Est-ce qu’on se fait forer ?

8 mars 2012 17 commentaires

Cette semaine, je vous propose un brin de lecture sur des «entreprises bien de chez nous».

Mon intention n’est pas de porter atteinte à la réputation des dites compagnies, estimant qu’elles s’en chargent généralement très bien elles-mêmes. Il y a des petites choses qui me dérangent, et quand on les additionne, elles se multiplient…

La première est de devoir être extrêmement prudent dans mon propos, pour ne pas attirer les foudres des géants pétrolifiques sur mon journal préféré ou sur ma modeste personne. Je vais donc formuler le tout en questions. Ce n’est pas encore illégal ou répréhensible de poser des questions, à ce que je sache.

Commençons donc par ne pas nommer. Je fais confiance à l’intelligence des lecteurs qui, eux, sauront le faire.

Suis-je le seul à trouver que trois compagnies mutuellement actionnaires les une des autres, qui se partagent l’ensemble des claims gaziers et pétroliers en Gaspésie, sur Anticosti et sur une bonne partie du Québec, ce n’est rien de très rassurant quant à la sauvegarde du bien commun ?

Suis-je naïf de croire que les anciens cadres de l’Hydre au Québec qui ont liquidé le potentiel pétrolier de la province (en soldant la SOQUEM) se trouvent en conflit d’intérêt en œuvrant comme administrateurs pour ces dites compagnies ?

Suis-je naïf encore de supposer que d’anciens politiciens œuvrant pour ces dites compagnies aient pu bénéficier de complicités, voire de collusion, avec leurs anciens employeurs?

Est-ce que quelqu’un d’autre est insulté par les prétentions de «fracturations naturelles», tests d’injectivité et autres faux-fuyants servant surtout à ne pas nommer l’innommable?

Est-ce que le fait d’injecter du pétrole sous pression dans le sol pour casser la roche et «nettoyer» les réseaux de fractures existants constitue de la fracturation hydraulique ? À quelle pression ?

Est-ce normal que ça se fasse quand même, si personne ne peut répondre à la question précédente?

Est-ce qu’un puits de pétrole exploité lors de la phase d’exploration, qui ne paie pas de redevances à l’état pour la ressource extraite, devrait le faire quand, par une manœuvre douteuse, la compagnie arrive à tripler son rendement ?

Est-ce de l’abus de demander que la vieille Loi des Mines, qui fait passer le free mining avant le gros bon sens, soit révisée pour prendre en considération l’opinion publique avant  de nous embarquer de façon irréversible ?

Est-ce que la loi cadre sur les hydrocarbures sera rédigée par ceux qui en profitent ?

Est-ce légitime de se demander si les réglementations actuelles au Québec ne sont pas faites sur mesure pour favoriser un pillage systématique du sous-sol ?

Est-ce que le fait qu’une compagnie pétrolière ait poursuivi des journalistes amène les citoyens à éviter de prendre position concernant ses projets?

Voila, c’est une liste bien incomplète de détails qui m’agacent. J’ai franchement l’impression qu’on se fait forer. Suis-je le seul ?

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