Assurance-emploi : des quotas imposés aux fonctionnaires

Par Thierry Haroun, journaliste, graffici.ca
Plusieurs manifestations contre la réforme de l’assurance-emploi se sont tenues en Gaspésie, dont celle-ci à Chandler.

Plusieurs manifestations contre la réforme de l’assurance-emploi se sont tenues en Gaspésie, dont celle-ci à Chandler. Photo : Thierry Haroun

Les fonctionnaires de Service Canada seraient soumis à des quotas mensuels de prestations à couper. 

Le quotidien Le Devoir rapporte vendredi matin que Service Canada demanderait 40 000 $ par mois par enquêteur. Des objectifs d’économies seraient aussi fixés par la direction centrale.

Le porte-parole du Conseil national des chômeurs, Pierre Céré, se dit estomaqué par cette situation, précisant que la pression se fait de plus en plus forte sur les prestataires.

«Les fonctionnaires sont beaucoup sur le dos des chômeurs pour vérifier s’ils font des recherches d’emploi. On voit de plus en plus de gens se voir suspendre leurs prestations sous prétexte que des fonctionnaires vérifient s’ils sont véritablement à la recherche d’un emploi. Et dans certains, ils se donnent le droit de vérifier rétroactivement. C’est de la chasse aux chômeurs», se désole-t-il.

M. Céré va jusqu’à parler de mépris. «Cette réforme repose sur du mépris et sur des préjugés comme si tous les chômeurs étaient des paresseux, des profiteurs du système.»

Malgré la mise en application de la réforme de l'assurance-emploi depuis le 6 janvier, Pierre Céré promet de poursuivre la lutte afin de faire reculer Ottawa. «On voit dans l’Est du Québec des gens qui sont en train de s’organiser de plus en plus. Il y a un front commun contre la réforme de l’assurance-emploi. Il s’agit de continuer à se battre», lance M. Céré.

Le MAC réagit aussi

Le coordonnateur du Mouvement action chômage de la Gaspésie, Gaétan Cousineau, juge que le comportement d’Ottawa est «vicieux et dégradant» de la part d’un gouvernement qui ne met pas un sou dans le régime d’assurance-emploi.  

M. Cousineau connaît par ailleurs un cas où plusieurs bureaux de Service Canada se sont consultés pour tenter de coincer un chômeur. «Un enquêteur de Sept-Îles ne pouvait pas trouver de faille dans un dossier, alors c’est quelqu’un [un fonctionnaire] de Saint-Jérôme qui a appelé [le prestataire] pour trouver cette faille. On voit qu’on s’y met à deux ou trois bureaux pour tenter de planter le monde», déplore-t-il.

5 commentaires

Joel Leblanc a écrit le 3 février 2013

Faut-il savoir que la façon dont fonctionne actuellement le chômage est à peu près fraudable,on ne peut pas s,inventer une personnalitée,un numéro d'ass. sociale et des prestations,voyons donc! C'est d'ailleur pourquoi le goon-vernement insiste pour dire que c'est pour détecter d'éventuel fraudeurs, moins de chômeur moins de chance d'avoir des fraudeur belle logique! Non le seul fraudeur à pointer du doigt est ce criminel parti conservateur caché derrières ses lois ,lui qui a détourné impunément des millions de la dite caisse d'ass. emploi. Des élections et un référendum right now! Jetez moi ce cacanada dehors!

Jean Guy Verreault a écrit le 2 février 2013

C'est rien de nouveau, cela existait déjà en1976. Couper les chomeurs donnait des points pour une future promotion. Si tu travaillait à la Baie-James, tu te faisait dire que tu avait pas besoin de chomage car tu avait assez gagné.

michel a écrit le 1 février 2013

M. Harper avait juste à ne pas envoyer c'est limousine par avion en Inde. Comme celà il n'aura pas eu besoin de demander à ses enquèteurs un quota de 40 ,000 ,parce que celà à coûté au canada plus de 1 000 000. 00 de dollards. Comme s' il n'avait pas de limousine blindées en Inde .

jean-francois samuel a écrit le 1 février 2013

La nature humaine étant ce qu'elle est, la proportion de croche dans la population de chômeur doit être pas mal pareil à celle de la population en général riches inclus. Il y a donc des vérifications à faire. Mais les quotas, si on ne sait pas sur quelle base ils sont établis ça peut donner des effets joliment pervers.

Gaston Poirier a écrit le 1 février 2013

Ah ben, ça, c'est pire que pire... De un on oublie que l'assurance-emploi est un régime d'assurance très RENTABLE. De deux, on coupe du pauvre monde sans raison, juste pour atteindre des quotas. Si Harper veut trouver de l'argent, qu'il arrête de fouiller dans les poches du pauvre monde pour sauver des grenailles et qu'il fasse le vrai ménage dans les paradis fiscaux pour aller récupérer les milliard$ qui nous échappe à chaque année... Ah non, c'est vrai, les paradis fiscaux servent ses riches amis de la droite qui finance son parti... mieux vaut s'attaquer au pauvre monde sans défense... Misère....

Envoyer un commentaire

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.