Politique

Carte électorale : Amir Khadir prône le scrutin proportionnel

Par ,
Le chef de Quévec solidaire, Amir Khadir, accompagné de sa candidate dans Bonaventure, Patricia Chartier

Le chef de Quévec solidaire, Amir Khadir, accompagné de sa candidate dans Bonaventure, Patricia Chartier Photo : Michel Morin

Le chef de Québec solidaire, Amir Khadir, estime que les Gaspésiens seraient mieux servis par un scrutin proportionnel plutôt qu’uninominal.

Alors que la péninsule risque de perdre un élu au profit de la région de Montréal, M. Khadir estime qu’un scrutin mixte serait beaucoup plus représentatif des intérêts des électeurs, surtout en région. «Le Québec compte 125 circonscriptions. Ce nombre devrait être réduit à 75», a-t-il déclaré dimanche lors du lancement officiel de sa candidate dans Bonaventure.

Les électeurs voteraient deux fois, une première pour choisir le candidat de la circonscription et une 2e fois pour le parti de leur choix à partir d’une liste régionale de candidats.

Selon lui, il s’agirait d’une bonne façon de brasser les cartes, et aussi de donner une voix à d’autres formations politiques que les péquistes ou libéraux. «Le vrai pouvoir, c’est quoi? C’est d’avoir des pouvoirs autonomes. Donnons le pouvoir aux régions avec des gouvernements locaux et l’argent qui va avec. Celles-ci ne seraient plus obligées de développer des projets qui correspondent à des programmes conçus à Québec et aller ensuite quémander auprès des ministres.»

Cette nouvelle façon de faire permettrait aux régions de contrôler ses ressources naturelles et du même coup assurer le financement de leur projet estime M. Khadir.   

5 commentaires

Bilbo a écrit le 16 novembre 2011

..."Résultat: une concentration du pouvoir politique entre les mains du monde urbain, sans possibilité de partage de ce même pouvoir. Alors dites-moi en quoi les régions pourraient contrôler le développement de leurs ressources naturelles lorsque toutes les décisions politiques émaneraient de Montréal? ..." Ca ressemble un peu à ce qu'on a déjà, ce que Sebastien décrit. Etant donné les résultats que l'on connait, l'idée d'essayer autre chose me plait, même si ce n'est pas une panacée. Le modèle actuel, de toute facon, favorise surtout les oligarques et leurs sbires.On ne va tout de même pas attendre des libéraux qu'ils proposent un autre système que celui qui les a porté et maintenu au pouvoir...

Raynald Blais a écrit le 16 novembre 2011

J'aimerais m'attarder puisque la formule proposée m'interpelle à plus d'un titre. Comme citoyen et ex-député d'un territoire à l'échelle de 75 comtés au Québec. À mon humble avis, la solution à tous ces maux est la définition même de ce qu'est un député ou un représentant et quels sont les éléments pour déterminer son territoire de représentation. Dans un monde idéal, nous aurions un gouvernement composé de toutes les composantes de notre société et les différences inhérentes à celle-ci. Mais un un tel monde risque de devenir une tour de Babel ou ceux qui savent diviser pourraient triompher et gouverner à leur guise. C'est d'ailleurs le cas actuellement car le véritable gouvernant n'est ni à l'Assemblée nationale et encore moins à la Chambre des communes, il est ailleurs et son nom est "le ou les marchés". Trois exemples concrets: le prix de l'essence, le comportement des banques qui ont fait naître la crise financière de 2008 et les fameuses multinationales qui font la pluie et le beau temps partout dans le monde. Qui gouverne ? Qui a le véritable pouvoir ? À notre échelle maintenant, le simple calcul mathématique pour déterminer un comté et ses frontières n'est pas approprié car je sais qu'avoir plus de gens dans le comté n'est pas plus demandant qu'un territoire plus grand. Imaginez un seul comté pour toute la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et vous voyez tout de suite l'impossibilité de représenter les gens de ce vaste territoire.Il faut donc avoir un second critère pour déterminer les frontières d'un comté, soit la représentation effective par l'élu. Un comté de 6 ou 8 km carrés et avec 140 milles de population ne se compare pas avec un comté de plus de 20 000 km carrés et 100 milles de population. Il faut comparer les tomates avec les tomates sinon le dialogue est faussé. J'en aurais encore beaucoup à écrire sur le sujet mais je vais m'arrêter là quitte à revenir à plusieurs reprises et au besoin. Merci de m'avoir lu.

Sylvain Bérubé a écrit le 16 novembre 2011

Le modèle proposé ici par Québec solidaire est très près de celui en vigueur en Allemagne, salué à travers le monde. Entre autre, il y a présence d'une distribution régionale des sièges de compensation de prévue. Si vous vous intéressez à la question de l'obtention d'un nouveau mode de scrutin, je vous encourage à jeter un oeil du Mouvement pour une démocratie nouvelle. Sylvain Bérubé, Sherbrooke

Jean-François Tapp a écrit le 16 novembre 2011

Intéressant ton comparatif avec le modèle italien! Toutefois, pourquoi «protéger» un nombre de sièges ruraux si nous avons un gouvernement régional digne de ce nom comme le propose QS. Un gouvernement avec un vrai pouvoir autonome...pas des fonds décentralisés pour financer localement les idées du central! Le débat sur nombre de sièges des régions n'a raison d'être que dans le contexte actuel où nous ne décidons pratiquement rien en région! De là l'importance d'être représenté le plus près possible de la décision...par un nombre maximal de personnes! Je reprends un passage qui m'a fait sourire dans ton texte Sébastien: «Un certain "cannibalisme" politique ferait son apparition. Le temps que le plus fort l'emporte et impose sa vision politique.» Ouvrez bien les yeux...ça existe déjà au Canada et dans notre Québec!!!!

Sébastien Lévesque, citoyen a écrit le 16 novembre 2011

L'idée est bonne mais elle a des sérieuses limites et ses effets pervers n'ont pas été présentés. Le système politique proposé ici ressemble au mode de scrutin actuellement en vigueur en Italie. La proportionnelle proposée favorise l'instabilité politique essentiellement du à la fin des grands partis politiques qui éclateront en une multitude de petits partis représentant surtout des intérêts locaux au détriment des grands enjeux nationaux. Il est possible qu'à court terme, les régions seraient avantagées par cette situation face à un monde urbain plus populeux mais qui souffrirait d'avantage de cette "hypothétique" division des intérêts politiques à saveur locale. Un certain "cannibalisme" politique ferait son apparition. Le temps que le plus fort l'emporte et impose sa vision politique. C'est ce qui se passe en Italie où le monde urbain monopolise la scène politique au détriment des intérêts des localités dites "rurales". De plus, contrairement à l'Italie qui est surtout couverte de villes moyennes (environ 10 villes de plus de 250 000 habitants ) et est fortement industrialisées (Nord) comparé au sud (plus rural), le Québec ne compte qu'une seule métropole. C'est ici que le modèle proposé présente une faille et son application unilatérale, sans protéger un nombre de siège obligatoirement réservé au monde rural, serait fatal pour les régions. Résultat: une concentration du pouvoir politique entre les mains du monde urbain, sans possibilité de partage de ce même pouvoir. Alors dites-moi en quoi les régions pourraient contrôler le développement de leurs ressources naturelles lorsque toutes les décisions politiques émaneraient de Montréal?

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.