Je me souviens …

8 février 2012 1 commentaire

Je termine à l’instant la lecture du livre : La bataille de Forillon, de Lionel Bernier, que je ne saurais trop vous recommander. C’est une histoire très laide où il est question d’un gouvernement corrompu dépouillant sciemment son peuple et d’une lutte à armes inégales donnant raison aux plus faibles. C’est un roman, mais certains noms historiques sont familiers. Notamment ceux de Chrétien et de Trudeau. Dans l’histoire, la population locale se fait arnaquer ses terres à rabais, et se voit forcée de quitter le territoire, cédé par le provincial au fédéral.

Les derniers mots de l’avocat qui défend les expropriés sont :

«Comme Gaspésiens, il nous reste maintenant à nous tourner vers l’avenir et à travailler tous ensemble pour faire du parc Forillon le plus beau du pays. Nous devons rester vigilants face aux décisions gouvernementales concernant ce coin de notre pays. C’est encore à nous, ne l’oublions jamais. Il doit servir pour les générations futures du pays en entier, mais aussi pour améliorer notre sort de tous les jours.»

Je referme le livre pensif. C’est encore plutôt d’actualité. La dépossession tranquille est-elle terminée? Quel en est l’héritage? Nous fait-on encore des promesses d’eldorado? Tente-t-on encore de s’approprier nos terres par le truchement d’avocats à commission? Sommes-nous considérés comme amovibles du territoire? Est-ce que Forillon n’était qu’une répétition? Jusqu’à quel point on est maitres chez nous?

Depuis quelques années, j’ai vu des spéculateurs de toutes les couleurs. Il y a eu d’abord ceux avec une plaque de l’Alberta sur leur truck, qui me parlaient en anglais et qui ont fait des levées sismiques jusqu’à dans mon chemin d’entrée sans prévenir. Puis ceux qui voulaient nous faire signer un contrat sur le bord de la table leur donnant tous les droits sur notre terre. Puis ceux qui avaient des visées sur l’uranium et/ou le gaz de la Vallée. Puis le pétrole encore, de gré et/ou de force, sur terre et/ou en mer. Puis les terres rares, dont les résidus louches vont dans l’égout municipal, extraites sur des claims qui ont couté des peanuts. Et encore la cimenterie. Et presque chaque fois des scientifiques ministériels et/ou privés pour nous faire avaler la pilule.

Peut-on manquer le bateau et se faire mener en bateau en même temps? Si le bateau prend l’eau, qui écope?

 

1 commentaire

Patrice Quévillon a écrit le 8 février 2012 :

Salut Bilbo au plaisir de te lire…

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