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Budget : Toone amèrement déçu

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Le député fédéral de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone.

Le député fédéral de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone. Photo : Gracieuseté

Le budget des conservateurs est loin d’être satisfaisant, selon le député néo-démocrate de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone.

Qualifiant l’exercice de «mauvais», M. Toone affirme que le document du ministre Flaherty pénalisera les chômeurs avec l’élimination des mesures provisoires pour les travailleurs saisonniers dans les régions.

«Je ne comprends pas comment les conservateurs font pour nous dire que c’est un bon budget. C’est un mépris total pour les chômeurs», lance l’élu, qui ajoute que les quais gaspésiens, dans un état de délabrement honteux, n’obtiennent à peu près rien non plus.

M. Toone dénonce aussi que le fait que les domaines de la foresterie et du transport ferroviaire ont aussi vu leur budget amputé. «Il n’y a aucune ouverture du fédéral pour aider notre chemin de fer. En foresterie, Ottawa annonce 105 millions $ pour deux ans, comparativement à 170 millions $, et ils ont le culot d’annoncer ça comme une bonne nouvelle», s’insurge le néo-démocrate.  

Âge de la retraite

«Le plus gros problème est de loin le passage de 65 à 67 ans l’âge d’admissibilité à la Sécurité de vieillesse. Ce sont les provinces qui devront payer. Les transferts en santé seront également inéquitables pour les provinces les plus pauvres comparativement aux plus riches.»

L’inscription automatique à la Sécurité de la vieillesse, le retrait du sou noir et le transfert permanent de la taxe sur l’essence du fédéral aux municipalités sont les seules mesures conservatrices jugées intéressantes par M. Toone.  

Points positifs

Fiscaliste associé chez Raymond, Chabot, Grant et Thornton, de New Richmond, Michel Bernier, voit quelques points positifs pour la région dans le budget conservateur. «Deux budgets de suite, provincial et fédéral, sans augmentation de taxe et d’impôt, je n’ai pas vu ça souvent.»

Les mesures touchant le chômage pour garder les gens au travail sont une bonne action du gouvernement, selon lui. «Dans les exemples donnés, si un revenu d’emploi dépasse le montant des prestations, celles-ci sont coupées. Maintenant, ce ne sera que de 50%.»

Le fiscaliste ne voit pas non plus négativement la décision d’Ottawa de repousser de 65 à 67 ans l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse. «Avec le vieillissement de la population, cette mesure peut se comprendre. Ottawa s’est engagé à compenser les provinces. On va voir ce que le fédéral va faire avant de s’inquiéter.»

Néanmoins, M. Bernier se demande comment vont se traduire les compressions de 5,2 milliards de dollars sur les services à la population. «C’est un budget conservateur fait par des conservateurs qui rêvaient depuis longtemps de faire des coupures importantes dans la fonction publique. Le gouvernement fait le pari, un peu comme dans l’entreprise privée, qu’il sera en mesure de rendre des services à un coût moindre. On verra à l’usage au cours des prochaines années.»

Le pelletage de certaines responsabilités d’Ottawa vers les provinces inquiète aussi le fiscaliste. «Les ratios d’endettement entre le fédéral et les provinces sont déjà très élevés. Ottawa ne peut plus pelleter dans la cour des provinces.»

1 commentaire

Albert Picard a écrit le 31 mars 2012

Le vent fait ce qu'il veut, il soulève les vagues et fait valser la barque. C'est à nous de nous en accommoder. Avec un peu plus de lucidité, le député fédéral du GIM prendra conscience que le Québec, qu'il soit d'allégeance conservatrice, néon-démocrate ou libérale, devra se contenter de la manière canadienne que les anglo-canadiens tiennent le gouvernail.

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