Santé, services sociaux et communautaire

Accès sages-femmes Baie-des-Chaleurs insatisfait

Par Julien Sorsi, graffici.ca
Le CSSS de la Baie-des-Chaleurs mettra sur pied un comité pour baliser le travail d'une sage-femme qui intègrera l'équipe d'obstétrique en respect des lois professionnelles d’ici un an.

Le CSSS de la Baie-des-Chaleurs mettra sur pied un comité pour baliser le travail d'une sage-femme qui intègrera l'équipe d'obstétrique en respect des lois professionnelles d’ici un an. Photo : Julien Sorsi

MARIA — Marie-Josée Racine, la porte-parole d'Accès sages-femmes, considère que la sage-femme qui sera engagée par l'hôpital de Maria sera restreinte dans son travail si elle ne peut pas procéder aux accouchements à domicile. 

Mme Racine espère que la direction de l'établissement fera un compromis pour permettre l'accouchement à domicile ou dans une éventuelle maison de naissance à l'intérieur d'un rayon d'une distance raisonnable de l'hôpital.

 

À l'été 2012, le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) de l'hôpital de Maria se dit contre l'accouchement à domicile, puisque le Collège des médecins du Québec (CMQ) ne l'autorise pas pour les médecins.

 

Selon Marie-Josée Racine, l'Ordre des sages-femmes du Québec n'acceptera pas que la future sage-femme engagée par l'hôpital de Maria se contente de faire des accouchements en milieux hospitaliers. « La sage-femme doit avoir un pouvoir décisionnel semblable à celui des médecins. Bien sûr, toutes les grossesses à risque sortent du champ de pratique de la sage-femme. »

 

Pour la Dre Christine Beaudet, gynécologue-obstétricienne au Centre hospitalier régional de Rimouski, dans un monde idéal, les sages-femmes devraient être intégrées à l'hôpital. « Nous avons des formations différentes, les sages-femmes ne sont pas formées pour déterminer quand il est nécessaire de procéder à une césarienne. » Elle ajoute qu'elle considère que la maison de naissance qui se trouve à Mont-Joli est trop loin de l'hôpital.

 

Catherine Doiron est une sage-femme qui pratique à Chicoutimi. Originaire de Newport, elle aimerait revenir travailler dans la région. Elle a d'ailleurs écrit à Jean-Philippe Legault, le directeur général du Centre de santé et des services sociaux (CSSS) de la Baie-des-Chaleurs, pour manifester son intérêt pour le poste qui sera créé d'ici un an. Mme Doiron se dit également intéressée à participer au comité de travail pour baliser et définir les modalités du projet.

 

« Je crois qu'il est possible de travailler en interdisciplinarité. Jusqu'à maintenant, je n'ai pas fait d'accouchements, mais j'ai assisté à de nombreux accouchements pendant mes stages. Bref, j'ai suivi une formation pour détecter les situations anormales » précise-t-elle.

 

Catherine Doiron estime le salaire annuel d'une sage-femme à 60 000 $ par année quand elle travaille à temps plein. Pour M. Legault, il est difficile de justifier l'implantation d'une maison de naissance à proximité de l'hôpital compte tenu du faible taux d'accouchements, de la superficie du territoire desservi par le CSSSBC, de l'absence d'un gynécologue-obstétricien à Maria et du déséquilibre budgétaire actuel.  

12 commentaires

Caroline Couture a écrit le 4 août 2014

Le propre de la sage-femme au Québec est de permettre à la femme de faire ses propres choix en matière d'accouchement. Elle pratique donc en maison de naissance, à domicile et à l'hopital. Le choix est essentiel pour que la femme puisse s'approprier son accouchement, plutôt que d'être prise en charge à tout point de vue. Et non, une sage-femme ne fait pas que 2-3 accouchement par année, mais plutôt autour de 40, voire 50. Quand on sait que plus de 10% des femmes souhaiteraient accoucher avec une sage-femme (quand on leur pose la question de façon objective), on voit bien le besoin criant, dans plusieurs régions de la province. Dans la région de Montréal, les listes d'attentes des maisons de naissances débordent. Et partout où un service sage-femmes s'implantent, c'est qu'il y a eu une volonté citoyenne et donc, une demande des femmes. Et non, accoucher à domicile n'est pas moins sécuritaire qu'un accouchement à l'hôpital (vérifier vos sources). Pour une clientèle semblables (soit les grossesses à faible risque puisque ce sont uniquement celles-là que les sage-femmes suivent), les taux de morbidité et de mortalité sont semblables et même légèrement meilleurs qu'à l'hôpital. Et je suis bien triste pour vous messieurs Richard Duguay et Jean-François, que vous fassiez plus confiance en la médecine qu'en le pouvoir de vos femmes de donner naissance par leurs propres moyens! Vous manquerez toute une dimension de votre conjointe, toute la force qu'une mère peut déployer pour son enfant, concentré en l'évènement extraordinaire qu'est un accouchement parfaitement naturel.

Cécile a écrit le 27 janvier 2014

Sagesse, retenu, ou habitude qu'il y ait peu de femmes qui se soient exprimées dans le fil des commentaires? Pour ma part, je trouve l'article écrit pour mener à de conclusions et divergences d'opinions basés sur des faits et commentaires flous assez classiques. J'anticipe un meilleur article et du respect stimulant des communications saines pour des solutions saines en société. Que la compassion naisse dans le quotidien :)

Bilbo Cyr a écrit le 27 janvier 2014

@ Samuel. C'est pour ça que la sage-femme est formée pour déceler les grossesses "à risque". Celles-ci se font à l’hôpital. De toute façon, que vous et moi en discutions est semi-pertinent. C'est une question de choix qui appartient aux femmes. Si certaines ne veulent pas accoucher à l’hôpital et se sentent mieux de le faire à la maison, elles le feront de toute façon. Est-ce qu'on se donne collectivement des moyens pour que ce soit fait de façon sécuritaire?

