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Délisca Roussy, l’élue de 2014

18 décembre 2014, 18:24

Par Thierry Haroun

PERCÉ – Le Libre arbitre nomme la mairesse de Murdochville et préfète de la Côte-de-Gaspé, Délisca Ritchie-Roussy, l’élue de l’année en Gaspésie.

Sa détermination pour maintenir sa municipalité en vie et debout malgré les aides gouvernementales qui ne sont pas à la hauteur des besoins est remarquable. Bien des gens auraient lancé la serviette devant l’ampleur de la tâche de faire renaître une ex-ville minière sur le plan économique. Elle a par ailleurs démontré qu’elle était à la hauteur des multiples tâches qui incombent à la préfecture, d’autant que ses appels à la solidarité régionale et sociale ont été sentis et remarqués. À preuve, lors de la présentation devant public en septembre d’un projet de logement social à Gaspé pour des personnes aux prises avec des difficultés, elle a tenu un discours digne d’une femme d’État. « Nous avons, à titre de MRC, un objectif d’abolir ce qu’on appelle la pauvreté et l’exclusion sociale. Ce n’est pas un péché du monde d’être pauvre! Les démunis ont besoin de nous. Ceux qui sont riches sont capables de s’organiser. » Il fallait aussi l’entendre lors d’une conférence de presse organisée par son centre local d’emploi (CLD), alors que ses mots sonnaient comme un cri du cœur pour sauver les emplois de cet organisme voué à l’échafaud par les libéraux. A+

Difficile de ne pas parler du président de la Conférence régionale des élus (CRÉ), Daniel Côté, qui a défendu comme personne la région face aux coupes aveugles de Québec dans les structures régionales. Son prédécesseur, Bertrand Berger, n’aurait pas fait mieux. C’est dire les souliers que devait porter Côté. A

On sent que Sylvain Roy est beaucoup plus à l’aise dans ses habits de député de Bonaventure. Il a démontré qu’il était en mesure de répondre à la tâche et de manière honorable. À tire d’exemple, quand tout le monde protestait contre les libéraux, il a demandé aux Gaspésiens de ne pas tomber dans le misérabilisme et de se retrousser les manches. A

En 2014, Gaétan Lelièvre est passé de ministre délégué aux Régions à simple député de l’opposition. Et pourtant, il est resté le même. Toujours prêt à collaborer avec qui voudra bien développer la région quelle que soit sa couleur politique. Sa détermination et son franc-parler sont toujours aussi convaincants. A-

Pas facile d’être maire de Port-Daniel-Gascons quand les médias passent leur temps à trouver des failles à la cimenterie quitte à la qualifier de « poubelle de l’Amérique ». Sans parler des écolos qui ne cessent de demander un BAPE. Le maire Henri Grenier a démontré qu’il avait les reins solides pour traverser la tempête. A-

On n’a jamais autant entendu parler de Bonaventure ces derniers mois, mais pas pour les bonnes raisons. Le maire, Roch Audet, a passé son temps sur la défensive face au mécontentement croissant des citoyens qui l’accusent de manque de transparence et d’écoute avec à la clé le départ de trois employés, dont le directeur général. Il y a quelques chose qui cloche. C

Malgré la controverse, les maires d’Avignon ont voté à l’unanimité de maintenir le fait de ne pas justifier leurs dépenses par des pièces justificatives. On est contents pour eux. D
À Pasbébiac, le salaire du maire, Paul-Arthur Blais, double passant de 14 500 $ à 30 000 $. Les conseillers profitent aussi de la manne, touchant 6 500 $ plutôt que 4 835 $. Et tant qu’à se servir, aussi bien ajouter une rétroactivité au 1er janvier 2014, et ce, dans un contexte de coupes budgétaires. De mémoire, cette hausse ne faisait pas partie d’une promesse électorale. Il est temps que Québec légifère en matière de salaires des maires pour éviter l’arbitraire. On est aussi contents pour eux. E

Un prix citron

Le ministre régional, Jean D’Amour, parle bien. Depuis qu’il est en poste, il passe son temps à rassurer la population. Résultats : on ne compte plus les pertes d’emplois dans les CLD. D’autres pertes sont attendues dans les commissions scolaires, à l’agence régionale de la santé et à la CRÉ. Et la Société du chemin de fer de la Gaspésie est au bord de la faillite. Félicitations pour vos élections, M. D’Amour, et pour votre Prix citron.

