Art, culture et loisirs

Le chanteur Edgar Bori à la rencontre des Gaspésiens

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Edgar Bori a animé une rencontre afin de savoir ce qui anime la population du secteur de Bonaventure.

Edgar Bori a animé une rencontre afin de savoir ce qui anime la population du secteur de Bonaventure. Photo : Gilles Gagné

Le chanteur Edgar Bori a profité du lancement du premier disque de sa trilogie Salade Balade Malade pour venir en Gaspésie afin de mieux connaître les Gaspésiens. 

Bori, 58 ans, vient tous les ans en Gaspésie depuis le tournant de l’an 2000, comme parrain, officiel ou non, du Festival en chanson de Petite-Vallée. Il passe 10 jours à «former» des chanteurs. Il avait cette fois envie d’entendre des gens de tous les horizons, notamment du milieu culturel, mais pas exclusivement.

«Il est vrai que j’ai aussi passé 15 ans dans l’anonymat volontaire, en chantant sous un paravent, sans rencontrer le public. Les gens étaient curieux», a-t-il dit à GRAFFICI.CA, quelques minutes avant la rencontre avec une trentaine de personnes le 18 octobre à la Pétrie, la boulangerie de Bonaventure.

Bori a lancé l’échange en demandant au public de préciser comment ils satisfont leur curiosité culturelle et leurs besoins d’expression artistique. «Si tu veux faire quelque chose ici, il faut le faire soi-même. Quand on organise une soirée de «slam» avec Bilbo, il se passe de quoi», a indiqué l’écrivain Philippe Garon, de Bonaventure, en faisant référence à Bilbo Cyr.

Diffusion culturelle en Gaspésie

Plusieurs participants à la rencontre ont aussi fait valoir que la diffusion culturelle s’était beaucoup développée en Gaspésie depuis des années, et qu’une personne en mesure de se déplacer avait accès à une bonne variété de spectacles ou d’expositions.

Les Gaspésiens organisent néanmoins leurs propres événements, et l’exemple des Mots parleurs, la rencontre printanière de Bonaventure axée sur l’expression écrite et orale, a souvent été citée pour son côté rassembleur.

Bori voit dans cette volonté d’expression un désir de ramener les gens à se côtoyer. «On a perdu les églises […] Je ne veux pas faire l’histoire de la religion catholique, mais il se passait toute une jasette sur les parvis d’églises».

Il a paraphrasé son ami Jean-Guy Moreau, humoriste et auteur décédé le 1er mai, en disant que «les gens ont faim, les gens ont soif, mais on leur donne du chocolat. Il serait peut-être temps de leur donner quelque chose qui répond à leur besoins».

 Philippe Garon a enchaîné. «Pourquoi ça marche, Facebook? Parce que les gens ont besoin de s’exprimer […]. Ils ont besoin d’une tribune».

Télévision

Bien qu’il reconnaisse l’utilité du petit écran comme outil de diffusion culturelle, Bori n’a pu s’empêcher de le définir comme «un mensonge organisé», en pensant aux quelques émissions dans lesquels il a été invité et à l’occasion desquelles il voyait l’animateur de foule commander les applaudissements.

Aurélien Bisson, de Bonaventure, est revenu au principe de la tribune manquante en rappelant «qu’on nous présente la réalité idéale de Montréal. Même nos médias locaux s’alimentent de ce qui se passe à Montréal.»

L’auteure Geneviève Saint-Hilaire, l’initiatrice de la rencontre avec Bori, a renchéri en disant que «les gens d’ici font commenter notre réalité par un «expert» de Montréal».

Philippe Garon discerne les différentes réalités entre les milieux ruraux et urbains, mais il sent aussi le besoin d’unir. «Pourquoi attiser le clivage Montréal-régions?». Il souligne qu’au printemps, le Québec tout entier a exprimé son désir de voir des choses changer, et que des manifestations aux intérêts communs ont eu lieu à Bonaventure et en Gaspésie comme à Montréal.

De façon générale, Bori voit dans les régions la volonté rassurante «de revenir aux artisans». selon lui, «il y a un cœur qui bat ici, et qui bat différemment. On pourrait faire la comparaison entre une horde de chevaux sauvages et des lapins dans des cages. Pourquoi les chevaux sont-ils en santé? Parce qu’ils respirent. En ville, il se fait des grandes choses, mais l’esprit s’étiole».

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