Politique

Bras de fer autour des primes de départ

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Damien Arsenault condamne l'attitude des péquistes dans le dossier des primes de départ.

Damien Arsenault condamne l'attitude des péquistes dans le dossier des primes de départ. Photo : Thierry Haroun

PERCÉ - Le Parti québécois déplore que les libéraux aient refusé de donner leur consentement pour que l'Assemblée nationale adopte une motion sur l'abolition des allocations de transitions, communément appelées « primes de départ », versées aux députés démissionnaires.

Dans un communiqué, le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la participation citoyenne, Bernard Drainville, déplore que les députés du PLQ bloquent systématiquement le projet de loi 33 qui mettrait fin à cette pratique fortement dénoncée « par les Québécois ». « Les libéraux, poursuit-il, refusent que l'on retire la prime d'un député qui ne respecte pas l'engagement moral contracté auprès de la population. Déjà, deux des leurs ont démissionné en moins d'un an. Chacun avec une prime de plus de 100 000 $. Clairement, pour Philippe Couillard et ses députés, c'est l'intérêt libéral avant l'intérêt public », a déploré le ministre Drainville.

Le libellé de la motion présentée le 8 octobre par Bernard Drainville, et qui a été rejeté par les libéraux, va comme suit : « Que les députés de la 40e législature s'engagent à renoncer à leur allocation de transition s'ils quittent durant le présent mandat à moins d'une raison médicale ou familiale ».

« La prime de départ doit permettre aux élus de faire la transition le temps qu'ils ou elles se trouvent un nouvel emploi une fois la vie publique terminée. Si tu ne termines pas le mandat, tu ne devrais pas avoir droit à une prime », a ajouté le ministre Drainville.

Les libéraux se défendent

Joint par téléphone, l'ex-député de Bonaventure de décembre 2011 à septembre 2012 et candidat libéral aux prochaines élections, Damien Arsenault, condamne l'attitude de Bernard Drainville. M. Arsenault rappelle que ses collègues préfèrent laisser le comité consultatif indépendant traiter de cette question de manière objective et de prendre en temps et lieu une décision éclairée sur la base de ses recommandations attendues au plus tard le 1er décembre.

« Les péquistes sont vraiment de mauvaise foi dans cette histoire. C'est notre parti qui avait recommandé de mettre en place ce comité indépendant. Au départ, le PQ ne le souhaitait pas et voulait bien paraître en demandant simplement l'abolition de la prime de départ. Et ensuite, ils ont reconnu la nécessité de mettre sur pied ce comité. Et maintenant, ils nous demandent de prendre position avant même que le comité émette ses recommandations. »

L'allocation de transition est égale à deux fois le traitement mensuel (indemnité annuelle de base et, le cas échéant, indemnité additionnelle) du député pour chaque année complète pendant laquelle il a été membre de l’Assemblée nationale.

9 commentaires

Albert Picard a écrit le 8 novembre 2013

Pas de piège et pas de complot. Merci du conseil.

Marc-André St-Pierre a écrit le 8 novembre 2013

Donc, M. Picard, vous admettez avec moi que nous sommes royalement désinformés. Mais par qui? Les médias que vous nommez sont populaires et ils le savent. Ils disent ce qu'ils veulent et on les croit généralement. Par contre, les contre-médias, ceux qui s'affichent comme les possesseurs de LA vérité, ceux qui dénoncent haut et fort l'hégémonie des médias traditionnels montrent souvent, eux aussi, un seul côté de la médaille. Pour être honnêtes, les médias devraient nous donner froidement la nouvelle avec les 2 côtés de la médaille. Je ne répondrai donc pas à ce piège que vous me tendez sur Paul Desmarais parce que ça sent tout de suite le complot. Si vous avancez des choses sur lui (je n'ai rien pour, rien contre ce bonhomme), donnez des preuves vérifiables.

Albert Picard a écrit le 7 novembre 2013

Vérité pour vérité monsieur St-Pierre, j'aimerais connaître votre liste des médias dont vous parlez, pour comprendre pourquoi vous avez une idée aussi arrêtée. Je ne dis pas que vous avez tord de penser ce que vous pensez. Mais votre raisonnement me semble pointer dans la même direction que Radio-Cadenas, La Grosse Presse, ou TVA(nnus). Petite énigme pour vous laisser sur une recherche: Pourquoi croyez-vous que Paul Desmarais a fondé La Grosse Presse? (évitez cette mauvaise réponse : pour faire de l'argent)

Marc-André St-Pierre a écrit le 7 novembre 2013

Monsieur Picard, Ça me prendrait des exemples (chiffres) pour mieux comprendre que ce que vous dites serait la vérité alors que depuis des années, spécialistes économistes et autres journalistes dans les médias nous démontrent le contraire. Je ne dis pas que vous êtes dans l'erreur. Mais, je m'étonne de votre point de vue qui tranche sur tout ce qu'on sait de la chose depuis des années. Serions-nous à ce point désinformés?

Albert Picard a écrit le 7 novembre 2013

Précision : Les avantages sociaux (congés payés et chômés, assurances maladie familiales etc..) sont en partie payés par l'employé du secteur privé. Si celui-ci quitte, effectivement il perd ces avantages. Normal. Mais c'est aussi le cas si c'est un fonctionnaire. Pour ce qui est de la prime de départ, dans le privé elle prend parfois la forme de "stock options", de "parachute", etc. que l'employé peut encaissé lors de son départ. Ici le secteur public n'est pas plus avantagé que le secteur privé. Donc, cette comparaison est, pour dire le moins, très boiteuse.

Dany Brown a écrit le 6 novembre 2013

Dans l'entreprise privé, si tu démissionne, c'est bye bye, oublie la prime et les avantages sociaux. Mais pour Damien et ses Libéraux, il faut un comité d'étude. À combien l'heure il fonctionne mon Damien ton comité? Quand on tombe dans la bourgeoisie politique c'est pas long qu'on oublie d'où on vient.

Jean-Francois Samuel a écrit le 6 novembre 2013

En cas de démission absolument pas de prime de départ.

Albert Picard a écrit le 5 novembre 2013

À wigne, à weingne, le porte parle libéral fait dans le folklore politique. C'est portant pas très difficile à comprendre ce que propose le PQ.

Gaston Langlais a écrit le 5 novembre 2013

Bonsoir, Toutes les primes de départ devraient être interdites sans délai non seulement pour les députés mais aussi pour tous les fonctionnaires des secteurs public et parapublic. Le Fédéral devrait suivre la même ligne d'action. Gaston Langlais - Gaspé.

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