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Les barbares

19 novembre 2014, 16:36

Par Thierry Haroun

À la lumière des coupes à tous vents du gouvernement libéral de Philippe Couillard dans les structures de développement social et économique, n’avez-vous pas vous aussi l’impression d’être envahi par des barbares?

Quand Rome a été mise à sac, les barbares avaient laissé derrière eux émoi et désolation. Sachant que le premier ministre Couillard est féru d’histoire, il semble avoir bien retenu le mode opératoire de ces barbares venus du nord pour laminer la Ville éternelle. Au rythme où va Québec dans ses coupes aveugles à grands coups de bulldozer, c’est à se demander si le gouvernement Couillard va nous laisser la route 132. Prions le Seigneur. Écoutez, les libéraux, sous prétexte que les structures nuisent à la dispensation des services à la population, ont décidé sans consultation aucune de « démembrer » (visiblement inspirés par leurs cousins barbares, les Goths) les centres locaux de développement (CLD), les conférences régionales des élus (CRÉ), l’agence régionale de la santé, les carrefours jeunesse emploi (sous respirateur pour l’instant jusqu’au coup fatal) et les commissions scolaires qui sont présentement assises sur un siège éjectable. Il fallait assister au récent cri du cœur, en forme de baroud d’honneur, des acteurs socioéconomiques de la MRC de la Côte-de-Gaspé  pour comprendre à quel point les barbares rouges de Québec se trompent royalement en voulant mettre fin aux CLD, si nécessaires au développement de la Gaspésie. Preuves à l’appui, le directeur général du feu CLD Côte-de-Gaspé, Bruno Bernatchez, démontrait que 79 % de son budget allait en aide directe aux entreprises et à la création d’emplois et à peine 21 % à l’administration (faut bien administrer, bordel!) Il semble bien que les barbares version 2.0 soient allergiques aux fonctionnaires tout comme l’étaient leurs lointains cousins par rapport à l’art romain.

La situation est à ce point gênante pour les libéraux dits normaux, que l’Association du Parti libéral du Québec de la circonscription de Gaspé s’inscrit en faux contre les décisions du gouvernement du Québec. Leur communiqué est clair : le gouvernement « bafoue les valeurs libérales ». C’est gros comme sortie. Le Libre arbitre salue le courage de l’Association. Mais pensez-y un instant : les libéraux de Gaspé pouvaient-ils vraiment faire autrement? En agissant ainsi, ces derniers tentent tout simplement de sauver leur peau auprès de la population locale. Pas évident d’aller acheter un chip au vinaigre au dépanneur et se faire dire des bêtises comme : « Me semblait que le parti libéral était celui des régions!? Hein? Hein? » Cela dit, auraient-ils agi ainsi s’ils avaient un député au pouvoir? Probablement pas. Ils se seraient rangés comme de bons moutons derrière leur chef en répétant la cassette enrubannée selon laquelle « le temps des décisions difficiles est arrivé pour assainir les finances publiques ». Quand les libéraux de Gaspé déchireront leur carte de membre en public, on les prendra au sérieux.

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Maintenant, il y a aussi des marchands de fortune au sein de barbares. Qui? Le ministre des Finances, Carlos Leitao qui, en campagne électorale, avait dévoilé le cadre financier d’un éventuel gouvernement libéral, lequel tablait sur une croissance de 2,1 % en 2014 alors que les prévisions des experts misaient sur une croissance de 1,7 %. Tant qu’à charmer l’électorat, aussi bien beurrer épais. C’est que voilà, il a admis dans une entrevue récente au Devoir que la croissance n’atteindra même pas 1,8 %. Félicitations pour vos élections M. Leitao.

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Restons dans le fric. Devant la controverse suscitée par leur somptueuse politique des  dépenses et autres frais de déplacement, les maires de la MRC d’Avignon ont finalement apporté des changements, disons cosmétiques, quant au remboursement des repas. Mais ils ont maintenu à l’unanimité le fait de ne pas justifier leurs dépenses par des pièces justificatives. Prions le Seigneur. Pourquoi manger des peanuts salées quand on peut piger à deux mains dans le panier de nougats au chocolat pendant que les parents dorment? Prions le Seigneur.

