Pour un régime d'imposition progressif!

Dans ma chronique du 20 mars 2012, j'ai illustré l'énorme manque à gagner de 1% dans le dernier budget québécois. Un manque de cohérence et de rigueur est ici clairement démontré et je continu à prétendre qu'il s'agit d'un budget davantage électoraliste qu'économiste. Récemment, j'ai eu la chance de tomber sur une critique du livre « Sortir de l'économie du désastre » publié chez M. Éditeur. Ce livre se veut une réflexion sur l'économie et la fiscalité québécoise et notre rapport avec cette même économie et cette même fiscalité.

Tous gouvernements confondus, depuis ces 20 dernières années, ont essayé de ménager « la chèvre et le choux » en taxant et imposant beaucoup moins vite que l'accroissement de notre PIB et pourtant la marge de manœuvre existe et elle est connue. Les auteurs soulignent, par exemple, que les revenus tirés de l’impôt sur le revenu des particuliers ont progressé d’à peine 6 %, alors que le PIB progressait de 27,7 %.

Sans prôner la parité et faudrait, au moins, une progression équivalente. Pourtant, le fardeau fiscal des Québécois est l'un des plus lourds au Canada. Lorsque M. Charest prétend que les Québécois ont plus d'argent dans leurs poches depuis l'arrivée au pouvoir des Libéraux en 2003, il faut distinguer de quels Québécois ils parlent. Si le régime d'imposition a progressé de 6% depuis 2007 comparativement au 27,7% de notre PIB, c'est parce que c'est la classe moyenne qui en absorbe la plus grande partie. Pour expliquer le paradoxe entre la situation financière de la plupart des ménages québécois avec ce PIB anormalement haut, c'est qu'il y a une dégradation évidente de cette même classe moyenne. Bref, une partie importante de cette classe s’enlise progressivement vers la pauvreté tandis que la classe la plus riche s'enrichit davantage. Afin de rétablir l'équilibre, il est donc important d'implanter un régime d'imposition progressif adapté à la situation financière de l'ensemble des classes économiques du Québec.

Il est plus que temps que les entreprises québécoises, ou présentent sur le sol québécois, soient imposées selon un indice progressif, eux qui contribuent beaucoup au 27% du PIB mais si peu au régime d'imposition de 6%. Éviter de me jeter trop vite la pierre « communiste » ou le spectre du sacro-saint « maintien de la compétitivité » de nos entreprise sur la scène économique mondiale. Jamais leur régime d'imposition n'a été aussi généreux et pourtant, lorsqu'elles le peuvent, elles déménagent leurs actifs à l'étranger où la main-d’œuvre est moins chère. Ce n'est donc pas une question fiscale, mais bien une question de coût directs à la production.

En imposant progressivement les plus grosses fortunes québécoises, la pression sur la classe moyenne diminuera et notre situation financière s'améliorera, personnellement et collectivement.

4 commentaires

Julie Savoie a écrit le 5 juin 2012

Pour moi, les parasites de notre société sont plutôt les très très riches particuliers et entreprises qui sucent notre société au sang, en profitant de tous les avantages payés à même les revenus d'impôts, tout en refusant de contribuer proportionnellement à ces impôts en fonction de leur profit, qui sont justement faits sur le dos de la société. Il faudrait arrêter de focaliser sur les prestataires de l'aide sociale, qui ne représentent que 5.8% de la population, et qui accaparent 1.1% du PIB. Le problème concerne la redistribution des richesses, et l'impôt juste et progressif est la meilleure solution applicable à court terme. De plus, les prestataires de l'aide sociale dépensent et réinjectent immédiatement leur argent dans l'économie, ils y participent aussi à ce titre (au lieu de l'investir à l'étranger, de participer à la fuite des capitaux et l'évasion fiscale). Je pense que ceux qui critiquent les prestataires de l'aide social tombent dans le panneau du gouvernement et des très très riches. Les prestataires de l'aide sociale sont un écran de fumée formidable pour catalyser la colère ou le ressentiment de ceux qui n'ont pas compris qui sont les vrais voleurs de notre société.

Benoît Cayouette a écrit le 15 avril 2012

**Une part énorme du budget de l'état est consacré a l'aide sociale, soit directement ou indirectement par les logements sociaux, les crédits d’impôts, les garderies a 7$ pour les bénéficiaires de l'aide sociale.** Concernant les garderies à 7$, il s'agit d'une mesure rentable et à plus d'un niveau. Plusieurs le disent; les derniers en liste étant Pierre Fortin, Luc Godbout, et Suzie St-Cerny de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke. Leurs conclusions concernant les garderies à 7$ sont les suivantes: il s'agit d'un investissement qui a contribué à l'essor des femmes sur le marché du travail et aide particulièrement les femmes les plus pauvres; il augmente la productivité. Il améliore le niveau de vie des familles et il aide à corriger les inéquités du marché du travail etc. La cerise sur le sundea: il rapporte 4 milliards par la bande (taxes et impôts générés par son impact sur l'économie québécoise), ce qui bien au-delà du coût net du programme, qui était de 1,6 milliard en 2008. Bref, c'est probablement la meilleure mesure gouvernementale des 30 dernières années au Québec. Un programme parfait? Bien sur que non. Les besoins demeurent plus importants que l'offre ce qui n'est pas sans causer des frustrations (légitimes par ailleurs) chez certains parents en *attente*. Mais l'impact positif global du programme devrait faire en sorte qu'on ne devrait pas, même indirectement, en remettre l'existence en question. Pour les détails: http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/201204/13/01-4514921-les-garderies-a-7-sont-rentables-pour-le-quebec.php

Bilbo a écrit le 15 avril 2012

Et si on récupérait ce qui part se cacher dans les paradis fiscaux, et qui est souvent la part que les très riches doivent à l'état? Et si on imposait une taxe sur le capital généré par les transactions financières spéculatives? Et si on profitait de nos ressources au lieu de payer pour les donner à des multinationales? Ce ne sont peut-être pas non plus des panacées, mais ca permettrait au moins de préserver le filet social. Dire que l'aide sociale coute cher, c'est voir la situation sous un seul angle. L'absence d'aide sociale couterait encore plus cher. Au lieu de toujours chercher l'argent où il n'est pas, comme dans les poches des étudiants, il serait socialement plus cohérent de faire payer aux très riches leur juste part. Or ceux-ci sont souvent très proche de ceux qui prennent les décisions, mais ça, c'est un autre débat.

Steve Fisher a écrit le 13 avril 2012

Je suis en accord avec toi Sébastien mais taxer plus les riches ne réglera pas le problème en entier.. Nous devons motiver les sans emplois volontaires a quitter l'aide social et a rejoindre le marché de l'emploi. Les statistiques confirme que 1 habitant de l’île de Montréal sur 10 vie de l'aide sociale. Ces trop... beaucoup trop. De pus, aucune statistique le prouvent, mais une large part des bénéficiaires de l'aide sociale travaillent au noir. Une part énorme du budget de l'état est consacré a l'aide sociale, soit directement ou indirectement par les logements sociaux, les crédits d’impôts, les garderies a 7$ pour les bénéficiaires de l'aide sociale. Le ménage doit etre fait dans tout ces programmes et réserver l'aide sociale a long terme seulement au gens qui en on vraiment besoin et qui, actuellement son sous financer a cause des abus fait par les parasites de notre société. Tous ces mesures ensembles pourrait, je croit, améliorer .notre score provincial.

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