Agriculture, pêcheries et alimentation

Chute des exportations québécoises de produits marins en 2013

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Les exportations de crabe des neiges ont augmenté en 2013, alors que celles des autres espèces ont fléchi.

Les exportations de crabe des neiges ont augmenté en 2013, alors que celles des autres espèces ont fléchi. Photo : Antoine Rivard-Déziel

CARLETON-SUR-MER – Les exportations québécoises de produits marins ont chuté de 13 % en volume et de 11 % en valeur, entre 2012 et 2013. Elles ont fléchi de 265,7 millions $ à 237,7 millions $, et de 26 691 à 23 219 tonnes métriques d’une année à l’autre.

Tous les principaux marchés visés par les exportateurs québécois ont acheté un peu moins de leurs produits, que ce soit les États-Unis, l’Amérique du Sud, l’Europe ou le Japon.
 
Ces exportations ont continué d’être dominées par les crustacés, en l’occurrence le crabe des neiges, le homard et la crevette, trois espèces qui ont accaparé 70 % des expéditions à l’étranger.
 
« L’étranger », ce sont principalement les États-Unis, qui ont acheté 86 % des exportations québécoises, en valeur, et 81 % du volume. Nos voisins du Sud ont acheté 94 % des exportations de crabe des neiges, 93 % des exportations de homard et 68 % de celles de crevette.
 
Parmi les principales espèces exportées, il n’y que les expéditions de crabe des neiges, de 80 millions $ à 100,2 millions $, qui ont augmenté entre 2012 et 2013. Le homard et la crevette ont fait moins bonne figure, puisque les exportations de 79,2 millions $ à 55,2 millions $ dans le premier cas, et de 15,5 millions $ à 12 millions $ dans le second cas.
 
Les exportations d’à peu près toutes les autres espèces, qu’il s’agisse de poisson de fond, comme le turbot et le flétan atlantique, de poissons pélagiques, comme le hareng ou le maquereau, et d’autres espèces de crustacés et mollusques, ont aussi fléchi entre 2012 et 2013.
 
« On remarque que les marchés des exportations québécoises de produits marins sont peu diversifiés. Elles dépendent grandement du marché américain. Cela dit, on constate qu’elles ont été un peu plus diversifiées ces dernières années (…) La diversification réduit les risques de voir ses exportations s’effondrer lorsque le marché principal, en l’occurrence les États-Unis, connaît des difficultés économiques », précise l’économiste Martial Ménard, du ministère fédéral des Pêches et des Océans.
 
Cette diversification a notamment pris la forme de percées pour le homard et le crabe dans certains pays asiatiques, comme la Chine, le Vietnam, la Thaïlande et la Corée du Sud.
 
Martial Ménard croit que la dépréciation du dollar canadien par rapport à la devise américaine a favorisé la croissance des exportations de crabe des neiges vers les États-Unis. « La baisse de 25 % des quotas en Alaska a réduit l’offre sur le marché américain, et ils se sont probablement tournés vers le crabe d’ici ».
 
Dans le même ordre d’idée, la dépréciation du yen par rapport au dollar canadien a ralenti les achats de crabe des neiges du Japon, dit-il.
 
En ce qui a trait au homard, le contexte est fort différent. « Bien que la baisse du dollar canadien par rapport à la devise américaine soit une bonne nouvelle pour les producteurs et les pêcheurs canadiens, celle-ci n’a pas été suffisamment importante pour compenser l’offre mondiale de homard, qui a une influence importante sur les prix. Les débarquements mondiaux de homard, concentrés essentiellement au Canada et aux États-Unis, sont en constante augmentation depuis une dizaine d’années », explique l’économiste, rappelant que la demande domestique a aussi été stimulée par des prix fort abordables, au détail.
 
Pour la crevette, M. Ménard est d’avis que les exportateurs québécois se sont adaptés à une offre mondiale abondante et à la lente reprise aux États-Unis pour viser davantage les marchés du Québec et du reste du Canada.

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