La Rue Sale

11 avril 2012 26 commentaires

Permettez-moi une parabole. Si l’ellipse est peu claire, faites vos devoirs.

Il était une fois, à l’autre bout du monde, un homme appelé Lego, comme les blocs, parce que tout s’emboitait dans sa tête. C’était un rustre. Il était peu raffiné et trainait dans les sombres coulisses du vice, dans les rues et les ruelles. Il avait, dit-on, taillé sa place de la pointe d’une lame d’alu. Puis la rue est devenue sienne. Sur son passage, ses alliés retenaient leur souffle. Ses adversaires arrêtaient de respirer.

Il est devenu l’homme le plus puissant de la rue, si l’on exclut son tonton Vladimir qui veillait à tout. Depuis que Boris était parti, Lego mangeait des bonbons et grossissait. Lego aimait les bonbons. Partout, le long de son chemin, il laissait ses déchets d’aluminium. Qu’importe que la rue soit sale, elle était sienne. SA rue sale.

Puis la rue se connecta à une autre, puis à une autre encore, et petit bonhomme de chemin sale, il se rendit jusqu’à la Suisse sale, où il en profita pour ouvrir un compte sale. Le kapital à des intérêts qui lui sont propres…Savoir le perdre est souvent plus payant que de savoir le gagner. Lego se rendit à la buanderie et fit une brassée.

Il était une autre fois, à un autre bout du monde, de petits spéculateurs avides et pressés de se vendre avant un hypothétique tac-tic-tac dépôt de loi-haha. Une solution  brevetée tellement alcaline qu’elle fait tout disparaitre, même les questions.  Il était question d’une mine de rien, en dessous de la table, en dépit de la nappe.

Lego fut contacté. Il envoya Ilmesert. Il n’aimait pas voyager lui-même, car il avait un passé sulfureux à se reprocher. De toute façon, il y a longtemps qu’il ne se déplaçait plus pour si peu. Il préférait faire chanter rauque avec son band de métal, les Holy Garks…

Entente fut convenue : science pour finance sans conscience. Gaspogorsk serait construite ici comme un prolongement de la Sibérie, sans questions ni compromis, sans s’il vous plait ni merci. De l’autre côté du rio, Tonto retenait son souffle pour ne pas arrêter de respirer.

Pendant ce temps, la fée des râles, celle qui fait ch…ialer tout le monde, semait ses sous en espérant qu’ils repoussent. Courbettes, pipeau et ballet, la parade des valets. Avion donc, vodkaporal, un siège en ma compagnie.

L’Ilmesert revint bientôt. Bonne nouvelle, dit-il, ils ont une bite en or… Laissons-la pousser un peu, gravitons autour,  faisons-la enfler jusqu’à la limite du supportable… et on n’aura qu’à la leur couper…

Cela fut fait promptement, en début d’excroissance. La cocotte Boursière  cocoricota comme à chaque tchik-a-tchik.

L’Ilmesert, son butin à la main, l’allume-mine, la machine à «Si-on», voit une piasse à terre, une terre à piasse qui attend la pelle, pour qu’on la ramasse. Il dit c’est une terre rare qui vaut son pesant d’or. Prenons le temps de ramasser tout ce qui se prend. Pied à terre, terre à terre, c’est vite fait, c’est déjà «terre minée». L’Ilmesert, gourmand mange-tout en crachant son jus d’chique collant. Il remplit ses poches avec le dessert et se sauve en courant par la porte d’en arrière.

Toute ressemblance est purement hasardeuse.

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