D’autres voix s’élèvent contre la Fédération des chambres de commerce

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Le mémoire de la FCCQ a été produit dans le cadre des consultations sur le projet de loi 34 (Loi pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires).

Le mémoire de la FCCQ a été produit dans le cadre des consultations sur le projet de loi 34 (Loi pour assurer l’occupation et la vitalité des territoires). Photo : Courtoisie

À l’instar de la MRC du Rocher-Percé, d’autres acteurs régionaux dénoncent la teneur du mémoire de la Fédération des Chambres de commerce du Québec (FCCQ).

Accusée récemment de mépriser les chômeurs de la région par la préfète de Rocher-Percé, Diane Lebouthillier, la FCCQ est maintenant vertement critiquée par la présidente de Solidarité rurale du Québec, Claire Bolduc.

Cette dernière dénonce le fait que le mémoire de la FCCQ considère ceux et celles qui sont sans travail comme une ressource non exploitée. «C'est une vision extrêmement réductrice de ce qu'est une société, de ce qu'est une population, de ce que sont des personnes au coeur des communautés. C’est une vision que je qualifierais de pathétique!», peste-t-elle.

Mme Bolduc estime que la FCCQ a une vision réductrice du territoire québécois. «On est riche de nos populations et de nos territoires», lance-t-elle.

Le maire de Gaspé, François Roussy, est du même avis et estime que c’est en jumelant les forces des régions avec celles des grandes villes «qu’on va bâtir un Québec qui est fort. Mais ce n’est pas avec des propositions comme ça qu’on y arrive. C’est vraiment faible comme proposition.»

Réaction en Haute-Gaspésie

De son côté, la Chambre de commerce de  La Haute-Gaspésie (CCHG) confirme par voie de communiqué avoir pris connaissance du mémoire de la FCCQ en précisant qu’elle s'inscrit en faux, elle aussi, sur sa teneur. «Accepter cette  prise de  position, qui  à  notre  avis  démontre  un  manque  de  connaissance des régions éloignées et une insensibilité face aux régions  dévitalisées, serait contraire à notre mission de promouvoir l’entrepreneuriat,  le développement socio-économique et la croissance de la Haute-Gaspésie. Le  prétendu consensus  obtenu  par  la  FCCQ  nous  semble  provenir  très  fortement des grands centres urbains. Les réserves émises dans le mémoire, à l’effet qu’une minorité de chambres soit en désaccord, sont insuffisantes.»

Selon la chambre de commerce de La Haute-Gaspésie, une telle proposition aurait dû être soumise à toutes les chambres de commerce et pas seulement au conseil d’administration. La CCHG croit que ce n’est pas en  abandonnant  les  régions  dévitalisées  que  le  Québec  se  renforcira  économiquement.

La CCHG partage cependant le constat que fait la  Fédération sur l’inefficacité  des méthodes de développement actuelles. «La Haute-Gaspésie a été souvent  déçue par de belles annonces qui se sont avérées être des éléphants blancs.  Une révision des stratégies de développement et l’élaboration de stratégies  ciblées et cohérentes, associées  à  une  diminution  des  structures  une  diminution  des  structures  administratives, nous  semble  souhaitable», peut-on lire plus loin dans le communiqué.

2 commentaires

Francois Bouchard a écrit le 7 mars 2012

Comme à l’habitude, ce débat sombrera dans le réductionnisme et la démagogie. Peu importe qui a raison ou qui a tort. Un constat s’impose. L’incapacité à assurer le développement économique des régions. Remarquez que cette situation n’est pas unique au Québec. Le phénomène est planétaire. La concentration des capitaux, des moyens de production et d’information ainsi que l’administration publique a un impact énorme sur le déplacement des populations. L’immigration reflète bien cet état de fait. Les gens viennent ici dans l’espoir de trouver du travail, pas pour faire du tourisme. Ils se dirigent immanquablement vers les grands centres. Nos enfants font de même faute de mieux. On peut admettre que le mémoire de la FCCQ ne fasse pas dans la dentelle. Cependant, beaucoup des points soulevés méritent un examen attentif. Certains populistes préfèrent rendre l’État ainsi que le Patronat responsables de tous les malheurs vécus par les régions. Je crois que nous devons également accepter une part de responsabilité. Quand on passe son temps à ramper, il ne faut pas s’étonner que les autres semblent nous regarder de haut. Depuis quelques années, beaucoup de tentatives de développement ont été abandonnées en Gaspésie à cause de l’hostilité des gens. Ailleurs on développe des Plans Nord, ici on s’oppose au progrès et on attend le Messie…

Daniel Bérubé a écrit le 6 mars 2012

Je fus moi aussi très déçu de cette lecture, et de par cet article, je ne crois pas être le seul... Reconnaissez une chose, les "grands centres urbains" ne voient souvent les régions que d'un oeil "hautain", comme ont disait des fois, comme un contexte de "Saint-En-Arrière"... Chose certaine cher "hautains", la nourriture que vous acheté dans vos nouveaux Wall-Mart ne provient pas de nos régions dans l'ensemble, mais des USA et de Chine... alors vous ne voyez pas d'utilités a conserver les régions "non rentables" actuellement... mais attendez que le pétrole dépasse les 150.$ ou 200.$ le baril... les choses risquent de changer... Car si vous croyez que cette situation est là pour demeurer... attendez vous a des surprises, les pétrolières auront sur vous le même regard que vous avez sur les régions... et votre regard cessera de regarder vers le bas (les régions) pour regarder vers le haut, vos nouveaux "maîtres" : le pétrole et le capitalisme sauvage... croyez-nous, il y a d'autres valeurs dans ce monde, et des valeurs "durables"... Note: Quand je dis "régions non rentables", je pense à toutes les régions du Québec : les guerres de clocher d'autrefois font place à une solidarité qui fait en sorte que quand vous attaquer la plus petite des régions, ce sont LES RÉGIONS qui se voient attaquées ! A bon entendeur: salut !

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