Politique, Transport

Chemin de fer : l’étude de marché sera déposée prochainement

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
La SCFG effectue une nouvelle étude d’infrastructure sur le rail et une étude de marché pour être prêt à demander les 65 millions manquants pour réparer la voie.

La SCFG effectue une nouvelle étude d’infrastructure sur le rail et une étude de marché pour être prêt à demander les 65 millions manquants pour réparer la voie. Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – L’étude de marché devant soutenir les prochaines demandes d’aide financière de la Société du chemin de fer de la Gaspésie (SCFG) sera présentée en décembre afin de répondre à un vœu de Québec.

Cette étude est la pièce maîtresse pour la société afin d’aller chercher les quelque 65 millions $ manquants pour réhabiliter l’ensemble du tronçon ferroviaire entre Matapédia et Gaspé.

Deux études à venir d’ici décembre

Après avoir investi 35 millions $ afin d’améliorer les infrastructures, la SCFG a commandé une nouvelle étude afin  de faire le point au niveau des ponts et du rail : « On a fait des grands pas au niveau de la fiabilité, de la sécurité et de la qualité du rail en tant que tel. La où le bât blesse, ce sont les ponts et dans l’étude de l’infrastructure que l’on est en train de faire, on aura vraiment la situation des millions manquants pour terminer le travail sur l’ensemble du tronçon », explique le président de la SCFG, François Roussy.

Étude de marché

Le plan d’affaires réclamé par Québec afin de poursuivre les phases d’investissements est en préparation. Selon M. Roussy, il va confirmer le choix économique d’investir dans le rail. « Mais même avant d’avoir ces données-là, il faut comprendre que le rail en Gaspésie, si on veut le reconstruire, c’est 1,2 milliard de dollars », indique le président, qui souligne que les besoins sont de 100 millions, ce qui représente 10 % de la somme pour assurer la circulation du train pour les 25 ou 30 prochaines années.

« Le fait de ne pas investir dans les infrastructures les montants nécessaires pour la réhabilitation, cela nous permet pas de développer et de maintenir les clients actuels. Via Rail, c’est essentiel pour la communauté et les revenus de base. Mais là où on peut aller chercher des revenus importants pour l’avenir du rail, c’est au niveau des trains de marchandise. »

Selon lui, les perspectives se trouvent du côté du transport des pales d’éolienne, le projet de cimenterie de Port-Daniel, les matières produites par Temrex et GD Rail. « Les discussions que l’on a avec des fabricants de composantes d’éolienne, comme Fabrication Delta, où on va éventuellement annoncer un beau contrat de transport de tours d’éolienne », précise M. Roussy.

Il rappelle qu’en Gaspésie, le gouvernement du Québec investit de 100 à 150 millions de dollars par année sur les routes. « Nous, on demande 100 millions pour les 25 prochaines années. Si on prend les camions et on les met sur le rail, on est tous gagnant », dit M. Roussy.

Dans son esprit, il faut voir les investissements dans une période d’un siècle : « On voit que le niveau du fleuve diminue. Peut-être qu’un jour les grands bateaux s’arrêteront à Gaspé avec un port de mer en eau profonde. On dirait ‘‘on n’a pas de train’’? Il faut reconstruire un train de 1,2 milliard ? », avance le président.

Québec attend cette étude

Le 10 septembre dernier, le ministre responsable de la région, Gaétan Lelièvre avait déclaré attendre après cette étude : « Moi, je l’attends, c’est eux qui la font », dit-il.

Il maintient qu’il faut démontrer la nécessité de reconstruire la voie : « Je souhaite de tout mon cœur qu’on puisse conserver le train autant pour les passagers que pour les marchandises, mais il faut qu’il y ait un besoin », dit-il.

« On a de belles perspectives mais ça prend un rail rénové et en état », lance François Roussy.

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