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Reviendra-t-elle?

15 octobre 2014, 19:28

Par Thierry Haroun

L’ex-ministre Nathalie Normandeau, qui continue à défrayer la manchette, cèdera-t-elle à la tentation de revenir en politique? Tout indique que oui, pour l’instant du moins.

Mme Normandeau n’en est pas à une controverse près concernant son retour en politique. La dernière en date a forcé l’ex-ministre à admettre qu’elle a été « courtisée » par le Parti libéral du Canada pour se présenter comme candidate aux prochaines élections fédérales prévues en octobre 2015. « Par contre, elle ne fera pas d’autres commentaires », avait indiqué son relationniste, David Couturier. Une réponse courte, mais qui en dit long sur ses intentions de retour. Quand on traduit ces mots en termes politiques, ça donne ceci : « Je suis en réflexion ». En effet, car si elle voulait vraiment tuer la rumeur dans l’œuf, elle aurait fait dire ceci à son relationniste : « J’ai été courtisée par le PLC, mais je ne compte pas revenir en politique ». Depuis son passage à la commission Charbonneau, la voie n’a jamais été aussi ouverte pour un éventuel retour. Toutes les allégations éventées sur la place publique sont désormais derrière elle. La tentation est donc grande. Mais où se présentera-t-elle, le cas échéant : dans notre région ou ailleurs?

Dans l’optique où elle se présente dans notre région, ses chances de l’emporter contre le député néo-démocrate Philip Toone sont minces, très minces. Il s’agit de regarder de près le récent sondage web de CHAU TVA. À la question  « voteriez-vous pour Nathalie Normandeau si elle se présentait comme députée fédérale dans la circonscription Gaspésie-Île-de-la-Madeleine? », 72 % ont dit non et 28 % ont dit oui. Vous allez sûrement opposer le fait que ce sondage n’est pas scientifique. C’est vrai, mais le fait que 5200 personnes y aient répondu est à prendre très au sérieux, quand on sait que les sondages scientifiques faits par Internet sont pris en considération du moment où au moins 1100 personnes y répondent. Si cela ne vous convainc toujours pas, regardons alors les chiffres de la dernière élection fédérale tenue en 2011 dans la circonscription Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine avec la réalité politique d’aujourd’hui. Philip Toone du NPD avait obtenu 33,7 %, le bloquiste Daniel Côté 31,6 %, le Parti conservateur 17 %, le PLC 15 % et le Parti vert 2,4 %. Sachant que le Bloc québécois n’est plus que l’ombre de lui-même, le vote bloquiste ira davantage à Toone qu’à Normandeau pour diverses raisons. Les souverainistes ne peuvent pas sentir les libéraux. C’est historique : ça date du temps de Trudeau père. Deuxièmement, sur le plan des valeurs politiques, le NPD et le Bloc sont de la même farine, à l’exception près de la souveraineté.

Par ailleurs, Philip Toone fait consensus dans la région pour son travail. Même les libéraux de la région vantent ses mérites. Enfin, la « Trudeaumanie » version 2.0 pourra, au mieux, doubler le score du PLC de 2011. On est loin de la coupe aux lèvres. Mme Normandeau a davantage de chance d’être élue dans un bastion du PLC dans la grande région de Montréal où elle aura le prétexte d’invoquer « un nouveau départ » plutôt que d’être taxée de has been par ses adversaires ici.

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La cimenterie de Port-Daniel défraie aussi la chronique. Les dernières controverses en date concernent une manchette du Journal de Québec qui l’a étiquetée de « poubelle de l’Amérique ». Et l’autre portait sur une prise de bec entre l’écologiste Bilbo Cyr et le préfet de Bonaventure, Jean-Guy Poirier, en lien avec la contestation de Lafarge et des groupes écologistes, devant les tribunaux, du permis accordé par Québec à Ciment McInnis. Poirier d’accuser Cyr de manquer de crédibilité et Cyr d’accuser Poirier de manquer à son devoir d’élu de représenter tous ses concitoyens. Mettons ces petits bobos locaux dans une perspective mondiale. « Au Guatemala, une dispute entre villageois concernant la construction éventuelle d’une cimenterie et d’une autoroute a mené à une violente bagarre où des armes à feu et des machettes ont été utilisées. Au moins huit personnes ont été tuées », rapportait l’Associated Press. La cimenterie de Lafarge en Syrie est « aux mains de l’État islamique » et a « été en partie brûlée », rapportait récemment l’AFP. Oui, ceux-là mêmes qui vous tranchent la gorge…

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Le bar ouvert d’Avignon

17 septembre 2014, 14:31

Par Thierry Haroun

Les élus de la MRC d’Avignon passent beaucoup de temps à parler d’économie lors de leurs réunions: bonne nouvelle. Mais il est aussi beaucoup question de leurs propres dépenses.

