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Le petit terrorisme en cache un plus grand

29 octobre 2014, 13:33

Par Bilbo Cyr

C’est la tête en feu et la rage au cœur que je rédige ce billet. En bruit de fond, les funérailles nationales d’un soldat autrement inconnu, mort avec son fusil vide à la main, gardant un monument à la grandeur de la bêtise humaine, tombé sous les balles d’un fou à qui l’on peut faire dire tout ce que l’on veut depuis qu’il est mort, lui aussi, nous dit-on. Le Canada est en guerre, parait-il. Au nom de quoi et par ordre de qui?

La visite du secrétaire d’État américain achève de me convaincre qu’il s’agissait bien d’un geste politique. Que dis-je, d’une prière politique : notre prospère qui êtes odieux, que la répression vienne! Que soient dispensés de chercher des preuves ceux qui peuvent produire des soupçons raisonnables. Que soient armés jusqu’aux dents les bras des têtes qui pensent avec leurs poches. Que votre élection vienne et que votre volonté soit faite parfaite sur la terre, sous la terre craquée et dans un ciel noir de poussière. Volez-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, et pardonnez nos dépenses comme nous pardonnerons aussi à ceux qui nous ont financés.

Profitant de l’éclipse médiatique, nos médiocres à nous, pas en reste pour deux sous, liquident le pays en charcutant sauvagement dans tout ce qui ne pense pas comme le chef. Foin de toutes ces structures et feu de tous ces gens qui ont cru mettre leur volonté au service de la collectivité. Les décisions se prendront au centre et les extrémités gèleront comme des doigts pas de mitaines en hiver. Quand on voudra votre opinion, on va vous la donner. Je n’ai jamais été un grand fan du panier de crabes en vestons gris aigris de nos « décideurs » locaux, et je ne vais pas faire comme si. Je leur reconnais toutefois une pertinence supérieure à celle des amis nommés au loin, par fidélité au parti, quand il est question de ce qui se passe sur le plancher des vaches. Peut-être que les menaces de perdre leurs places vont rapprocher nos édiles de leurs populaces.

Pendant tout ça, Junex fore le premier puits horizontal dans l’est du Québec, à la tête des bassins versants, et personne ne dit rien.

Pendant ce temps, presque discrètement, Rémi Fraisse recevait une flash-ball en pleine tronche, probablement de la part d’un policier puisque c’est eux qui utilisent ces engins, pour avoir participé à une manifestation contre un type de développement qui ne lui plaisait pas. Il en est mort, comme ça, à peine 20 ans. Pas de funérailles nationales pour Rémi. Pas d’accusation de terrorisme contre celui qui a tiré.

Je repense à Magloire, à Guy Blouin, le cycliste qui s’est fait rouler dessus par un flic pressé, et à tout plein de sans-abris qui font les nouvelles une fois dans leur vie, en douce, quand ils sont tabassés à mort par le SPVM, et je me dis que la violence politique n’est pas nouvelle ici.

Vivement qu’un grand feu de coke nous apporte la prospérité éternelle et nous fasse penser à autre chose.

