Mon rêve de société
Si vous me le permettez, j'aimerais partager avec vous un rêve : un rêve de société.
Il est important de le mentionner, ce «rêve» pour moi, est bien ancré dans le réel, dans le quotidien. C'est l'espoir d'arriver, à partir de ma perception d'où nous sommes présentement, à un monde meilleur, pour tout le monde.
C'est ce que nous voulons tous, être heureux. Pourquoi alors ne le sommes-nous pas ? Individuellement, la plupart d'entre nous peuvent dire que «ça va». De temps en temps, nous sommes ou nous rencontrons une personne rayonnante de bonheur.
Mais notre «société», notre communauté ; est-elle heureuse ? Ou pour être plus juste, pourrions-nous améliorer la qualité de vie de l'ensemble de notre communauté ?
Avant d'aller plus loin, j'aimerais d'abord me positionner ; question que vous sachiez un peu «qui vous parle».
Autant que faire se peut, j'essaie dans la vie de n'être «contre» rien. Je crois n'être ni de gauche, ni de droite, ni capitaliste, ni communiste et je n'adhère ni complètement aux idées du parti vert, ni complètement à celle du parti conservateur. Je n'ai pas la prétention non plus de penser que je suis neutre. J'ai ma vision des choses que j'ai bâtie, comme tout le monde, au fil des expériences que j'ai vécues.
Je travaille très fort à éviter de juger les gens qui m'entourent, mais je ne réussis pas tout le temps. Quelques fois, quand ça m'arrive et que je m'en rends compte, j'essaie d'accepter mon erreur, de corriger le tir et de continuer. Tout ça, c'est ma propre perception de qui je suis et une autre personne pourrait me voir différemment. Et ce dernier point me semble d'une très grande importance.
Je ne suis ni psychologue, ni spécialiste en conflit international, mais je ne pense pas être très loin de la vérité lorsque j'affirme que nos «différences» ou plus précisément notre perception de ce que sont nos différences sont la plupart du temps à l'origine de nos conflits.
Et je pense que même si cet énoncé nous semble être une évidence, nous sommes tellement engourdis par le nombre impressionnant de conflits quotidiens de toute sorte, que nous ne voyons plus la simple origine de ces conflits.
Revenons au «rêve de société». Voici la définition du développement durable du Ministère du développement durable et des parcs du gouvernement du Québec
«Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le développement durable s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique des activités de développement»
Cela me semble être une définition raisonnable à travers laquelle nous pouvons passer n'importe quelle action de développement, comme à travers une passoire dont les trous d'une certaine grosseur laisseraient passer le durable et retiendrait le nuisible.
Adaptons cette définition à la communauté de façon plus large, remplaçons entre autres «développement» par «actions».
«Les membres de notre communauté posent des actions qui répondent aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Notre communauté s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique de toutes les actions ayant lieu dans notre communauté.»
Voici la vision que j'ai d'une communauté travaillant à sa santé, à son «bonheur». Le «je» ne peut se développer au dépens du «nous». Le «nous» ne peut non plus ignorer les besoins raisonnables de base des individus. Les besoins des individus doivent passer par la passoire de la vision afin que ces besoins ne compromettent pas la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Utopistes ?
C'est à vous de choisir. La démocratie commence à la maison. Lorsque chaque personne, par elle-même, sans y être contrainte, sans loi pour l'y forcer, posera des actions réfléchies qui ne compromettront pas la capacité des générations à venir de répondre à leurs besoins, alors vivrons-nous dans une société plus juste.
Et que vous le vouliez ou non, que vous soyez d'accord ou non, il n'en tient qu'à vous. La seule personne qui ait le contrôle sur vous-même, c'est vous-même. Personne d'autre. Ni votre patron, ni votre premier ministre. Vous.
Cette réflexion n'est que cela, une réflexion. Je la partage. Je vous encourage à vous l'approprier, à l'adapter, à l'améliorer afin, qu'ensemble, nous grandissions. Qu'ensemble nous redéfinissions nos priorités en tant que groupe, en tant que société.
Internet est un outil qui nous permet une interaction adaptée aux moments d'inspiration spécifique à chaque personne ; utilisons-le. Utilisons-le aussi pour prévoir des rencontres en personne.
Invitons-nous chez les uns et chez les autres. Invitons-nous sur un parvis d'église ou au bureau d'un député ;-) Parlons-nous pour nous connaître, pour que la prochaine fois on se reconnaisse. Comme disait l'autre : «Y'en aura pas d'facile». Mais plus que jamais aujourd'hui, j'ai espoir.
