Cimenterie : les élus ne ferment pas la porte à un BAPE

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
La production annuelle de la cimenterie à Port-Daniel pourrait atteindre deux millions de tonnes de ciment qui seront destinées aux marchés étrangers

La production annuelle de la cimenterie à Port-Daniel pourrait atteindre deux millions de tonnes de ciment qui seront destinées aux marchés étrangers Photo : Gilles Gagné

Le député fédéral de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone et le député de Bonaventure, Damien Arsenault, ne ferment pas la porte à ce que le projet de cimenterie de Port-Daniel soit soumis à une évaluation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Le fait que ce projet ne soit pas soumis à l'examen d'un BAPE parce qu'il a été déposé avant le 22 juin 1995 (au moment où les règles ont été resserrées a suscité la grogne chez les écologistes, tant à l'Association québécoise de lutte contre la pollution de l’air que chez les membres d'Éco-Vigilance Baie-des-Chaleurs. Ces derniers ont exigé un BAPE quoi qu'il en soit. Cette  demande a trouvé écho chez Philip Toone qui compte faire pression auprès d’Ottawa et de Québec.

«Écoutez, on n'est pas au temps des dinosaures, on doit être de notre temps et on doit être conséquent avec la volonté du peuple. Alors, si les citoyens veulent un BAPE, c'est quelque chose qui, selon moi, doit être regardé attentivement. À savoir si un BAPE à un rôle à jouer ici, je pense que la plupart de gens vont dire oui. On ne peut pas aller de l’avant tête baissée dans ce genre de projet. Il va falloir que les élus et les personnes concernées se prononcent. Je compte bien en parler au maire, Maurice Anglehart, aux élus de la MRC et aux députés provinciaux», souligne le député.

M. Toone craint également pour les habitats marins une fois l'exploitation en cours. C'est pour cette raison qu'il compte aussi porter ce dossier du côté de Pêches et Océans Canada. «Le rôle du fédéral, c'est de protéger la pêche et les espèces marines. C'est certain qu’il va y avoir beaucoup de trafic maritime avec la cimenterie, alors il va falloir que le MPO fasse ses vérifications et produire une évaluation environnementale à ce sujet.»

Arsenault à l’écoute

Si de son côté, le député libéral de Bonaventure, Damien Arsenault, est davantage prudent dans ses propos, il ne ferme toutefois pas la porte à ce que la cimenterie soit soumise à l’examen d’un BAPE. Mais avant toute chose, il est nécessaire de connaître le projet dans ses détails et ses paramètres économiques et environnementaux. «Je crois que toute demande en lien avec les préoccupations environnementales peut être légitime. Mais il faut toutefois s’assurer qu’elles soient recevables.»

«Le promoteur [Gisements McInnis], poursuit le député, nous dit que ce projet est assujetti aux normes environnementales excessivement strictes et ils veulent faire de cette cimenterie un modèle en Amérique du Nord. Et ce qu’il faut, à mon point de vue, c’est d’attendre qu’il y ait une actualisation de ce projet à savoir si ce projet sera le même que ce qui a été déposé à l’origine. Je crois que le promoteur doit rechercher une acceptabilité sociale concernant ce projet-là et ce sera possible s’il répond à tous les critères environnementaux. Et moi, comme député de Bonaventure, je vais m’assurer que ce dossier-là évolue de cette façon-là.»

Ce projet, qui pourrait voir le jour dans trois ans, est présentement évalué entre  500 millions et 750 millions de dollars. De 400 à 500 emplois seront créés lors des travaux et près de 150 emplois permanents pendant l'exploitation du site qui contient 450 millions de tonnes de calcaire. La production annuelle pourrait atteindre deux millions de tonnes de ciment qui seront destinées aux marchés étrangers

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