À la séance du mois dernier, les élus ont tenté de voter sur des modifications de leur règlement qui fixe les montants remboursés (aux élus et employés) en matière de frais de déplacement, repas et séjours. Les modifications proposaient de faire passer le montant du déjeuner de 12,50 $ à 15 $ et d’ajuster les tarifs payés au kilomètre parcouru aux normes gouvernementales. Ce vote a été reporté à la prochaine réunion. En regardant la documentation de plus près, on apprend que présentement, outre le déjeuner qui est remboursé au tarif de 12,50 $ (alors que le Conseil du trésor l’établit pour ses fonctionnaires à 10,40 $), la MRC débourse 21 $ pour le dîner (le Conseil du trésor l’établit à 14,30 $) et 36 $ pour le souper, alors que le Conseil du trésor le fixe à 21,55 $.

Québec fixe donc le forfait à 46,25 $ pour les trois repas, alors que dans Avignon il est de 69,50 $, soit 23,25 $ de plus par jour. Par ailleurs, les élus n’ont pas à présenter de pièces justificatives. On répète: pas de pièces justificatives, alors que le Conseil du trésor l’exige. Pour le taux de base au kilomètre, la MRC défraie 0,49 $ du km pour un prix de référence de 1,13 $ le litre. Son règlement dit que le taux sera majoré ou diminué d’un cent pour chaque variation du prix de 0,05 $ le litre. Au moment d’écrire ces lignes, le prix moyen au Québec s’établissait à 1,38 $ le litre. Dans ce contexte, le taux passe à 0,54 $ du km. Calcul rapide : l’élu qui part du centre de la MRC vers Québec va parcourir 1132 km aller-retour. On multiplie le tout par 0,54 $, cela donne 611 $. Ce qui devrait être suffisant pour payer l’essence et trois sacs de Doritos pour le petit creux dans l’auto. La  bonne nouvelle, c’est que le Conseil du trésor fixe le taux à 0,43 $ du km pour les premiers 8000 km; ce taux passe ensuite à 37,5 cents. Pour le même voyage à Québec aller-retour, le Conseil du trésor aurait remboursé 486 $, soit 125 $ de moins qu’Avignon. On verra si les élus de la MRC tiendront parole en passant aux tarifs du Conseil du trésor ou s’ils garderont les leurs.

Quant à l’hébergement, si l’élu dort chez un proche ou ami lors d’un séjour de travail, il peut réclamer 62 $ à la MRC et ce, sans pièces justificatives. Décidément. Or, à Percé, vous trouverez gîte et déjeuner pour 57 $. Tout cela s’ajoute à la majoration que les élus se sont votée en février dernier (unanimement et rétroactif à janvier 2014), pour chaque présence à une réunion, passant de 100 $ à 150 $ (une augmentation de 50 % d’un coup, pas sur dix ans). Et si un élu remplace le préfet à un événement, il reçoit 150 $. Remarquez, tout cela est légal. On note au passage qu’une avance représentant 75 % du montant des dépenses prévues pour un déplacement peut être versée. Questions. Un élu qui voyage au nom de la MRC et de sa ville peut-il toucher un double per diem? Combien coûtera annuellement à la MRC la majoration de 50 $ par réunion? Ils sont 11 autour de la table. Combien d’argent a déboursé la MRC annuellement au cours des dernières années pour des dépenses qui ne requièrent aucune pièce justificative? Comment se compare Avignon avec les autres MRC?

Toujours dans Avignon, est-il possible d’envisager une fusion de Ristigouche-Partie-Sud-Est avec une voisine, histoire d’éviter d’autres psychodrames comme celui qui l’oppose à Gastem? Un  maire, six conseillers municipaux, 167 habitants et un budget annuel de 275 000 $: il suffirait de la poursuivre pour 300 000 $ pour la rendre techniquement en faillite si elle perd en Cour. Gastem la poursuit pour 1,5 M$. Le Libre arbitre appuie Ristigouche-Sud-Est.

