Développement économique et exportation

Appel d’offres éolien : plus d’investissements en Gaspésie, et plus tôt

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Des usines comme LM Wind Power, qui fabrique des pales à Gaspé, éviteront un « trou » dans leur carnet de commandes.

Des usines comme LM Wind Power, qui fabrique des pales à Gaspé, éviteront un « trou » dans leur carnet de commandes. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ – Québec revoit à la hausse les exigences d’investissements sur la péninsule dans son appel d’offres de 450 mégawatts (MW) d’énergie éolienne. Le gouvernement devance aussi d’un an le délai de livraison des parcs, révèle le règlement publié mercredi.

Le projet de règlement publié en août fixait les échéances aux 1er décembre 2017 et 2018; ces dates sont ramenées fin 2016 pour 100 MW et fin 2017 pour 350 MW. « C’est important pour nos usines, ça assurera une continuité dans le carnet de commandes », réagit Frédéric Côté, directeur du TechnoCentre éolien.

 

Les promoteurs devront investir 35 % du coût des éoliennes en Gaspésie et dans la MRC de Matane, comparativement à 30 % lors des derniers appels d’offres.

 

Dans un domaine où la machine compte pour deux tiers des coûts d’un parc, ce 5 % fera une différence, croit M. Côté. « Par exemple, un turbinier pourrait devoir travailler avec deux usines de notre territoire plutôt qu’une seule. »

 

Quant aux dépenses au Québec, elles devront représenter 60 % des coûts du projet, la même proportion que dans le passé.

 

Des pièces « stratégiques »

 

Québec incite l’industrie à fabriquer en Gaspésie des « composantes stratégiques » comme des convertisseurs électroniques, des génératrices ou des systèmes de freinage. Hydro-Québec devra accorder « un poids très significatif » à ce critère dans la grille de sélection, commande le règlement.

 

Pour l’instant, la plupart des emplois manufacturiers en Gaspésie sont liés à la fabrication de pales et des tours, même si une partie des convertisseurs d’éoliennes est assemblée à New Richmond et Matane.

 

Lignes de transport : pas réglé

 

Les communautés locales pourront se contenter de contrôler 50 % des projets. Au-delà, les règles imposées aux municipalités auraient compliqué les choses, avaient plaidé les élus de la Gaspésie.

 

La Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine continue toutefois de craindre que la capacité limitée du réseau de transport d’électricité de la région nuise aux projets gaspésiens. L’organisme se dit « inquiet » que ce problème, qui a « désavantagé » la Gaspésie dans le passé, ne soit toujours pas réglé.

 

Le règlement fixe à 5000 $ par MW la somme à verser à la municipalité ou à la MRC où les éoliennes s’élèveront. C’est plus de deux fois les meilleures redevances versées en Gaspésie dans les derniers parcs éoliens construits.

 

Prix plafond : moins d’incertitude

Le prix plafond imposé aux promoteurs est abaissé de 9,5 ¢ à de 9,0 ¢ du kw/h, mais exclut maintenant les coûts d’équilibrage, c’est-à-dire les coûts des services qui compensent la variabilité de la production éolienne. Un détail qui « enlève une incertitude » pour les promoteurs, croit Jean-François Nolet, de l’Association canadienne de l’énergie éolienne.

 

M. Nolet estime que l’appel d’offres « envoie un signal important », mais son association recommande à Québec de commander de 350 à 500 MW par an entre 2018 et 2025 pour « favoriser la croissance et l’enracinement » de l’industrie éolienne au Québec

 

Des 450 MW de parcs communautaires, 300 seront érigés au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. Les 150 MW restants pourront l’être dans l’ensemble du Québec. Hydro-Québec devra lancer l’appel d’offres au plus tard le 31 décembre.

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