Un taux de participation de 55,5 % aux élections partielles dans Bonaventure. C’est respectable. D’autant plus que les étudiants exilés comme moi ne pouvaient voter. Ni en personne, ni à distance.
Vous le savez, à la suite de l’élection de M. Arsenault, du Parti libéral, certain(s) ont supposé que ce résultat démontrait une inaccessibilité d’information. Un savoir non éclairé des Gaspésiens quant à ce qui se passait réellement sur la scène politique :
«Est-ce qu’ils sont aussi au fait de l’information qui est générée sur la colline ou ailleurs dans les grands centre comme Québec ou Montréal?»
Moi, je l’ai bien ris. Peut-être que les Gaspésiens ne sont pas assez informés, je l’accorde. Mais peut-on rajouter «comme l’ensemble des Québécois, mon petit »? En effet, j’ai cru remarquer qu’à Québec, même avec une colline parlementaire à deux pouces du visage, on fait les mêmes choix que les Gaspésiens.
Alors, c’est quoi le problème ?
Maka Kotto, qui a tenu les propos ci-haut mentionnés, est peut-être lui-même sous informé de ce qu’est notre réalité gaspésienne. En fait, je sais que cette nouvelle commence à dater un peu, mais comme c’est récurrent pour moi de faire face à des gens qui méconnaissent ma belle région, j’ai envie de leur répondre. Voici:
« La Gaspésie, c’est un petit bout de terre situé au sud-est du Québec. Une péninsule bordée par le fleuve, le golfe, la Baie-des-Chaleurs (l’une des plus belles au monde, d’ailleurs!), par les Chics-Chocs. Par la nature, quoi. Une bien belle place.
La Gaspésie déborde aussi de gens soucieux du destin de leur région, travaillant pour développer son économie, pour faire valoir sa culture et la promouvoir, pour offrir un terrain politique viable et sain.
Nous avons l’électricité. Nous possédons des voitures. Nous déneigeons les routes, l’hiver. Nous ne sommes pas tous pêcheurs. Nous avons le téléphone et, oui oui!, la télévision. Chose encore plus incroyable, nous possédons des ordinateurs qui permettent d’obtenir de l’information rapidement, en plus des nombreux journaux régionaux, des stations de télévision et des radios communautaires qui nous offrent des informations régionales et provinciales.
À Monsieur/Madame Tout-le-monde: nous pouvons être informés autant que vous. »
D’ailleurs, n’est-ce pas fou!, je me suis posée la question moi aussi ce matin, mais inversement.
« Les gens habitants les grandes villes sont-ils au courant de ce qui se passe en politique actuellement? »
C’est que les sondages démontrent que la fusion de l’ADQ-CAQ est en avance sur tous les autres partis.
Ouch!
Vous êtes en train de me dire que des gens « mieux informés » que les Gaspésiens votent pour un parti qui ne veut plus des cégeps, un parti qui ne favorise plus l’équité dans les soins de santé offerts en ouvrant la porte aux cliniques de santé privées, un parti qui prend sous son aile l’ADQ dont on ne voulait plus, au Québec?
Et après, on vient nous JUGER, nous, sur nos choix politiques?
« Est-ce qu[e les Gaspésiens] sont aussi au fait de l’information qui est générée sur la colline ou ailleurs dans les grands centres comme Québec ou Montréal? »
Décidément, plus je la lis, plus je la ris.
2 commentaires
J’ai tellement eu une réaction équivalente à la tienne Marie-Pier! Quand je lis et constate que l’ADQ-CAQ est en avance sur les autres partis, je me dis que finalement, c’est possible que la fin du monde soit en 2012.
Bonne et belle réplique. Plus on s’affirme et plus on prend conscience de notre grandeur ! Nous sommes un grand peuple sur un grand territoire et notre affirmation grandit… avis aux intéressés.