Politique

« Arrêtez de mépriser les régions » - François Roussy

Par Nelson Sergerie, journaliste, graffici.ca
François Roussy espère que les régions seront mieux comprises par les grands centres.

François Roussy espère que les régions seront mieux comprises par les grands centres. Photo : Nelson Sergerie

GASPÉ – Le maire sortant de Gaspé, François Roussy, estime que les régions sont toujours méprisées par les paliers de gouvernements supérieurs, deux ans après une sortie fracassante où il avait accusé le gouvernement du Québec et les parlementaires de nuire à leur développement.

Dans un testament politique livré avec franchise à GRAFFICI.CA, à quelques jours de son départ de la vie politique, il souligne qu'il reste beaucoup de travail à faire : « C'est sûr qu'à chaque fois, on réussit à positionner notre Gaspésie... mais le travail n'est pas fini. Il y a encore trop de préjugés, trop de désinformation par rapport aux régions. Il y a trop de clivages entre les urbains et les ruraux », explique M. Roussy.

Il souligne que les régions ont besoin des grands centres, mais les grands centres ont aussi besoin des régions. « Oui, les régions vont devoir au cours des prochaines années donner des coups de gueule, à se défendre et à arrêter de se faire mépriser, de se faire manquer de respect. La désinformation fait en sorte qu'il y a une vision tellement négative des grands centres par rapport à nous autre », ajoute M. Roussy.

« Les grands centres, c'est la force, c'est l'innovation, ce sont les centres de recherches. La richesse? Ce sont les régions du Québec. Ce sont les ressources humaines, les ressources naturelles, l'énergie. Tu as la force et la richesse. On peux-tu travailler ensemble? »

Pour lui, les ruraux devront se positionner parce que « les chiffres sont là. Ça fait 30 ans qu'on est moins développé ».

Des « nananes » pour les régions

Selon lui, les régions ne sont pas dans les grandes enveloppes budgétaires du gouvernement, que ce soit la santé, l'éducation, les transports, l'économie.

« Il n'en demeure pas moins que dans les grandes enveloppes, les régions ne sont pas là. Lorsque vous allez chercher votre petit « nanane », vous êtes contents. On obtient de petites politiques et on est content », explique M. Roussy.

« On passe à côté de grandes possibilités de développement », avance-t-il.

Un bon coup et un mauvais coup

Sur la scène municipale, François Roussy avoue humblement être déçu de ne pas avoir été chercher tout l'argent que la Ville de Gaspé aurait dû obtenir de la part du gouvernement fédéral.

« Je l'ai fait, mais je n'ai jamais réussi à aller chercher ce que je pense que Gaspé et la Gaspésie auraient dû obtenir de la part du gouvernement fédéral », indique M. Roussy.

Son bon coup? « C'est sans aucun doute, c'est le fait d'avoir construit une équipe d'élus et de citoyens qui ont travaillé ensemble. Une collaboration extraordinaire dans les projets. Quand on est divisé, on se bat quartier par quartier. C'est tellement mauvais pour le développement », analyse-t-il.

Pas une « belle-mère »

François Roussy n'a pas l'intention de jouer « à la belle-mère » après son départ de la mairie. Toutefois, il estime que le prochain conseil devra mettre en priorité la question de l'eau potable. « Le gros défi à Gaspé dans les prochaines années, qui va coûter cher. C'est pour ça que je me suis entêté à ne pas accepter une subvention de 50 %. C'est important qu'on reçoive au moins 75 % minimum. Rimouski a eu 75 %, Baie-Comeau a eu 80 % », propose M. Roussy au nouveau conseil.

Il ne veut pas encore se prononcer concrètement sur son avenir personnel, soulignant qu'il est en réflexion sur les différents projets à élaborer. Il souhaite toutefois demeurer à Gaspé.

13 commentaires

Louis-Patrick St-Pierre a écrit le 1 novembre 2013

Monsieur Jean-François Samuel, je vous invite à lire un peu plus sur l'idée des Conseils régionaux. J'aimerais beaucoup vous l'expliquer pour vous montrer comment je vois l'autonomie régionale, mais je crains que l'espace ici ne soit pas suffisant. Si ça vous intéresse, ajoutez-moi sur Facebook !

Madeleine Tremblay a écrit le 1 novembre 2013

@MSamuel . On peut dire aussi que bien de l'argent est envoyé en ville de la part des parents en région pour la poursuite des études de leurs enfants . Faisant vivre chauffeurs taxis, propriétaires d'immeubles, épiceries etc..

Gilles Thibodeau a écrit le 31 octobre 2013

Bonsoir M.Roussy . Vous savez monsieur je vous aime bien , loin de moi l'idée de contredire vos propos puisqu'ils font plaisir à 1% de la population. Toutefois si c'est pour vous faire du capital politique je vous lance le défi de l'investiture Libéral dans Gaspé ,vous voyez je suis gentil j'aurais pu écrire Option National . ;-) Gilles Thibodeau Pabos.

John leblanc a écrit le 31 octobre 2013

M.Samuel on paie pas mal pour les supposés grands centres , pour votre transport en commun ,on vous fourni de l'électricité et on pourrais en dire plus. Donc pour votre per capita on pourra se reparler on paie les même impôts pour le système de santé mais on n'a pas les même services ici souvent il faut s'exiler pour recevoir certain services ex oncologie.etc donc pour ton per capita il faudra en reparler. Quand il y a eu la tempête du verglas qui est venu vous sortir de la mard!!! Des gens des régions. Donc quand même un peu de respect .

