Vous ne me connaissez pas, mais je fais partie de votre dot. Vous avez hérité de mes frustrations en même temps que de vos grands souliers, lors de votre mariage avec ma région.
Si je prends la plume aujourd’hui, c’est pour vous exprimer ma profonde indignation. Quand vous avez reçu en cadeau le poste de ministre responsable de la Gaspésie, je me suis dit : «On ne le connaît pas, laissons la chance au coureur.»
Votre dernière visite nous a montré vos couleurs. Votre invitation aux Gaspésiens à aller travailler dans le nord traduit votre manque de compréhension de la réalité locale, votre absence totale de vision pour la Gaspésie et votre manque d’intérêt pour celle-ci.
Vous exposez votre partialité en appuyant sans réserve ce «plan» en omettant bien sûr les impacts des exploitations minières sur la santé de ceux qui y travaillent. Vous nous proposez un cataplasme de moutarde sur une jambe de bois coti.
Si on soustrait des «gros» salaires nordiques, le coût social engendré par les pères absents, on arrive avec des résultats beaucoup moins attrayants. Si on vide la région de ses forces les plus vives, comment peut-on espérer la développer? On peut doper l’économie à court terme, mais ça ne règle pas le problème.
À plus large échelle, si on vide un pays de ses ressources naturelles brutes, et ce au profit de quelques amis du Parti, comment peut-on prétendre à la prospérité? Si vous étiez ministre de l’industrie, ou des Ressources naturelles, ça passerait peut-être un peu mieux.
Vous prenez visiblement la tâche de ministre responsable de la Gaspésie pour une fonction honorifique en nous resservant la cassette libérale, au lieu de faire preuve d’un minimum de créativité.
Si vous n’avez pas d’idées, informez-vous. Il y a plein de monde ici qui en ont. À ce propos, un de vos nouveaux collègues, pour se faire élire dans le comté de Bonaventure, a promis une consultation publique de la population, ce printemps, portant sur l’exploitation des ressources naturelles. Je vous invite à y participer, si jamais ça se produit pour vrai. Vous pourrez ainsi vous mettre à jour sur ce que veut la population de la région que vous êtes censé représenter.
Je termine mon chapelet en nous souhaitant, collectivement, un éveil.
À vous, monsieur le ministre, je souhaite une bonne grosse job dans le nord…
3 commentaires
Salut Martin. Je posterai ici l’accusé de réception aseptisé qu’un attaché me fera probablement parvenir. Je ne m’attend pas à plus.
Lui as-tu envoyé ta lettre personnellement aussi ?
J’espère qu’il te lira Bilbo, tes mots sont juste et ton propos représente bien la réalité. J’espère qu’il te lira, mais surtout qu’il réagira !