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Bêtisier

1 octobre 2014, 14:30

Par Bilbo Cyr

La bêtise se répand. Ce n’est pas nouveau, me direz-vous. Elle l’a toujours fait. La petite comme la grande. La seule chose qui change, c’est l’ampleur des moyens. Maintenant, on peut en faire de très grandes. C’est le progrès. Si on additionne les petites, ça peut finir par en faire des grandes aussi. L’aveuglement volontaire peut nous permettre d’en ignorer beaucoup, et ce dans un confort individuel relatif, mais derrière la bêtise se cache toujours le retour du balancier.
Cette semaine on annonce que la décontamination des dunes aux Iles de la Madeleine se fera l’an prochain… 2 puits sur 30 seraient contaminés. Petite ou grosse bêtise, ça dépend à quelle profondeur on cherche. Un peu plus loin, après 40 ans à suinter, le Corfu peut bien suinter encore un peu, parmi les poches enfouies du Irving Whale, pendant qu’on ramasse les dégâts du pipeline crevé. 100 000 litres nous as-t-on dit cette fois-ci. C’est drôle, le déversement de Cliff à Sept-Îles, on nous disait 5000, soit 20 fois moins, et on en a parlé beaucoup plus. Le maire s’est empressé de réclamer des équipements pour intervenir en cas d’urgence. L’urgence est déjà là…
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La vitesse à laquelle les permis sont délivrés est inversement proportionnelle à la vitesse de réaction en cas de dégâts.
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Dernièrement, la cour a statué que le ministre de l’Environnement avait délivré un permis sans avoir en main toute l’information nécessaire. Donc la chose se peut. Pour une grosse bêtise cette fois. Un port pétrolier. À Cacouna. Il a tenté de se disculper en essayant une petite bêtise : « Ben je savais pas! », ce qui est toujours une mauvaise réponse pour un ministre de l’environnement, surtout quand le projet en question est autorisé malgré les pressions des citoyens qui revendiquent encore une fois le droit d’être consultés. Ah, ouais, je sais, ça sonne tellement connu.
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Le projet de port de transit pétrolier de Belledune, de Chaleur Terminal, branche de Predator Oil, est franchement une autre très mauvaise idée issue d’une « développementalité » de colonisés «pétroliférés». Plus de 200 wagons par jour, des dots 111, pareils à ceux qui ont crevé comme des vessies à Mégantic, tout le long du chemin, des champs de frack et des sables bitumineux jusqu’à chez nous le long des rivières et à travers nos villages, et de là jusqu’à celui qui voudra bien se payer l’un des pétroliers du pétrole le plus sale du monde, qui seront amarrés dans la baie en permanence. Grosse bêtise. S’imaginer que ça va passer sans grincer est illusoire. On est plus facilement solidaires pour faire front quand on a tout à perdre et rien à gagner. Les miettes tomberont dans le Irvingland et pas chez nous. La compagnie n’ayant pas daigné tenir de soirée d’information publique sur son projet de ce côté de la Baie, Tache d’huile a décidé d’informer la population. Gens du pays, c’est votre tour…
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Couillard à New York parlant de la bourse du carbone pour essayer de faire oublier sa patate chaude : petite bêtise en 2 lignes.
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Ristigouche Sud Est a franchi la barre des 100 000 $ et ça donne de l’espoir. La démesure de l’intimidation judiciaire est assez flagrante pour amener une terre de grogne à fleurir. La valeur de la poursuite est équivalente à la valeur boursière de l’entreprise et cinq fois le budget annuel de la municipalité. Petite bêtise et grand courage.
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MISE EN GARDE
La suite se lit entre les lignes, parce que les grosses bêtises sont souvent accompagnées de plus petites. Les serviles sont corrosifs quand ils croient s’attirer les faveurs des ogres en retour de manœuvres d’intimidation plus ou moins flagrantes. Ils s’arrêteront de lire ici et n’auront pas besoin d’être fâchés et de chercher un bouc émissaire.
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Belledune est la paille dans l’œil du voisin.
C’est peut-être ça, la solution plus propre promise mais jamais écrite. Une ligne de coke, une ligne de cru. Il n’y a effectivement pas pire que le pire. Ça aurait l’air d’une amélioration. Ce sera peut-être prêt avant les fantasmes des «pétroleux» locaux.
J’ai lu dans un journal que j’évite généralement de lire quelque chose à propos de la poubelle. Ensuite j’en ai lu ailleurs aussi. Ce n’est pas souvent qu’on parle de nos poubelles à pleine page. Le subséquent ballet des valets fut émouvant et révélateur des allégeances.

poubelle
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J’ai vu une revenante souffler une balloune et la regarder se faire dégonfler par le fils de l’autre. J’ai vu le petit grand vizir se frotter les mains en se rêvant calife.
***

Vous m’excuserez de parler la bouche pleine. Servez-vous, il y en a pour tout le monde.
Attendez! Ne défaites pas vos cartes, nous avons un Bingo de boues de forage en direct d’Anticosti. Une des petites bêtises qui accompagnent la plus grosse. Les normes de sécurité les plus sévères en Amérique du Nord… Rincez le chaudron avant de faire cuire vos nouilles!

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Les malappris

27 août 2014, 17:37

Par Bilbo Cyr

Un espèce de groupuscule de malappris
Qui ne représentent même pas un millième de un pourcent de la population d’ici
Même pas éduqués en Gaspésie
Qui veulent prendre le contrôle et tout décider
Une secte de faux-écolos contre tout, de curés
Qui veulent nous mettre à bout
Qui roulent en char à l’essence
Sans comprendre le non-sens
Des qui mènent a rien
Des trippeux de maringouins
Qui veulent sauver les chauves-souris avant le profit
Si on leur propose des claques sur la gueule
C’est parce qu’on dirait que c’est ce qu’ils veulent
On serait justifié de le faire
Ce serait une œuvre humanitaire
On va fracturer à la vinaigrette
Faut pas écouter les faux prophètes

