Art, culture et loisirs

De l’art action pour exprimer la difficulté de se faire comprendre

Par Antoine Rivard-Déziel, journaliste, graffici.ca
L'artiste Rodolphe-Yves Lapointe exploite différentes formes de l’art action.

L'artiste Rodolphe-Yves Lapointe exploite différentes formes de l’art action. Photo : Antoine Rivard-Déziel

Après trois semaines de résidence au Centre d’artistes Vaste et Vague de Carleton-sur-Mer, l’artiste Rodolphe-Yves Lapointe, qui exploite différentes formes de l’art action, invite le public à assister à sa performance vendredi à la salle Desjardins du Quai des arts.

Originaire de Matane, M. Lapointe pratique depuis plus de six ans l’art action, un mode d’expression artistique où le corps en mouvement, combiné à l’utilisation d’objets, forment des œuvres singulières. Le résultat n’est pas fixe ni tangible comme un tableau ou une photo, mais plutôt une «performance» unique animée par le «sentiment du moment», a expliqué M. Lapointe, lorsque rencontré dans sa galerie.

Dans le cadre du projet issu de sa résidence à Carleton-sur-Mer, intitulé Déclinaisons synesthésiques, M. Lapointe souhaite faire évoluer son concept de TextActions, soit l’exécution d’une suite d’actions exprimant des mots et des lettres par les gestes, le son et la manipulation d’objets. Son but : réaliser une œuvre qui exprime la difficulté des êtres humains de se faire comprendre.

«C’est une sorte de déconstruction du langage. Ayant fait carrière en traduction, j’ai toujours aimé la communication et la transformation des formes d’expression, ce qui se reflète sur mon travail», dit-il en parlant de son évolution artistique.

Cette fois, M. Lapointe explore les possibilités de sonorisation du braille, le système d’écriture à points saillants tactiles pour les personnes non voyantes. «Plutôt que de traduire d’une langue à une autre, je traduis le système braille en une série de sons. Bref, je transmets l’expression braille sous une autre forme», explique M. Lapointe.

Pour ce faire, l’artiste s’est inspiré du système de l’alphabet braille pour créer une «plaque braille» faite d’élastiques, de bois et de six casseroles. Chacune de ces six casseroles représente un point de l’alphabet braille et occasionne un son lorsque frappée par une partie du corps (voir la vidéo). Chaque coup équivaut à l’expression sonore d’une lettre. «J’ai écrit un texte, intitulé La résistance, que je livre de cette façon avec mon corps, des objets et des sons. C’est ce qu’on appelle l’alphabétisation de l’art action», précise-t-il.

Une interprétation électroacoustique

Le passionné de l’art action n’est pas seul dans ce projet. L’artiste montréalais, Alexis Bellavance, s’est récemment joint à lui. L’essentiel de son travail est de transformer les sons acoustiques de M. Lapointe en des sons électroacoustiques. «J’interprète la livraison de Rodolphe-Yves et j’en fais une création électroacoustique retransmise en temps réel quand il performe», explique M. Bellevance.

Cette collaboration, soutient M. Lapointe, ajoute au sens de l’œuvre. «Ça exprime bien les difficultés de communiquer, car c’est un filtre de plus. On part d’un texte écrit, traduit en braille, livré avec des gestes, des objets et des sons et, finalement, interprété par un autre artiste pour en faire des sons électroacoustiques», résume-t-il.

Les deux artistes présenteront le résultat de leurs explorations au public à la salle Desjardins du Centre d’artistes Vaste et Vague, au Quai des arts de Carleton-sur-Mer, le vendredi 27 janvier à 17 h 30.

1 commentaire

rodolphe-yves lapointe a écrit le 30 janvier 2012

Merci de ta contribution à la connaissance de l'Art action, Antoine. On en aurait besoin de plein d'autres dans ton genre. rodo

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