Politique

Barrage démantelé à York : Gespeg n’était pas autorisé

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
La réparation du boulevard de York Ouest à Gaspé devrait se terminer vers le 13 août.

La réparation du boulevard de York Ouest à Gaspé devrait se terminer vers le 13 août. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ – Le conseil de bande de Gespeg n’avait pas les autorisations nécessaires pour démanteler son barrage du lac Denys à Gaspé, indique le ministère de l’Environnement, des travaux qui ont causé l’affaissement du boulevard de York Ouest ce printemps.

Le 10 avril, l’ouverture d’une brèche dans un barrage quelques kilomètres en amont du boulevard a mal tourné. L’afflux d’eau a transformé en trou béant 30 mètres du boulevard et l’a endommagé sur un kilomètre. La crue a aussi inondé six résidences, une église et un centre communautaire.

Le lendemain, le chef Claude Jeannotte a affirmé qu’il détenait toutes les autorisations nécessaires, dont celle du Centre d’expertise hydrique du Québec, qui relève du ministère de l’Environnement.

Le ministère « évalue les actions à prendre »

Or, les travaux auraient dû obtenir un certificat d’autorisation en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement, indique le ministère. « Aucune demande d’autorisation n’a été reçue, a expliqué la porte-parole Mylène Delorme à GRAFFICI.CA. Le ministère évalue actuellement les actions à prendre. »

Quant au Centre d’expertise hydrique du Québec (CEHQ), il n’avait « ni à donner ni à refuser d’autorisation », nous a-t-on répondu par écrit. Le barrage du lac Denys n’était plus assujetti à la Loi sur les barrages depuis 2010, à la suite du démantèlement de la structure de contrôle.

« L’intervention a été réalisée par le propriétaire du site à la demande de la MRC de La-Côte-de-Gaspé, écrit le Centre. […] Le CEHQ a été informé préalablement à l’intervention par la MRC ainsi que par le propriétaire du site et aucune autorisation n’était requise. »

Le chef Jeannotte persiste et signe

Le chef de Gespeg, Claude Jeannotte, maintient que la nation avait toutes les autorisations nécessaires. « On était en constante communication avec le Centre d’expertise hydrique. Ils savaient ce qu’on faisait. Ils disaient : c’est tout correct, ce que vous faites. […] S’ils disent que nous sommes responsables, j’ai les courriels et les lettres. »

Le ministère de l’Environnement n’a pas contacté Gespeg depuis les événements pour préciser qu’un certificat d’autorisation aurait été nécessaire, affirme le chef.

Une rencontre entre toutes les instances concernées aura lieu « d’ici l’automne », indique M. Jeannotte, ce qui devrait permettre de tirer au clair les responsabilités de chacun.

Réparations de 272 957 $ en cours

Par ailleurs, l’entreprise Excavation Bernard et Gene Cahill a commencé à réparer le boulevard de York Ouest le 2 juillet et devrait terminer vers le 13 août. Les travaux coûteront 272 957 $, ce qui n’inclut pas les réparations d’urgence menées dans les jours qui ont suivi l’affaissement.

Deux ponceaux supplémentaires seront installés sous le boulevard de York Ouest en plus du ponceau déjà en place, afin de favoriser l’écoulement de l’eau.

Transports Québec n’a construit aucun chemin de déviation temporaire parce que « le profil de la route [de déviation] aurait été accidenté et non utilisable par le transport lourd », explique Anne-Sophie Lebel, porte-parole de Transports Québec. Les coûts supplémentaires et les délais nécessaires pour obtenir les permis militaient aussi contre le chemin de déviation.

7 commentaires

Dany Blais a écrit le 15 juillet 2013

Quand je dis, trop de gouvernements, je ne parle pas juste du fédéral. Il y a le fédéral, provincial, municipal, régional (nouveau encore), réserves indiennes, supramunicipal, MRC, commissions scolaires, CN/CP... et je suis sûr qu'il y en a d'autres. Un GROS ménage s'impose.

Gaston Poirier a écrit le 15 juillet 2013

Après vérifications, je trouve cet article prématuré... On est en train d'accuser une organisation alors que les conclusions de l'enquête ne semblent pas terminées. Je donne raison à Dany Blais sur le fait qu'on n'a pas besoin du fédéral dans nos plate-bandes, mais c'est hors sujet. Pour Cynthia et Nicole (merci de vous identifier avec vos noms de familles aussi comme c'est la politique de ces blogues!), vous avez aussi raison : Gespeg est l'une des seules nations autochtones au Québec et au Canada à ne pas avoir de réserve... donc à ne pas avoir les droits qui en découleraient. D'ailleurs, que les autochtones sur réserve ou hors réserve puissent avoir certains privilèges au détriment de bien d'autres droits que nous, dieux blancs (sarcasme), leur avons enlevé, je n'ai pas de problème avec ça, contrairement à Alain Bérubé. Finalement, si jamais la responsabilité de Gespeg était retenue sur le dossier qui nous occupe, je présume qu'ils ont une assurance pour couvrir ce type de risque...

Dany Blais a écrit le 11 juillet 2013

Il y a trop de gouvernements. Le Canada, c'est une joke.

Cynthia a écrit le 11 juillet 2013

La communauté Micmac de Gespeg n'est pas sur réserve ce qui fait que nous payons les taxes comme n'importe quel citoyen de la Ville de Gaspé... ceci est à titre indicatif pour certaines personnes qui parlent trop rapidement et ne possédant pas d'informations comme d'habitude! Pitoyable...

nicole a écrit le 11 juillet 2013

Les gens de GESPEG PAIE DES TAXES COMME LES BLANCS.

Nicole a écrit le 11 juillet 2013

Pas juste les taxes des Blancs car pour votre information les gens de GESPEG des taxes.

Alain Bérubé a écrit le 11 juillet 2013

De toute façon c'est nous les Blancs qui allons payé la facture car même si les indiens sont déclarés coupable, c'est le fédéral qui va payé et le fédéral c'est encore nos taxes alors gaspillé votre énergie ailleurs Messieurs les grands penseurs

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