Santé, services sociaux et communautaire, Développement économique et exportation

Biomasse forestière : moins d'économies que prévues

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Huit mois après la mise en service du système de chauffage à la biomasse forestière, les économies réalisées ne sont pas à la hauteur des attentes.

Huit mois après la mise en service du système de chauffage à la biomasse forestière, les économies réalisées ne sont pas à la hauteur des attentes. Photo : Mathieu Galarneau

MARIA - Avec ce projet qui a nécessité un investissement de 3,3 millions de dollars, dont 2 millions de  dollars du Centre de santé et des services sociaux de la Baie-des-Chaleurs (CSSSBC), l'établissement prévoyait économiser 300 000 $ par année. Huit mois après sa mise en service, les économies réalisées ne sont pas à la hauteur des attentes.

« On est en phase de rodage, explique le directeur général, Jean-Philippe Legault. Il faut faire des ajustements à partir des prévisions théoriques. Et cette année, il y a des fluctuations sur le taux d'humidité de la matière première. L'an prochain, il y aura des ajustements avec Hydro-Québec », justifie-t-il.

Des travaux de maintenance du système, qui n'étaient pas prévus dans les calculs du projet, sont aussi pointés du doigt pour expliquer la différence. Lors de ces périodes d'entretien, c'est le système au combustible qui prend la relève, ce qui fait augmenter les coûts en énergie.

Le CSSSBC n'est pas en mesure de préciser pour l'instant à combien s'élève l'économie, mais assure que le système est rentable. Des ajustements seront apportés pour atteindre les objectifs fixés au départ. L'établissement précise que le fournisseur doit également s'ajuster pour s'assurer que la biomasse forestière arrive avec un taux d'humidité entre 45 à 55%, une valeur qui permet d'optimiser la chaufferie. 

Projet de Gaspé sur la glace

Le Centre de santé et de services sociaux de la Côte-de-Gaspé a mis sur la glace son projet de convertir à la biomasse le pavillon Monseigneur-Ross (le centre de soins de longue durée de Gaspé). « Une firme nous a produit un rapport qui le recommande, mais c’est la même firme [Gestion-Conseils PMI] qui s’est occupé du projet de Maria, explique Gaétan Vézina, directeur des services techniques au Centre de santé. L’Agence de santé veut jouer de prudence, poursuit-il,  et attend que l’hôpital de Maria ait complété un cycle [d’un an] avec sa chaudière, pour voir s’il y a des résultats probants. »

Pas concluant à Chandler

À Chandler, les autorités de l’hôpital ont aussi évalué le potentiel économique du chauffage à la biomasse. Conclusion : les économies escomptées par les promoteurs de la biomasse ne se réaliseraient pas dans leur cas, puisque l'hôpital a déjà réduit sa consommation d'énergie et le prix moyen d’achat de son énergie par différents projets d'économie, a-t-on précisé à GRAFFICI.CA. Le Centre de santé du Rocher-Percé demeure toutefois « attentif et à l’affût de l’évolution » du dossier de la biomasse, ajoute-t-on.

Texte écrit en collaboration avec Geneviève Gélinas

1 commentaire

Jean-François Samuel a écrit le 12 novembre 2013

Voir si un hôpital va être capable d'obtenir de la biomasse avec une humidité stable. Des usines de pâtes et papiers qui achètent des centaines de milliers de tonnes de copeaux par année ne sont même pas capable d'avoir une humidité stable. Et les usines ont du personnel pour faire le suivi de la qualité sur une base continuelle. On parle quand même de résidus forestiers, les contrôles de qualité sont assez minimes la dessus. Probablement que ce n'est pas le "worst case scenario" qui a été utilisé pour l'humidité pour calculer la rentabilité.

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