La chasse: le bonheur des uns fait le malheur des autres

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
À moins d'une panne, les travailleurs évitent de circuler dans les parcs éoliens qui sont aussi des territoires de chasse. Ici et là dans les parcs éoliens, il n'est pas rare d'apercevoir des caches comme celle-ci.

À moins d'une panne, les travailleurs évitent de circuler dans les parcs éoliens qui sont aussi des territoires de chasse. Ici et là dans les parcs éoliens, il n'est pas rare d'apercevoir des caches comme celle-ci. Photo : Johanne Fournier

La chasse représente un véritable casse-tête pour plusieurs employeurs. En contrepartie, plusieurs commerçants profitent de cette manne générée par des milliers de chasseurs qui prennent d’assaut les forêts gaspésiennes.

Il manque tellement d’ouvriers dans certains chantiers qu’ils doivent carrément fermer pendant la période de la chasse. C’est le cas des deux chantiers de construction des parcs éoliens de Gros-Morne et de Montagne sèche, situé sur des terres publiques de Petite-Vallée et Cloridorme qui, à eux deux, engagent environ 420 travailleurs.

«On ferme pendant la chasse à l’orignal, confirme le directeur des affaires publiques de Cartier Énergie. C’est un engagement auprès de nos communautés parce que, pour elles, la chasse occupe une place importante». Luc Leblanc ajoute aussi que, comme les parcs éoliens cohabitent avec les territoires de chasse, la compagnie s’engage à ne pas entraver les activités des chasseurs, à moins d’une panne d’éoliennes.

Chantiers déserts, commerces achalandés

Verreault Navigation, qui compte une centaine d’employés aux Méchins et dont la moitié habitent en Haute-Gaspésie, compte tellement de chasseurs au sein de son personnel que la direction ne peut, normalement, se permettre de tous les laisser partir en même temps. «On a instauré une alternance, explique la présidente et chef de la direction, Denise Verreault. Une année, un certain nombre de travailleurs peuvent partir à la chasse et une autre année, ce sera le tour de d’autres.»

De toute façon, la femme d’affaires avoue que même si elles leur refusent des vacances pendant cette période, certains se déclarent malades ou lui remettent un papier du médecin pour congé maladie.

Actuellement, pendant qu’elle déplore un manque de contrats au sein du chantier maritime, les employés qui pratiquent la chasse sont heureux puisqu’ils ont tous pu partir en forêt pour pratiquer leur loisir.


«C’est un réel problème pour des entrepreneurs, notamment dans le secteur de la construction, qui s’empêchent parfois de prendre des contrats pendant la chasse», poursuit le directeur de la Chambre de commerce de La Haute-Gaspésie, Danny Pelletier. Les gars ne sont pas négociables. Mais les dépanneurs, épiceries, stations d’essence et boutiques de sport roulent à plein!»

Le propriétaire des Entreprises Fernand Gagnon de Sainte-Anne-des-Monts s’estime chanceux de ne pas compter de chasseurs parmi ses 21 employés. «La chasse ne me cause pas de troubles, soutient Stéphane Gagnon. C’est même une de mes meilleures périodes pour obtenir des contrats puisque les autres entreprises du domaine de la construction sont fermées. Par contre, j’éprouve beaucoup de difficultés à m’approvisionner auprès des fournisseurs parce qu’ils leur manquent trop de personnel à cause de la chasse.»

Le gérant du Dépanneur C. Auclair, qui vend des permis de chasse, ne se plaint pas. «Ça génère de nouveaux revenus parce que ça attire des touristes, précise Claudel Auclair. Je vends beaucoup d’articles de chasse et la vente d’essence est en hausse. Ce n’est pas comparable au temps des Fêtes, qui est notre meilleure période de ventes, mais c’est tout de même bon.»

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