Gaston Langlais a écrit le 31 octobre 2013

Bonsoir, @ M. Jean-François Samuel. Je crois que vous ne pouvez pas comprendre la dynamique des régions. Je vous recommande deux de mes textes de fond sur le sujet: "Faudra t-il remettre la Gaspésie à Dame Nature" et un autre publié même à Paris "L'enfer gaspésien". Ça va vous aider. Gaston Langlais - Gaspé.

Jean-Francois Samuel a écrit le 31 octobre 2013

@John Leblanc Ça peut ben allez mal. Sérieusement je pensais que vous vendiez vos ressources comme tout le monde??? Je suis très étonné d'apprendre que vous les donnez. Sérieusement que voulez vous dire? Je vais faire un retour sur ma 1ère intervention, c'est facile de faire du millage sur le dos des grands centres en disant qu'ils méprisent les régions et tout aussi facile de dire que les régions ne reçoivent que des nananes. En absolu oui la Gaspésie reçoit moins que Montréal ou Québec du gouvernement mais per capita les transferts sont plus élevés. C'est la réalité et vous ne pouvez le nier. De là à bien gérer l'argent sur le terrain c'est une autre histoire. Et là-dessus il n'y pas une région plus qu'un autre qui peut faire de leçon à personne sur la bonne gestion. Les décisions sont centralisées à Québec et Ottawa et ça nuit autant à Gaspé qu'à Montréal.

john leblanc a écrit le 31 octobre 2013

M.Samuel c'est quoi votre logique avec les grands centres . Comme M.St-Pierre et Langlais je crois que vous faire payer pour ce qu'on vous fourni en ressource naturel pourrais nous rapporter bien des $$$$ mais cela est hypothétique donc qui profite le plus de l'un ou l'autre est très difficile a dire

Jean-François Samuel a écrit le 31 octobre 2013

Idem pour votre commentaire. Vous démontrez une aussi grande incompréhension des grands centres que ma supposée incompréhension des régions. L'ONU est un organisme dysfonctionnel alors si c'est votre base de référence on ira pas loin.

Gaston Langlais a écrit le 31 octobre 2013

Bonjour, @ M. Jean-François Samuel. Je n'ai pas le temps d'en écrire bien long. Vous vous comportez comme un urbain qui n'a aucune connaissance des régions. Que feraient les grands centres sans les ressources des régions? Les Montréalais ne peuvent pas se remplir le ventre avec du ciment et de l'asphalte. Pensez seulement à l'électricité qui est fournie par les régions les plus éloignées du Québec. Votre conception de la représentation électorale ne tient pas la route. Aux Nations-Unies, le vote des Israéliens a le même poids que celui des États-Unis qui comptent pourtant 40 fois plus d'habitants. Est-ce que les Chinois disent aux Juifs que leur vote vaut 150 fois le leur? Je pense que vous manquez un peu de réalisme, c'est dommage. Gaston Langlais - Gaspé.

Jean-François Samuel a écrit le 31 octobre 2013

@Louis-Patrick St-Pierre Qu'entendez vous par autonome? C'est problématique d'être autonome quand tu n'es pas autosuffisant. La grande majorité des "régions" génèrent moins d'argent en taxes et impôts que ce qu'elles en reçoivent. C'est ce qui a mené à la création du programme de péréquation tant décrié ces jours-ci par l'Alberta et la Saskatchewan. Des fois il faut faire attention à ce que l'on souhaite car ça pourrait arriver. La problématique est plus compliquée que l'autonomie de la région vs. les grands centres. Les gens des grands centre pourraient vous répliquer que les régions sont sur-représentées à l'assemlée nationale et à la chambre de communes par rapport à leur population ce qui fait que lors de campagnes électorales les nananes vont en région. Par rapport à la population les régions reçoivent plus par tête de pipe que les grands centres en transfert gouvernementaux. C'est valide pour toutes les provinces et non seulement le Québec.

Louis-Patrick St-Pierre a écrit le 31 octobre 2013

Monsieur Roussy met le doigt sur le bon bobo, mais ce n'est pas en mendiant toujours aux paliers gouvernementaux que nous pourrons mieux nous développer. L'état de fait actuel, notamment dans la structuration, fait que nous sommes traités comme des "fardeaux". Il faut revoir cela absolument par un changement en profondeur qui va rendre chaque région autonome. De plus, le terme de "mépris" s'explique encore plus lorsque l'on constate que ce même libellé de "région" n'est donné qu'à celles éloignées des grands centres, alors que Capitale-Nationale et Montréal sont des "régions administratives" comme les autres.

Madeleine Tremblay a écrit le 31 octobre 2013

Bien d'accord avec l'analyse politico-économique de François Roussy. Cette vision des régions se vit aussi au niveau culturel, éducatif, transports, etc ..Faut dire que les médias et décideurs se trouvent à Québec , Montréal ou Ottawa : loin des yeux loin du cœur. Il est vrai que la protection de l'eau potable est un grand défi ici comme ailleurs dans le monde .Bravo au maire Roussy pour son implication en environnement et soutien au transport du train Via. J'ajouterais qu'une grande richesse en Gaspésie est notre beau paysage habité, accessible et sécuritaire .

Jean-François Samuel a écrit le 31 octobre 2013

IL prépare son entrée en politique provinciale......Il va faire du millage avec le "mépris" subis par les régions.

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