Politique

Assurance-emploi : les visites des fonctionnaires sont dénoncées

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
Le coordonnateur du Mouvement action chômage de la Gaspésie, Gaétan Cousineau.

Le coordonnateur du Mouvement action chômage de la Gaspésie, Gaétan Cousineau. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Le Mouvement action chômage de la Gaspésie et le député fédéral de la Haute-Gaspésie-La-Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin, condamnent les visites impromptues de fonctionnaires de Service Canada chez des prestataires de l’assurance-emploi.

Des fonctionnaires du gouvernement fédéral effectuent actuellement des visites, sans avis préalable, au domicile de prestataires de l’assurance-emploi.

Jusqu’à la fin du mois de mars, environ 1200 prestataires sélectionnés de façon aléatoire seront soumis à cette directive de Service Canada. Lors de leur visite, les employés du gouvernement remettent aux bénéficiaires une convocation à une entrevue. Quelque 50 fonctionnaires sont assignés à cette tâche.

Le député bloquiste, Jean-François Fortin, qualifie cette pratique de «vraie farce». Selon lui, il s’agit d’un «processus d’intimidation ciblée» qui «provoque» les gens qui sont déjà «touchés de plein fouet» par la réforme de l’assurance-emploi. «[…] On les humilie. C’est ajouter l’insulte à l’injure», affirme-t-il par voie de communiqué.

Pour sa part, le coordonnateur du Mouvement action chômage de la Gaspésie, Gaétan Cousineau, accuse le gouvernement fédéral «d’harceler» les prestataires. «Il arrive que des enquêteurs se pointent chez les prestataires, mais la visite se fait après un avis. Des visites surprises, c’est la première fois que je vois ça. C’est absolument inconcevable qu’un gouvernement démocratique agisse de cette façon. Il s’agit d’un stratagème pour intimider les prestataires», pense M. Cousineau.

Un porte-parole du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences a précisé par courriel à GRAFFICI.CA que les visites visent à «assurer l’intégrité du régime d’assurance-emploi» et qu'elle ne sont «aucunement liées» aux nouvelles dispositions du programme.

«Service Canada utilise différentes approches afin de contacter les individus incluant des visites impromptues à domicile dans le but d’organiser des entrevues. Lorsque des anomalies et des écarts liés à l’admissibilité aux prestations, et des cas potentiels de déclaration inexacte et/ou d'abus sont identifiés, nous prenons les mesures appropriées», a écrit le porte-parole. 

Des «inexactitudes circulent» sur la réforme, dit la ministre

Par ailleurs, la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences du Canada, Diane Finley, estime que des «inexactitudes circulent» au sujet des dispositions de la réforme de l’assurance-emploi.

Plus tôt cette semaine, Mme Finley a «voulu mettre les choses au point» en soutenant par voie de communiqué que la réforme ne pénalise pas les travailleurs saisonniers et leurs employeurs.

Rappelons que les nouvelles dispositions prévoient qu’un certain nombre de chômeurs, «les prestataires fréquents», se verront offrir des «emplois convenables», soit des emplois pour lesquels ils sont qualifiés à 70% de leur salaire horaire antérieur, et dont le lieu peut se trouver jusqu’à une heure de déplacement.

Un chômeur est considéré comme un «prestataire fréquent» lorsqu’il a présenté trois demandes ou plus au cours des cinq dernières années et qu’il a bénéficié de plus de 60 semaines de prestations durant cette même période. Plusieurs travailleurs saisonniers entrent dans cette catégorie.

Ces derniers n’ont cependant pas à craindre les nouvelles règles, estime Mme Finley. «Personne ne sera forcé d’accepter un emploi qui le placerait dans une situation financière plus difficile que celle dans laquelle il était lorsqu’il ne recevait que des prestations d’assurance-emploi», écrit-elle. 

De l’avis de la ministre, les modifications viennent «seulement préciser» ce qui constitue une recherche raisonnable en vue de trouver un emploi convenable. «Personne n’est forcé de quitter sa collectivité pour trouver un emploi. […]
S’il n’y a pas d’emploi vacant dans leur collectivité, les prestataires continueront à recevoir leurs prestations, comme cela a toujours été le cas», est-il indiqué plus loin dans le communiqué.

Au moment de déterminer si un emploi est convenable, assure Mme Finley, Service Canada tiendra compte de facteurs «tels que les coûts supplémentaires liés aux frais de déplacement ou de garderie ainsi que de la situation personnel de chaque prestataire.»

Cet article a été mis à jour le jeudi 21 février à 15h15

3 commentaires

Michel Denis a écrit le 22 février 2013

La république fédérative du Canada-Est ou d'un Québec élargie avec comme province l'Acadie et pourquoi pas le nord-Ontarien! Les Cris d'Attawapiskat et anishnabe aux contrées franco-ontarienne sans mordent déjà les doigts de n'être de ce côté-ci de la frontière.Bonne idée Joel, j'embarque aussi!

Marie-Eve Tessier a écrit le 22 février 2013

Je suis bien d'accord avec toi Joel ! Avec les maritimes, on ferait un beau pays ! y'a une limite à ce qu'on peut endurer ...

Joel Leblanc a écrit le 21 février 2013

Serait-ce un "revival" de 1755?? Ne manquons pas ce rendez-vous avec l'histoire ,occasion rêvée de "foutre" ce canada dehors et invitons l'Acadie à se joindre à nous!

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