Éducation

Cégep de la Gaspésie : l'avenir reste préoccupant

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
Le porte-parole du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de la Gaspésie et des Îles, Luc Méthot, croit que la conjoncture politique n'aide en rien l'avenir du Cégep.

Le porte-parole du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de la Gaspésie et des Îles, Luc Méthot, croit que la conjoncture politique n'aide en rien l'avenir du Cégep. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de la Gaspésie et des Îles a lancé une nouvelle initiative alors qu'il craint que la baisse constante de la clientèle étudiante menace la survie de la maison d'enseignement.

Après un cri d'alarme lancé l'an dernier, le syndicat a récemment mis en ligne une pétition sur le site de l'Assemblée nationale, dans laquelle il demande au ministère de l'Éducation d'intervenir et de proposer des solutions structurantes pour l'avenir des cégeps en région.

Le syndicat s'appuie sur des données du ministère de l'Éducation pour justifier sa requête. Ainsi, le campus de Gaspé offrait de la formation à près de 1 100 élèves en 1998. Ils sont moins de 600 cette année et ce nombre devrait être de moins de 400 en 2015-2016.

«On finance un montant de 300 millions de dollars pour l'agrandissement de cégeps dans la région de Montréal. On voulait qu'il y ait un moratoire de façon à ce qu'on favorise la mobilité des étudiants vers les régions. On en a de la place dans les régions», explique le porte-parole syndical, Luc Méthot.

Selon lui, Québec n'a pas écouté les revendications syndicales. «On a rencontré la ministre de l'Éducation l'an dernier et elle ne nous a pratiquement pas écoutés. Pendant qu'on lui parlait, elle lisait son journal», déplore le syndicaliste.

Les employés syndiqués proposent notamment la mise en place de diplômes d'études collégiales permanents exclusifs ou quasi exclusifs à la maison d'enseignement, des incitatifs financiers, mais aussi  une gestion plus cohérente de l'offre et de la demande dans tout le réseau.

«150 ou 175 étudiants de plus à Gaspé règleraient notre problème. Ce n'est pas énorme !, dit-il. Si on donnait 10 000 $ de bourse gérés par Québec, ça commencerait à faire réfléchir du monde», soutient M. Méthot, expliquant que l'argent investi dans le béton pourrait être récupéré à cette fin.

Au bout du compte, le porte-parole demeure réaliste. «Je vais vous avouer bien franchement que la situation politique n'est pas favorable à notre cause. Le gouvernement est en fin de mandat. Le poids politique est dans la région de Montréal. Québec a démontré peu d'intérêt envers notre situation.»

Pour la prochaine année scolaire, les inscriptions se maintiennent alors que l'établissement collégial a reçu 535 nouvelles demandes, une légère baisse comparativement au 547 reçues le 1er mars 2011.

2 commentaires

Daniel Côté a écrit le 17 avril 2012

Au moment où la Gaspésie se bat pour conserver ses étudiants et assurer la survie de son Cégep, les Cégeps des milieux urbains travaillent de concert avec le gouvernement pour agrandir leurs infrastructures afin d'accueillir plus d'étudiants. Au Québec, rappelons qu'on enregistre annuellement 195 000 demandes d'inscriptions... alors qu'on y offre 175 000 places ! Alors que nos urbains plaident pour avoir plus de places au collégial, notre Cégep régional se vide... La conclusion et les solutions sautent aux yeux ! Avant d'agrandir les Cégeps des "villes", pourquoi ne pas suggérer aux étudiants qui n'ont plus leur place "en ville" de venir étudier chez nous? En augmentant le nombre d'étudiants ici, on pourrait augmenter notre offre de programmes d'études et on redonnerait ses lettres de noblesse à notre institution collégiale régionale! Il ne manque qu'une certaine dose de bonne volonté!

Jean-François Dubois a écrit le 17 avril 2012

Dommage que les universités du réseau québecois se compétionnent et se nuisent les uns les autres en ouvrant des pavillons à proximité de ceux déjà existant.Gaspé a tout pour devenir une belle ville étudiante et il n'y a toujours pas d'unniversité de la gaspésie.

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