Affaires policières et juridiques

2013 marque les 50 ans du glissement de terrain de Tourelle

Par Johanne Fournier, journaliste, graffici.ca
Jacques, Fernand et Roland Therrien indiquent l'endroit où leurs quatre frères ont péri, il y a 50 ans, dans le « déboulis » qui a laissé une cicatrice béante dans le village de Tourelle.

Jacques, Fernand et Roland Therrien indiquent l'endroit où leurs quatre frères ont péri, il y a 50 ans, dans le « déboulis » qui a laissé une cicatrice béante dans le village de Tourelle. Photo : Johanne Fournier

SAINTE-ANNE-DES-MONTS – Le 11 décembre, plusieurs résidents du secteur de Tourelle, à Sainte-Anne-des-Monts, n'ont pu s'empêcher de penser au glissement de terrain meurtrier de 1963, dont le paysage a gardé la déchirure.

C'est le cas des trois frères des quatre victimes du terrible phénomène naturel. Jacques, Roland et Fernand Therrien se souviennent de ce que les Tourellois appellent « le déboulis ».

« Après le souper du 11 décembre 1963, l'électricité s'est mise à manquer, raconte Fernand, qui avait, à l'époque, 23 ans. Je voyais le feu dans les poteaux. J'ai entendu parler qu'un “déboulis” venait d'arriver. Je suis allé voir. Il y avait un précipice. On m'a dit qu'il y avait un camion de tombé. J'ai tout de suite pensé à mes frères. Je les ai cherchés, mais je ne les trouvais pas. »

En peu de temps, la maison de la famille de Gérard Vallée glisse dans l'abîme et prend feu. La dizaine de personnes qui s'y trouvaient ont le temps d'évacuer. Presque en même temps, le sol argileux se dérobe sous une autre résidence, pour se retrouver à la mer. Son propriétaire, Norbert St-Laurent, dormait. « Ils sont venus le chercher dans le fleuve », se rappelle encore Fernand. La maison de Georges Pelletier subit le même sort.

« La glaise est rentrée dans le Café La Tourelle, propriété d'Alfred Ross, poursuit Jacques, qui avait 22 ans. Tout le monde a eu le temps de sortir. Le camion qui était à côté est tombé dans le cratère. »

Une auto, dans laquelle prenait place un couple, Sylvert Miville et Ghislaine Ross, verse dans le gouffre. Ils ont pu être secourus. Mais Jean-Baptiste, Raymond, Onésime et Benoit Therrien, qui circulaient en camion-benne, ont moins de chance. « Ils sont morts sous l'impact », présume le cadet de la famille Therrien, Roland. Ils étaient âgés de 20 à 32 ans.

En tout, 9 maisons seront envasées, renversées sur le toit ou déplacées de leur fondation. Par la suite, 21 autres ont dû être démolies ou déménagées.

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