Éolien

450 MW éoliens : un retard qui s’étire

Par Geneviève Gélinas, journaliste, graffici.ca
Les 200 employés de LM Wind Power, à Gaspé, travaillent trois jours par semaine depuis mars.

Les 200 employés de LM Wind Power, à Gaspé, travaillent trois jours par semaine depuis mars. Photo : Geneviève Gélinas

GASPÉ – Les promoteurs éoliens devront patienter avant de déposer leurs soumissions à Hydro-Québec pour l’appel d’offres de 450 mégawatts (MW) d’énergie éolienne. Si ce retard ne fait pas paniquer l’industrie, il n’aide en rien les manufacturiers, dont certains souffrent d’un trou dans leur carnet de commandes.

La date limite de dépôt était prévue le 3 septembre. Hydro-Québec l’a reportée à une date indéterminée, puisqu’elle attend toujours une décision de la Régie de l’énergie sur sa grille d’évaluation des projets.

La Régie doit statuer sur une requête en irrecevabilité de l’Association québécoise des consommateurs industriels d’énergie (AQCIE), appuyée par l’Union des consommateurs. En audience en avril, ils ont plaidé que les 450 MW « ne sont ni nécessaires, ni utiles, ni justifiés ».

La Régie de l’énergie rendra sa décision « dans un proche automne » sur la requête de l’AQCIE, a indiqué une porte-parole. Si le dossier est jugé recevable, l’organisme pourra statuer très rapidement sur la grille d’évaluation, ajoute-t-elle.

« Pas la panique »

Le directeur du TechnoCentre éolien, Frédéric Côté, est confiant que la requête sera rejetée. « Le sentiment général est que dans le passé, des requêtes similaires ont été déposées et que les appels d’offres ont procédé quand même. »

« Ce n’est pas la panique dans l’industrie, indique M. Côté. Mais on espère que ça ne perdurera pas. […] On aurait aimé que le calendrier initial soit respecté. » Les carnets de commandes des manufacturiers souffrent déjà du fait que le processus d’appel d’offres ait été lancé sur le tard.

LM toujours au ralenti

Chez LM Wind Power, l’usine de pales de Gaspé, les employés travaillent trois jours par semaine depuis mars. Le directeur de l’usine, Alexandre Boulay, ne peut pas dire quand le travail reprendra à cinq jours par semaine. « Il est prématuré de spéculer à propos du plan de production à venir. »

La situation peut changer rapidement, ajoute M. Boulay. « En août, nous avons produit quelques pales additionnelles pour exporter au nord de l’Europe, ce qui nous a permis d’offrir un horaire de cinq jours de travail à 50 % de notre personnel. »

Chez Fabrication Delta de New Richmond, qui avait dû mettre à pied une grande partie son personnel l’hiver dernier, les 130 employés sont réembauchés. « On finit une production [de tours] pour le Québec et on en commence une pour le Maine », indique Élie Arsenault, directeur des opérations.

M. Arsenault aurait préféré que l’appel d’offres ne soit pas repoussé. Mais dans le cas de Delta, « on se tourne vers l’exportation et la diversification ». L’entreprise fabrique notamment des structures lourdes d’acier pour Ciment McInnis et des projets miniers sur la Côte-Nord.

Au moins 570 MW en préparation

Entre 570 MW et 805 MW de projets communautaires sont en préparation sur le territoire de la Gaspésie. Le retard « ne nous inquiète pas, réagit Richard St-Laurent, président de la Régie intermunicipale de l’énergie Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Ça nous permettra de peaufiner les projets qu’on prépare avec l’industrie. »

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