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Le mur

11 août 2014, 17:32

Par Thierry Haroun

Lors de son témoignage devant la commission Charbonneau, l’ex-ministre Nathalie Normandeau a été fidèle à elle-même en entrevue : réussir à déstabiliser l’adversaire qui n’y a vu que du feu.

Les journalistes gaspésiens qui ont été confrontés à Mme Normandeau pendant des années en conférence de presse ou en scrum savent combien il fallait bien se préparer pour lui soutirer quelque chose de costaud. À quelques minutes du début de son témoignage, j’ai appelé un collègue pour parier avec lui combien de fois elle dirait : « Je suis contente que vous me posiez cette question ». Ça ne faisait pas 10 minutes que le témoignage était amorcé qu’elle avait déjà lancé cette formule dans les jambes de la procureure en chef. Cette dernière a glissé sur une pelure de banane durant le reste du témoignage, qui a pris d’ailleurs la forme d’une séance de torture tant pour la procureure que pour la commissaire Charbonneau elle-même.

C’est que voilà, tout est dans le ton et la manière : démontrer une confiance absolue en tout temps (quitte à être hautaine juste un peu, mais pas assez pour avoir l’air baveuse), ne pas faire de geste brusque, ne pas hausser la voix, ne jamais baisser la tête, toiser d’un regard menaçant au bon moment, histoire de créer un doute chez l’adversaire, ne jamais mettre en doute les preuves de l’adversaire, mais en abordant la chose autrement avec des formules du genre : « de mémoire ». On ne compte plus les fois où elle a dit « de mémoire ». Pourquoi? C’est la formule passe-partout au cas où on se serait trompé royalement. Et au moment où l’adversaire semblait prendre le dessus, elle a sorti son atout à plusieurs reprises, son fameux « mur ». Écoutez, au primaire, quand je me comportais mal, mon professeur me disait : Haroun, va « au mur » près du balai réfléchir cinq minutes. Dans la cour, pour ceux qui s’en souviennent, on lançait la « super balle »blanche (celle qui pinçait) sur le « mur » de brique rouge de l’école. Plus tard, alors que j’étais de passage dans les pays de l’Europe de l’Est au temps du communisme, j’ai dû traverser le « mur » de Berlin pour me rendre à Varsovie. Plus tard encore, sur la plage, mes enfants avaient bâti un « mur » pour protéger leur château de sable. Tout récemment, combien de « murs » ont été formés par des joueurs pour bloquer les coups francs de l’adversaire lors des matchs de la Coupe du monde de soccer. Mais le « mur » de Normandeau est d’une tout autre dimension.

Ce mur, qui devait empêcher toute influence du lobby des firmes de génie sur ses décisions, qu’elle a mimé d’innombrables fois en déplaçant lentement sa main droite de haut en bas pendant son témoignage, a visiblement hypnotisé tant la commissaire que la procureure en chef. Au sortir de son témoignage, Normandeau n’a reçu que des éloges sur la place publique, que ce soit par des élus, des citoyens ou des chroniqueurs. Sacrée Normandeau…

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Le dossier entourant la survie du bureau d’information touristique de Pointe-à-la-Croix a pris les allures d’un théâtre de boulevard tellement chacun se relance pour la balle pour ne pas le financer. Gênant. De loin, on a l’impression que ce bureau est considéré par le secteur municipal et touristique comme un bâtiment « non grata ». Et pourtant, c’est le bureau qui est amont de l’industrie du sud et de la pointe de la péninsule, soit le plus important de tous parce qu’il invite les voyageurs à continuer vers la Gaspésie plutôt que de bifurquer vers le Nouveau-Brunswick. Ça ne prend que 25 000 $ pour le maintenir ouvert pendant la saison touristique. Le calcul est simple : si chacune des municipalités d’Avignon, de Bonaventure, de Rocher-Percé et de la Côte-de-Gaspé de même que l’Association touristique régionale de la Gaspésie versait 715 $ par année, le compte serait bon. Ce serait faire preuve de cohérence et de solidarité tout en créant de l’emploi. On peut bien rêver… Bon été à tous.