Le petit terrorisme en cache un plus grand

29 octobre 2014 191 commentaires

Par Bilbo Cyr

C’est la tête en feu et la rage au cœur que je rédige ce billet. En bruit de fond, les funérailles nationales d’un soldat autrement inconnu, mort avec son fusil vide à la main, gardant un monument à la grandeur de la bêtise humaine, tombé sous les balles d’un fou à qui l’on peut faire dire tout ce que l’on veut depuis qu’il est mort, lui aussi, nous dit-on. Le Canada est en guerre, parait-il. Au nom de quoi et par ordre de qui?

La visite du secrétaire d’État américain achève de me convaincre qu’il s’agissait bien d’un geste politique. Que dis-je, d’une prière politique : notre prospère qui êtes odieux, que la répression vienne! Que soient dispensés de chercher des preuves ceux qui peuvent produire des soupçons raisonnables. Que soient armés jusqu’aux dents les bras des têtes qui pensent avec leurs poches. Que votre élection vienne et que votre volonté soit faite parfaite sur la terre, sous la terre craquée et dans un ciel noir de poussière. Volez-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, et pardonnez nos dépenses comme nous pardonnerons aussi à ceux qui nous ont financés.

Profitant de l’éclipse médiatique, nos médiocres à nous, pas en reste pour deux sous, liquident le pays en charcutant sauvagement dans tout ce qui ne pense pas comme le chef. Foin de toutes ces structures et feu de tous ces gens qui ont cru mettre leur volonté au service de la collectivité. Les décisions se prendront au centre et les extrémités gèleront comme des doigts pas de mitaines en hiver. Quand on voudra votre opinion, on va vous la donner. Je n’ai jamais été un grand fan du panier de crabes en vestons gris aigris de nos « décideurs » locaux, et je ne vais pas faire comme si. Je leur reconnais toutefois une pertinence supérieure à celle des amis nommés au loin, par fidélité au parti, quand il est question de ce qui se passe sur le plancher des vaches. Peut-être que les menaces de perdre leurs places vont rapprocher nos édiles de leurs populaces.

Pendant tout ça, Junex fore le premier puits horizontal dans l’est du Québec, à la tête des bassins versants, et personne ne dit rien.

Pendant ce temps, presque discrètement, Rémi Fraisse recevait une flash-ball en pleine tronche, probablement de la part d’un policier puisque c’est eux qui utilisent ces engins, pour avoir participé à une manifestation contre un type de développement qui ne lui plaisait pas. Il en est mort, comme ça, à peine 20 ans. Pas de funérailles nationales pour Rémi. Pas d’accusation de terrorisme contre celui qui a tiré.

Je repense à Magloire, à Guy Blouin, le cycliste qui s’est fait rouler dessus par un flic pressé, et à tout plein de sans-abris qui font les nouvelles une fois dans leur vie, en douce, quand ils sont tabassés à mort par le SPVM, et je me dis que la violence politique n’est pas nouvelle ici.

Vivement qu’un grand feu de coke nous apporte la prospérité éternelle et nous fasse penser à autre chose.

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