Toute ressemblance avec le discours dilué
D‘un certain porte-parole d’un certain regroupement
Serait très fortuite, évidemment

Je vous épargne les crachats, les attaques hargneuses
Le fiel et la colère
Les menaces à ma carcasse
Les « attachez-le » et les « caches-toi »
Vous lisez aussi les commentaires parfois
Les quolibets des valets
Qui s’agenouillent en disant « s’il vous plait »
Qui veulent servir l’empire
Je vous invite à réfléchir
À la morale inattaquable
De Lafontaine et de sa fable
Qui disait avec un sourire
Que rien ne sert de courir
Il faut partir à point

Je remercie les contributeurs involontaires
À ce texte de misère
Ceux qui vouent aux vautours mes viscères
Forcent la lumière à briller dans le noir
Car comme disait Vigneault de façon aussi exemplaire
La violence est le résultat d’un manque de vocabulaire

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Silence

11 août 2014, 17:11

Faire enfin silence
Dans ma tête et dans mon cœur
Savourer mon absence
Oublier le jour et l’heure
Du départ et de l’arrivée

M’abriter sous le porche
Des croyances millénaires
Pour laisser passer l’orage
De tonnerre et de lumière
Entendre toutes les langues du monde en même temps

Soigner un chat noir
De toutes mes forces
Des éclats de miroirs
pointus au fond des poches
Marcher dans les orties nu-pieds

Deviner l’âge des pierres
Qui glissent sous mes doigts
Me rappeler les histoires
Que l’on ne raconte pas
Me sentir cousin d’un passé lointain

Effleurer du regard
Tous les verts de la terre
Boire un coup de cafard
En écoutant les ânes braire
Et rêver d’importer le chant des cigales

Tzigane pour l’été
Sur une route pas tranquille
L’horizon à bouffer
Et la chance d’être inutile
Comme un caillou roulé par la force des marées

La terre dans le cœur
Et le cœur terre à terre
Prendre un break de la rage
Me sauver de la guerre
Accorder du temps à ce qui est important

À l’essentiel, qui me les crève
À l’invisible pour les yeux
Il faut bien vivre quelques rêves
Avant d’être trop vieux
Pour semer un horizon plus grand dans l’âme d’un enfant

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Cœur de pomme

9 mai 2014, 14:23

Par Bilbo Cyr

Vous pardonnerez à ma chronique
Cette tournure nécrologique
Il se passe des choses plus importantes
Que la poutine et les fantasmes de fric de la clique.

Dans ma cour, dans mon cœur
Dans ma communauté
La mort harpiste joue du métal
Froid et brutal.

J’suis plus fâché que la semaine passée
Ma peine est profonde comme une tombe
J’vais rajouter dans mon cahier
Du palmarès des suicidés
Le dernier… du nombre
À moins qu’il y en ait un autre demain
Mais j’aimerais mieux pas c’est certain
Comprends-moi ben.

La grande fierté des hommes
Jamais rien demander à personne
Tue plus surement, je crois
Qu’cent mille cartons de tabac
J’peux plus compter sur mes doigts
Ceux qui ne reviendront pas
Qui ont choisi leur trépas
En guise de dernier combat
Si seulement ils avaient su dire
Entre une larme et un soupir
Aidez-moi!

Quand chaque jour est une histoire
De rage, de haine et de cafard
Quand meurt l’espoir de la lumière
Que la noirceur te passe à travers
J’voudrais croire pour deux
Te prendre la main, attendre d’être vieux
Dire que le soleil va ben se lever
Ou qu’ce n’est pas mieux de l’autre côté
N’importe quoi, juste pour être là
Que tu me sentes à côté de toi
Dans ton habitude de solitude
De mal de vivre ou de dépendance
Pour faire une craque dans ton silence.

Je vais faire une scratch sur les convenances
En dénonçant l’innommable
Et en parlant quoiqu’on en pense
Des survivants de l’irréparable.

Quand vient au monde un nouveau-né
Et que tous veulent connaitre son sexe
Ce qui m’intéresse c’est sa santé
Et tout ce qui vient avec.

Quand quitte la terre un suicidé
Et qu’on questionne le moyen
Mon cœur s’enflamme à la pensée
De ceux qui vivent le lendemain.

À cette fillette qui va grandir sans père
À cette femme sans amant
Au trou à table, à tous les soirs
Et aux souvenirs des bons moments.

J’suis tanné de voir des chums
Poqués comme des pommes
Se déclasser à la poignée
Sauter en bas du panier
J’mange ma compote
Je la trouve trop forte
J’avale un gros pépin
Je reste sur ma faim.

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