Développement économique et exportation

Centre de tri de Grande-Rivière : l’horaire sera renégocié

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Les employés du Centre de tri de Grande-Rivière justifient les horaires de six mois par un travail exigeant et répétitif.

Les employés du Centre de tri de Grande-Rivière justifient les horaires de six mois par un travail exigeant et répétitif. Photo : Geneviève Gélinas

L’organisation du travail au Centre de tri de Grande-Rivière sera revu, s’engage sa présidente Diane Lebouthillier, qui s’avoue «pas vraiment à l’aise» avec des horaires alternant boulot et chômage.

Au Centre de tri, deux équipes de huit travailleurs se relaient par périodes de six mois pour traiter les matières récupérables. L’équipe au repos retire des prestations d’assurance-emploi pendant les six mois restants. Cette façon de faire, qui existe depuis 13 ans, est inscrite dans la convention collective des employés syndiqués à la CSN, et est connue des élus municipaux qui gèrent le Centre.

«C’est certain que [cette façon de faire] ne peut pas se poursuivre. La situation économique a tellement changé», dit Diane Lebouthillier, préfète de la MRC du Rocher-Percé et présidente de la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie, qui administre le Centre.

Lors de l’ouverture du centre, en 1999, la MRC faisait face à la fermeture de la papeterie de Chandler, rappelle Mme Lebouthillier. Aujourd’hui, des usines de pêche vivent des pénuries de main-d’œuvre, ajoute-t-elle. L’horaire de travail «va faire partie des négociations avec les employés» qui devraient commencer «sous peu», dit-elle.

Légal ou pas ?

GRAFFICI.CA a demandé à Ressources humaines et Développement des compétences Canada (RHDCC) si les pratiques du Centre de tri étaient légales. «La pratique du partage du temps de travail n’est pas un concept reconnu en vertu du régime d’assurance-emploi», nous a-t-on répondu par courriel.

RHDCC indique aussi qu’un employeur qui fournit délibérément des renseignements «faux ou trompeurs» s’expose à des sanctions «pouvant aller jusqu’à des sanctions pécuniaires ou même une poursuite».

Selon Mme Lebouthillier, il n’y avait rien de faux ni de trompeur à inscrire «fin du contrat» sur les relevés d’emploi du personnel.  «C’était la fin de leur contrat. Ils étaient engagés six mois.» RHDCC n’a demandé aucune explication depuis deux ans qu’elle préside le Centre de tri, précise-t-elle.

Philip Toone «applaudit»

Le député néo-démocrate de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Philip Toone, défend le Centre de tri. L’assurance-emploi «joue un rôle dans la région» et le Centre de tri «en bénéficie comme n’importe quel autre employeur le ferait», dit-il.

La Gaspésie vit de travail saisonnier et éprouve des difficultés économiques, souligne le député Toone. «On ne peut pas régler le problème en pointant le doigt vers une entreprise qui veut aider les gens en bénéficiant du système. J’applaudis le Centre de tri pour l’avoir fait de façon évidente et sans équivoque.»

Selon M. Toone, il faut plutôt employer son énergie à combattre la réforme de l’assurance-emploi du gouvernement conservateur, qui nuira à l’économie d’une région composée «à 80 % de travail saisonnier». Le député invite le gouvernement Harper à proposer des solutions pour créer de l’emploi en Gaspésie. «En attendant, les gens vont partager le travail», dit-il.

Personne au Conseil central CSN de la Gaspésie ne nous a rappelés.

1 commentaire

Jacques Bujold a écrit le 16 octobre 2012

Une autre façon de faire, utilisée légalement dans les années 85 est le travail partagé...cela a, en plus de conserver du personnel, sauvé des entreprises. Dans cette façon de faire, tous les employés travaillent à l'année en se partageant les heures travaillées. Celles non-travaillées sont compensées par des prestations d'assurance-chômage ajustée à cette réalité...

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.