Voici plusieurs façons de continuer la discussion :
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2 commentaires
Bonjour Martin, Merci beaucoup pour ton texte. La première fois que nous nous sommes rencontrés, j'ai tout de suite senti que nous avions des atomes crochus, et en te lisant, ça me confirme que nous rêvons sensiblement des mêmes choses. Je salue ton discours de respect et d'écoute. Ça me ramène à mes années d'université, au cours desquelles je me suis passionné pour les travaux de la philosophe féministe Carol Guilligan. On lui doit principalement l'élaboration de l'approche du "caring", que l'on pourrait traduire par "sollicitude". Selon elle, une des meilleure façons de trouver des réponses à nos questions, des solutions à nos problèmes, c'est de réellement se mettre dans une posture où nous voulons prendre soin de ceux qui nous entourent, de prendre le temps de vraiment discuter avec eux, de peser le pour et le contre, de tenir compte de l'opinion des autres pour construire ensemble plus de savoir, de compréhension et de bien-être. C'est une attitude que l'on observe plus couramment dans les échanges entre femmes. Dans cette approche d'éducation morale, le processus a autant sinon plus d'importance que le résultat. Cependant, la limite du mode de communication proposé par Guilligan, et il est de taille, c'est que lorsque nous rencontrons des personnes qui ne partagent pas notre souhait d'ouverture et d'écoute, tout bloque. En fait, depuis l'Antiquité, c'est plutôt le mode de communication par confrontation qui a imposé sa suprématie. Le développement de la rhétorique, par exemple, est rattaché à cette croyance très fermement ancrée dans nos esprits que nous devons fonctionner par débats, que nous devons présenter nos arguments avec vigueur pour vaincre notre opposant afin d'imposer notre manière de voir. C'est la loi du plus fort appliquée aux communications. Cette vision machiste et conflictuelle a traversé l'histoire et peut être observée dans la majorité de nos instances, l'Assemblée nationale et le Parlement en étant deux exemples éloquents. Or, malgré plus de 2000 ans d'échec de ce mode de fonctionnement, nous continuons à laisser nos sociétés s'embourber dans l'inefficacité de cette approche de confrontation plutôt que de choisir un véritable dialogue. Pourquoi? Probablement parce que, et c'est triste de te dire ça, on doit accepter qu'il n'y a pas que de bonnes personnes qui nous entourent. Oui, dans la vie de tous les jours, on rencontre beaucoup de bon monde, mais il y a aussi des gens qui, pas tout le temps, mais souvent, font preuve de mépris, de fermeture d'esprit, de malhonnêteté, etc. Et je crois ne pas être le seul à trouver que nous pouvons observer une fulgurante exacerbation de cette tendance chez nos dirigeants. Alors quoi faire? Accepter équivaut à se soumettre, à capituler, à abandonner cet idéal de "sollicitude" dont nous rêvons. Faut-il résister? Et qu'est-ce que ça signifie, en 2012, de résister? Les gens qui descendent dans la rue sont en train de dire qu'ils en ont assez des chicanes stériles de nos représentants, qu'ils en ont assez de se faire voler, que notre environnement soit saccagé, que nos espoirs d'une société plus juste et équitable soient bafoués. Beaucoup de citoyens, les 99% de la population contre les 1% des plus riches, constatent que nos pseudo-démocraties ne répondent plus à nos besoins collectifs. Ils veulent autre chose. Mais quoi? Là et la grande question. Et surtout, quels sont les moyens pour y arriver quand vous en êtes rendus à vous rendre compte que ça ne donne pas grand chose de manifester publiquement, même quand vous êtes près de 300 000 personnes à vous rassembler. Voilà, je m'arrête ici. Au plaisir d'échanger sur le sujet avec toi et toute autre personne qui voudra se joindre à cette réflexion.





























Difficile de combattre la dystopie. Les élu(e)s proviennent de l élite voila le coeur du probleme. Mais aussi il reste encore trop de religiosité pour qu on soit capables collectivement d avoir confiance en nous avant d avoir confiance a ceux qui se servent de l avoir collectif pour se faire du Kapital....Ceux qui croient que QS et leurs cochefs sont autre chose que des profiteurs comme les autres se mettent le doigt dans l oeil. Ils sont tout aussi dangeureux que les conservateurs car l un comme l autre nous infantilisent pour nous mettre a leur service...Déboulonnons les idoles !!!