Cimenterie

Cimenterie : D’Amour se fait rassurant

Par Gilles Gagné, journaliste, graffici.ca
Le ministre Jean d'Amour, au centre, a poursuivi sa tournée mardi dans la Baie-des-Chaleurs avec ses nouveaux employés, les candidats libéraux défaits en Gaspésie le 7 avril, Annie Saint-Onge et Damien Arsenault.

Le ministre Jean d'Amour, au centre, a poursuivi sa tournée mardi dans la Baie-des-Chaleurs avec ses nouveaux employés, les candidats libéraux défaits en Gaspésie le 7 avril, Annie Saint-Onge et Damien Arsenault. Photo : Gilles Gagné

NEW RICHMOND – Le ministre responsable de la Gaspésie, Jean D’Amour, assure que son gouvernement respectera l’entente conclue avant le scrutin du 7 avril entre le régime précédent du Parti québécois et Ciment McInnis, la firme portant le projet de cimenterie à Port-Daniel.

En campagne électorale, le chef du Parti libéral et actuel premier ministre Philippe Couillard s’était engagé à reconduire l’entente du 31 janvier, liant Investissement-Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec d’une part, et Ciment McInnis d’autre part, pour un total de 450 millions $ en garantie de prêt et en capital-actions.
 
Les lendemains d’élection n’ont pas incité le nouveau gouvernement libéral à changer d’idée, précise le ministre D’Amour, également ministre délégué à la Stratégie maritime.
 
« Il n’y a pas de raison de croire que l’orientation a changé (…) C’est un enjeu important pour la région », aborde-t-il, ajoutant que « de façon générale, je n’ai pas rencontré beaucoup de monde qui y sont opposés ».
 
Il souligne qu’en fait, le projet cadre bien avec les priorités de développement de l’emploi et de stimulation économique de son gouvernement, d’autant plus qu’on « a besoin de revenus », note-t-il en faisant référence au manque à gagner dépassant 3 milliards $ pour la dernière année budgétaire de l’État québécois.
 
La cimenterie de Port-Daniel fait face à une opposition intense de la part des quatre autres cimenteries québécoises et de l’Association canadienne du ciment, parce que les concurrents de la province n’ont fonctionné qu’aux deux tiers de leur capacité en 2013. Ciment McInnis répond que son complexe de Port-Daniel vendra 90 % de sa production ailleurs qu’au Québec, principalement aux États-Unis.
 
« Moi personnellement, et je ne peux pas parler pour mes collègues (…) je n’en ai pas eu connaissance (d’opposition). Si ça s’est fait, moi je ne l’ai pas su », précise M. D’Amour en parlant du lobby des autres cimentiers.
 
L’État n’a pas l’intention de changer l’orientation des deux derniers gouvernements, qui ont choisi de ne pas soumettre le projet à une évaluation environnementale publique, supervisée par le Bureau d’audiences publiques en environnement.
 
Le ministre D’Amour sent toutefois le besoin de faire une vérification auprès de son collègue à l’Environnement, David Heurtel.
 
« J’ai besoin de valider certains éléments à ce sujet. Je vais revenir là-dessus (…) simplement pour vérifier, je ne veux pas vous induire en erreur », dit-il.
 
Le projet de cimenterie nécessitera un investissement d’un milliard de dollars, dont 800 M$ à Port-Daniel. Lors de l’annonce de l’entente entre Ciment McInnis, Investissement-Québec et la Caisse de dépôt et placement, les parties parlaient de la création de 200 emplois directs et 200 emplois indirects, une fois l’exploitation amorcée.

5 commentaires

Albert Picard a écrit le 9 mai 2014

Bien sûr André, dites-le nous combien! Votre fertile imagination ne vous donne pas des millions de morts? Ce n'est pas par hasard si Ti-Paul cherche la voie céleste menant au paradis. Et tournez-vous vers Délisca Ritchie pour vos préoccupations environnementales, Elle s'y connait. Ou encore vers Roger pour les réponses que vous cherchez.. Tous autant perspicace, il essaie de formuler ce qui ressemble à un premier soupçon d'idée. À moins que ce ne soit qu'un remuement de cervelle...

Bilbo Cyr a écrit le 9 mai 2014

@Roger qui n'a pas assez de courage pour mettre son nom au complet, le projet qui a été déposé avant le dépôt de la loi sur la qualité de l'environnement n'est pas du tout le même que celui qu'on veut nous imposer cette fois-ci. Le risque de poursuite que tu évoques ne tient pas la route d'un point de vue juridique. Se laisser passer n'importe quoi par peur des poursuites, ça génèrerais assurément une trame industrielle lourde pour la Gaspésie. Oui, quelque jobs. Et quel héritage? Elle est où la durable prospérité que nous promettaient les Stone-Gaspesia-Noranda? Il reste des terrains à décontaminer et une économie en lambeau d'avoir attaché son wagon à un train fou. Les actionnaires sont encore riches. Notre ressource est partie. On veut refaire le même modèle, et vous nous dites que cette fois ci le résultat sera différent. J'en doute.

André Coulombe a écrit le 7 mai 2014

Nous en avons bien besoin de ce type de nouvelle en Gaspésie. On n'a rien pour rien de nos jours... L'environnement,,, bien sur n'est pas à négligé, bien sur... Mais un moment donné, il faut avancer!!!!! Imaginez-vous aujourd'hui le retour de la mine Noranda et sa fonderie à Murdochville, du retour de la Gaspésia de Chandler, de la Smurfit à New-Richmond!!! Imaginez tous ces emplois payant, nos collectivités, notre vitalité!!! Ouf je rêve!!!! De nos jours, la minorité qui sont contre tous ces projets crient plus fort que la majorité pour!!! Si on recule de 50 ans, on les voyaient pas et aujourd'hui, est-ce que la Gaspésie est polluée, contaminée, empoisonnée? Combien de personne sont mortes ou tombé malade du à ces anciennes industries?

paulblais a écrit le 7 mai 2014

Et ses bien ainsi la gaspesie a un grand besoin de ses investissements..Il y va de sa survie ,...Un geant ou il va se greffer plusieurs PME Une ouverture sur le monde port en eau profonde et une certaine independance avec les grand centre...Avec la cote nord et ses richesse ,enfain sur la route de la liberte...

Bilbo Cyr a écrit le 7 mai 2014

L’État n’a pas l’intention de changer l’orientation des deux derniers gouvernements, qui ont choisi de ne pas soumettre le projet à une évaluation environnementale publique, supervisée par le Bureau d’audiences publiques en environnement. Je note ici l'emploi du mot "choisi", parce que n'importe quel ministre de l'environnement peut envoyer n'importe quel projet devant le BAPE à n'importe quel moment. La clause grand-père ne tient pas la route. C'est par choix que le gouvernement, quelle que soit sa couleur, à décidé de passer outre à ses propres balises. Au nom de quoi? De l'emploi? Du profit de quelques uns...

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