paul Haché a écrit le 10 octobre 2014

monsieur Frenette, quand vous écrivez (La plupart des agents de développement qu’on aura vu passer dans cette MRC qui souffre de strabisme confondant sur le statut d’entreprise privée n’ont donné que des pistes sans issues) est-ce que c'est de l'auto-critique ? Vous avez pourtant bien encaissé votre salaire de la MRC lorsque vous étiez un de ces agents de développement ?

Michel L. Fréchette a écrit le 10 octobre 2014

Ce qui plombe encore une fois les causes de Madame la Préfète, ce sont ses états d’âme : contre les journaux selon qu’on imprime quelques lignes qui font mal, contre les pouvoirs supérieurs lorsqu’on ne livre pas dans la semaine ce qui est demandé, contre le même gouvernement en allant se promener à Ottawa pour « pancarter » sur la réforme de l’assurance emploi, passionaria des projets de développement à contre sens, etc. Les hebdos régionaux claironnent si peu loin qu’il nous faut des journalistes comme M. Haroun pour allonger la balistique. Navré, mais on ne peut pas toujours avoir des bonnes nouvelles dans un environnement qui génère plus de frustrations que de sérénité, surtout à l’approche de la morte saison. Madame la Préfète serait dans l’attente d’un simple accusé de réception d’une demande adressée au ministre Lebel qui serait pour DEC le sésame d’une autre caverneuse subvention pour créer une job à un rapproché du pot au beurre. Car il faut bien le dire, travailler à l’ombre de la cimenterie donnerait des idées et il ne faut surtout pas s’éloigner des intérêts déjà déclarés et s’engager aveuglément à défendre un projet risqué dans sa définition autant qu’en sa pertinence durant son espérance de vie en dehors d’une nécessité si agressivement défendue par le cercle des bénéficiaires immédiats. Tellement fragile cette cimenterie qu’il faut la renforcer par une flopée de projets de dépendance calculée. Comme si c’était l’invention de l’eau tiède. Où trouver une perle aussi rare qui irait valoriser les miettes qui tomberont de la table pour les transformer en brillantes opportunités d’affaire structurantes? Feu de broussailles de l’imagination et de la créativité rallumé annuellement avec la carte de crédit du citoyen car seule la démarche par essence sera longue et pérenne. Qu’on se le dise, citoyen municipal, mercéen, cldéen , sadcéen, pour les contributions symboliques de proximité (moins de 30%) toujours publiques tout en laissant la part royale au citoyen pan canadien de l’Ontario ou de l’Alberta toujours en puisant dans l’escarcelle du contribuable. Plus de $850 000 en 3 ans pour faire quoi au juste? Qu’est ce qui peut naître des effets collatéraux d’une cimenterie? À lire l’ébauche de mandat, Il semble bien qu’on navigue encore dans les eaux d’une patente de relations publiques financée par l’argent du peuple pour une cimenterie dite privée comme si on se devait d’encore ajouter un rang de crémage sur un gâteau déjà assez riche. Que pourrait-on faire d’autre avec une telle somme surtout si Harper s’en va en guerre? Mais peut-être qu’au ministère de DEC, on n’a déjà plus d’argent pour mettre un timbre sur l’enveloppe ou on n’a pas trouvé l’adresse car la Gaspésie, c’est loin de la Capitale nationale. Au fait le code postal est GRO LOT. La plupart des agents de développement qu’on aura vu passer dans cette MRC qui souffre de strabisme confondant sur le statut d’entreprise privée n’ont donné que des pistes sans issues, à courte vue ou des projets dont la rentabilité repose pour l’essentiel sur des montages faisant largement appel à du financement public. Pourtant, on subventionne déjà à grands frais de nombreux organismes voués au développement d’affaires incluant la spécialisation sur l’exportation. Avons-nous encore besoin d’une telle improvisation pour masquer l’affairisme opportun et gaspiller nos munitions? On ne demande pas à un roche de verser des larmes pas plus qu’à un intervenant hyper sécurisé de prendre des risques. Qu’on nous dise que ces gentils candidats organisateurs seraient avertis d’être payés au rendement, qu’ils s’engageraient à être transparents (enregistrement au registre des lobbyistes entre autre), qu’ils seraient t imputables par une véritable reddition de comptes pour les sommes utilisées, qu’ils auraient à déposer avant embauche un plan de travail jugé au mérite avec une véritable stratégie autre que celle de la navigation à vue car à ce prix, on ne le paierait pas pour apprendre mais pour livrer la marchandise, cela pourrait toujours nous faire compatir sur les délais de livraison de l’accusé de réception. En attendant, il faudra bien visiter la boite postale qui est de plus en plus loin en espérant que l’enveloppe soit correctement affranchie et que la lettre porte l’entête arborant fièrement une petite feuille d’érable avec son adresse de retour à Ottawa. Mais peut-être qu’un appel serait moins coûteux et ferait aussi bien mais on en aurait rien su.

Marc-André St-Pierre a écrit le 8 octobre 2014

Oh my God Mr. Brown! Je suis ENTIÈREMENT d'accord avec vous. Tout ce que vous nommez, on l'a. Et ça a donné quoi à la Gaspésie, particulièrement à la Haute-Gaspésie (plus pauvre que jamais)? Et j'ajouterai à ce que vous dites que tout ça permet un très bon copinage, parce qu'évidemment, ce sont les copains d'abord. La Commission Charbonneau ferait des ravages ici (en dénonciation, parce que pour le reste, elle ne donnera pas grand chose)!

Dany Brown a écrit le 8 octobre 2014

Encore une patente, pour ajouter aux autres patentes qui existent déjà, pour consulter, coordonner, concerter, Bonne idée: engager un coordonnateur, qui sera un fonctionnaire avec salaire, fonds de pension, compte de dépenses toujours à même les fonds publics, comme les CRE, les SADC, les CLD, MRC et Villes, qui engagent des agents de développements économiques et tous ces organismes et individus servent surtout à demander des subventions pour faire des colloques, des concertations, des consultations, de la coordination. Pas besoin de 300 000$ pour maximiser les retombées d'une cimenterie. Ça prend du personnel formé pour travailler à l'usine, des truckers pour le transport des matériaux et des manoeuvre. Encore du têtage de fonds public pour ajouter des pousseux de crayons et sortir des gros rapports qui seront placé sur la tablette à côté des autres. Un vrai entrepreneur a pas besoin d'un fonctionnaire pour lui dire ce qu'il doit faire pour obtenir des retombées de la cimenterie, il est déjà au travail avec son coco, et ses machines

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