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Architecture vernaculaire: deux Gaspésiens récompensés

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Susan Kern, présidente du Vernacular Architecture Forum est entourée des lauréats des prix, Rémi Cloutier et Vincent Malouin.

Susan Kern, présidente du Vernacular Architecture Forum est entourée des lauréats des prix, Rémi Cloutier et Vincent Malouin. Photo : Gracieuseté Jean-Marie Fallu

GASPÉ- Les bâtisses restaurées par la Famille Cloutier et par Vincent Malouin ont été récompensées lors de la 34e édition du forum international d’architecture vernaculaire à Gaspé. Les organisateurs tirent un bilan positif de cet événement qui se déroulait pour la première fois au Québec.

Susan Kern, présidente du Vernacular Architerture, a remis vendredi à Gaspé deux prix soulignant des actions exemplaires en matière de préservation et de mise en valeur du patrimoine gaspésien.

La Famille Cloutier a reçu cette distinction internationale pour la restauration de l’ancien Magasin général Robin, de L’Anse-à-Beaufils. Le bâtiment, construit en 1928, est ouvert au public depuis 2001.

Vincent Cloutier avait quant à lui sauvegardé un entrepôt frigorifique de L’Anse-au-Griffon datant de 1942, avec le soutien d’un comité citoyen. Le Centre culturel Le Griffon a ouvert ses portes en 2005 après deux ans de rénovation. Il est aujourd’hui rentable.

Ces deux bâtisses avaient déjà reçu des distinctions au niveau provincial.

Peu de Québécois

Le président de Patrimoine Gaspésie, qui avait la charge de l’organisation locale, Jean-Marie Fallu, se dit très satisfait du déroulement de l’événement. Leurs objectifs ont été atteints pour un forum qui se déroule habituellement aux États-Unis. Au total, 200 personnes se sont inscrites. Plus de la moitié des inscriptions payantes ont été souscrites par des Américains.

L’organisation a aussi remarqué une bonne participation des Gaspésiens aux discussions du vendredi. Seul bémol : «on est un peu déçus qu’il y n’y ait pas eu plus d’agents des CLD, d’urbanistes, d’aménagistes gaspésiens ou québécois en dehors de ceux de Percé et Gaspé, à s’inscrire aux visites payantes,» estime Jean-Marie Fallu. «C’est un sujet qui les concerne directement et ça se passe chez eux,» explique-t-il.

Confronter les points de vue

Les participants ont apprécié les visites du patrimoine domestique gaspésien, dont celles de bâtiments privés et fermés au public. Des remarques sur la gestion du patrimoine ont émergé de ces échanges internationaux.

«Certains étaient étonnés de l’absence de circuit touristique autour de l’architecture,» raconte M. Fallu. Selon lui, un lien entre le ministère de la Culture et celui du Tourisme serait à établir pour mieux sauvegarder et mettre en valeur le patrimoine bâti.

«Les Américains ont trouvé qu’il y avait une forte coupure entre les activités liées au patrimoine bâti qui n’ont plus cours et les faibles connaissances qu’ont de ces traditions la jeunesse d’aujourd’hui, dont les jeunes arrivants,» dit-il, en préconisant une relation intergénérationnelle plus forte. La question du manque de fondations vouées au financement permettant la rénovation de maisons anciennes, comme le fonds créé par Patrimoine Gaspésie, a aussi été soulevée.

«Nous aimerions davantage faire connaître les réflexions que nous avons eu, peut-être, par une tournée d’information,» indique M. Fallu. Selon lui, les retombées économiques sont estimées à plus de 150 000 $.

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