Jean-francois samuel a écrit le 26 janvier 2014

@bilbo Cyr Accoucher à la maison ça va bien jusque ça aille mal. Les anecdotes familiales ne font pas des statistiques fiables. La mortalité infantile et maternelle était beaucoup plus élevée lorsque les accouchements se faisaient en majorité à la maison.

Bilbo Cyr a écrit le 26 janvier 2014

Une maison des naissances. C'est une bonne idée, mais c'est un autre projet en soi. Ce dont il est question ici, c'est que les femmes qui le souhaitent puissent faire le choix d'accoucher à la maison, avec l'accompagnement d'une sage femme. Dans le plupart des pays du monde, c'est chose commune. Ce n'est ni ésotérique ni excentrique. Ça n'a rien de nouveau. Ma grand-mère a eu dix enfants à la maison. Le docteur se déplaçait pour assister. Le savoir-naitre était plus répandu à ce moment. Une grossesse, ce n'est pas, à priori, un problème médical. Les hôpitaux sont pleins et les médecins débordés. L'accès à une sage-femme pourrait atténuer une partie du problème. Le fait qu'elle pratique ici ou là est balisé par l'ordre des Sages-Femmes. http://www.osfq.org/

John leblanc a écrit le 26 janvier 2014

M.Cyr dans le grand nord il y a un manque d'effectif médical . Ici il n'empêche pas la pratique de sage femme. Est ce qu'il faut investir dans la construction d'une maison de naissance c'est la que le bas blesse. La faible tôt de naissance ne justifie pas cette construction . Je trouve la proposition de M.Samuel très acceptable . Bonne journée

Jean-Francois Samuel a écrit le 25 janvier 2014

Je n'ai rien contre les sages femmes mais qu'elle est la priorité de santé publique d'avoir ce service? Accoucher avec la sage femme à l'hôpital dans une chambre de naissance bien aménagée me semblerait un compromis acceptable.

Richard Duguay a écrit le 24 janvier 2014

Mon premier commentaire suite à un article du Graffici... fallait bien que ça porte sur les sages-femmes! Je suis papa de deux enfants et pour être bien honnête, jamais il n'a été question pour ma conjointe et moi qu'elle accouche ailleurs qu'à l'hôpital. Je suis bien pour la liberté de choix, mais j'ai de la difficulté à comprendre pourquoi quelqu'un voudrait accoucher chez soi plutôt que dans la sécurité du centre hospitalier, où une équipe de gens formés et équipés est prête, en permanence, à répondre rapidement à toute complication. Personnellement, je n'aurais pas aimé être très loin de l'hôpital lors des deux accouchements; parfois quelques minutes peuvent faire la différence dans la condition de l'enfant et/ou de la mère. Je doute aussi du nombre d'accouchements qui seront faits par une sage-femme... les accouchements ne sont pas nombreux en premier lieu, alors je me demande ce sera combien de femmes exprimeront concrètement le désir d'y aller par voie de sage-femme. Sans que cela soit scientifique, j'ai interrogé les mères de mon entourage, âgées de la vingtaine à la fin cinquantaine, et aucune d'elle n'a exprimé ce vœu... Je comprends la position du CSSS BDC; je ne crois pas que ce soit contre un service de sage-femme mais bien par priorisation que cette décision ait été prise. S'il est vrai que 60 000$ c'est moins dispendieux que le salaire d'une gynécologue, si 60 000$ sert à 2-3 accouchements par année, ça fait pas mal cher l'accouchement! Pour ce qui est de la situation dans le Grand Nord, peut-être est-ce une situation qui s'explique par le contexte culturel. J'en profite pour souligner le professionnalisme et le haut niveau d'équipement de l'équipe d'obstétrique du CSSS Rocher-Percé. Une visite des lieux et une rencontre avec l'équipe, constituée des références au niveau du Québec, est assez convaincante!

Bilbo Cyr a écrit le 24 janvier 2014

Ben pourquoi, d'abord, M. Leblanc, il y a des sages femmes dans le grand nord? Peut-être que le fond de la question, c'est que les accouchements sont une chasse gardée des médecins et du milieu hospitalier. Une sage femme coute moins cher qu'un médecin, et la carte bleue passe moins souvent quand une femme choisi d'accoucher à la maison. C'était une recommandation du précédent ministère de la santé que des sages-femmes puissent exercer leur pratique dans toutes les régions. Ce qui manque, ce n'est pas l'argent, mais la volonté.

John Leblanc a écrit le 23 janvier 2014

C'est justement Mme Tessier Colin ce service ne sera pas accessible a toutes les femmes mais à ceux qui demeurent près du Csssbc. Je crois pas que le débit d'accouchement soit assez élevé pour un tel service

Marie-Eve Tessier-Collin a écrit le 23 janvier 2014

C'est pourtant dans le droit de toutes les femmes d'accoucher à la maison si elles le choisissent, non ?

John leblanc a écrit le 23 janvier 2014

Bon pour une fois M.Legault est sage d'analyser la situation. Vrai que la superficie du territoire ne permet pas la construction d'une maison de naissance à l'extérieur du csssbc . Je ne peux concevoir l'embauche d'une sage femme à temps plein avec le débit de naissance plutôt bas dans la baie des chaleurs . Désolé mesdames

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