Politique

Atlantic Fiber : confrontation entre la mairesse de Chandler et le député de Gaspé

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
La mairesse de Chandler, Louisette Langlois craint la possibilité de perdre une partie du projet Atlantic Fiber au profit de Saint-Elzéar.

La mairesse de Chandler, Louisette Langlois craint la possibilité de perdre une partie du projet Atlantic Fiber au profit de Saint-Elzéar. Photo : Thierry Haroun

La saga entourant le projet de complexe de bois d’Atlantic Fiber Resources se poursuit alors que la mairesse de Chandler, Louisette Langlois, affirme que le député de Gaspé, Georges Mamelonet, lui a laissé entendre qu’elle devra se faire à l’idée qu’une partie du projet prendra place à la coopérative de Saint-Elzéar, dans la Baie-des-Chaleurs.

Voilà deux ans que les élus de Chandler et la direction d’Atlantic Fiber travaillent pour implanter dans le parc industriel de la municipalité un projet de complexe de bois de plus de 50 millions de dollars. Créateur de 200 emplois, ce projet inclurait une usine de production de granules de bois (160 emplois), destinées au marché européen, et une usine de sciage (40 emplois). Or, en entrevue à GRAFFICI.CA, la mairesse Langlois affirme que le 10 novembre dernier le député Mamelonet lui a laissé entendre qu’elle devra se faire à l’idée que 30 % du projet (la partie scierie) prendra le chemin de Saint-Elzéar. «M. Mamelonet m’a dit "t’auras pas le choix de diviser le dossier". De donner 30 % du dossier ailleurs; je n’accepte pas ça du tout !».
 
Elle souligne s’être plaint de la situation au bureau du premier ministre Jean Charest, dès le lendemain. «Le premier ministre était absent, mais son conseiller politique m’a confirmé qu’il n’était pas question de favoriser un comté au détriment d’un autre, ça m’a rassuré». Elle dit comprendre la situation difficile à laquelle fait face la coopérative de Saint-Elzéar, présentement sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers, mais que sa municipalité est aussi aux prises avec une économie en déclin depuis la fermeture de la papetière Gaspésia en 1999. «Est-ce qu’on à droit à notre tour ?», demande la mairesse.
 
Réplique du député
 
Le député libéral de Gaspé, Georges Mamelonet, réfute catégoriquement les affirmations de la mairesse. «La mairesse de Chandler a tout faux, c’est complètement faux. Je n’ai pas dit à Mme Langlois qu’elle devrait faire son deuil de son projet tel qu’il était déposé. D’ailleurs, à l’heure actuelle le ministère du Développement économique et le ministère des Ressources naturelles sont à étudier le projet dans sa présentation originale».
 
En revanche, admet-il, «j’ai informé Mme Langlois qu’il y a de l’intérêt pour une certaine synergie [entre Atlantic Fiber et la Coop de Saint-Elzéar]. N’oublions pas qu’Atlantic Fiber pourrait regarder de façon très intéressante les copeaux qui sont générés par le contrat d’aménagement forestier (CAAF) de Saint-Elzéar qui est quand même de 140 000 mètres cubes».

1 commentaire

Michel L. Fréchette a écrit le 18 novembre 2011

PLUS ÇA CHANGE, PLUS C'EST PAREIL Il faut relire le commentaire du député de Gaspé publié le 31 octobre à la suite de l'article de M. Haroun (28 octoble) sur le même sujet pour se rendre compte du ridicule de la situation. Je ne suis aucune dans le secret des dieux libéraux mais pas plus tard qu'hier, je réagissais à ce même article en disant que les dés étaient déjà joués en faveur de St Elzéar pour le tout ou en partie de ce qu'avait à promettre Atlantic Fiber. Allez-y c'est écrit. Si je lis entre les ligne la déclaration du député de Gaspé, je devrais comprendre que la relation avec St Elzéar s'additionnerait à ce qui est sur la table avec Chandler. CIT En revanche, admet-il, «j’ai informé Mme Langlois qu’il y a de l’intérêt pour une certaine synergie [entre Atlantic Fiber et la Coop de Saint-Elzéar]. N’oublions pas qu’Atlantic Fiber pourrait regarder de façon très intéressante les copeaux qui sont générés par le contrat d’aménagement forestier (CAAF) de Saint-Elzéar qui est quand même de 140 000 mètres cubes». FINCIT Or, additionner 1 à 0, ce la donnera toujours un. On peut se poser la question de savoir si pendant 2 ans, on travaille à un projet pour en constater les reports, les délais et l’efficacité de la technocratie politique, comment en quelques mois, sorti de nulle part, on peut présenter une telle initiative avec un partenaire financièrement fragile? C’est là que la politique événementielle m’épuise. La mairesse de Chandler, tout comme son prédécesseur (C. Cyr) ont probablement cru que le municipal avait préséance sur le provincial. Nos bons maires formulent des projets au bénéfice de leur population et ils sont associés dans une fraternité qu’est la MRC. On est convaincu que le tout est supérieur à ses parties. Or une MRC, c’est souvent l’anti chambre de la députation provinciale. On parle des 2 côtés de la bouche dans ce cénacle. On pèse les avantages et les enjeux avec une autre balance que le local. On étire la logique comme de la tire Ste Catherine à répétition si bien qu’on ne reconnaît plus les ingrédients d’origine. Ça s’avale mieux comme cela. Mais le mélange "maire-député" produit des drôles de résultats comme quoi, quand on maîtrise les hôtels de Ville et parfois les préfectures, on a une avance considérable dans l'occupation du territoire politique. On peut établir le plan d’aménagement. On a l’information venant du bas et on accède à l’information venant du haut. On peut donc faire son nid bien confortablement. Mais il faut se dire que nous, les simples citoyens pouvons parfois lire à distance sans pour autant disposer des instruments mis à la disposition de nos élus ni consulter Madame ZAZA et sa boule de cristal. Bizarre qu’on en arrive à les devancer dans leur balistique. Ils sont tellement constants qu’on peut facilement prédire leurs actions par leur passé. Ce qui énerve, c’est quand on ne les connaît pas : tu ne deviens pas franc, honnête, responsable, conscientisé et altruiste soudainement par la charge. C’est un l’entraînement d’une vie, c’est une cohérence, une congruence. En rappel, je vous donne la conclusion à laquelle j’arrivais hier pendant que nos amis se livraient une joute verbale de savoir qui dit vrai et pendant que je dormais sur mes deux oreilles du sommeil du juste. « Le CAAF est ailleurs, le quai de Chandler en attente (longue) de réfection. C’est un dossier politique et on sait quand ça part mais rien de ce qui en résulte car la victime est dépecée au bénéfice d’un l’électoralisme partisan. De que je sache, St- Elzéar n’a pas de quai, ni de voie ferrée mais il a un bon maire qui se veut un bon député. Atlancic Fiber sera la bienvenue. … Merci Monsieur le Député de nous avoir éclairé sur ce qui n’est plus véritablement un enjeu dans la mesure où ce qui reste en bout de course, c’est la crédibilité de ceux qui y ont cru. Mais eux aussi, le temps les avalera. J’aimerais tellement ne pas avoir raison. » Michel L. Fréchette Percé

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