Plus de Nathalie Normandeau à l’Assemblée nationale? Moi, ça m’a fait un choc. D’abord parce que c’était tout de même inattendu, le Parti libéral étant présentement dans une situation florissante vu les « petits » déboires du Parti québécois. Je ne sais pas s’il vous est venue la question qui m’a traversé l’esprit en apprenant cette nouvelle : « Nathalie, tu n’aspirais donc pas à prendre la place de Charest, un jour? Ça ne te disait rien? »
Il faut croire que non, et Madame Normandeau a expliqué les raisons qui l’ont incitée à démissionner. Nous n’avons rien à dire. Ou presque.
Sans vouloir clamer haut et fort mes allégeances politiques, je peux vous dire que le Parti libéral n’était pas mon choix de prédilection. Mais quand on habite en Gaspésie, petite région trop souvent oubliée par les dirigeants, peut-on se permettre de voter par principe?
Je m’explique.
Nathalie Normandeau apportait beaucoup à la région. Imaginez, une des nôtres, vice-première ministre! Une des nôtres ayant les moyens et la position pour aider les Gaspésiens. Elle connaissait nos inquiétudes lorsque nous en avions, elle comprenait les enjeux et je suis à peu près certaine qu’elle a fait beaucoup d’efforts pour offrir le maximum à notre douce péninsule.
Si on voulait une Gaspésie prospère, c’était un peu (et je dis bien un peu) bête de ne pas voter pour ce merveilleux porte-étendard. Mais si le Parti libéral ne nous allumait aucune étincelle dans les yeux, on était mal pris. Voter pour ses convictions, ou voter pour l’avenir d’une région?
Pour ma part, j’ai bien hâte de voir qui prendra la relève dans le comté de Bonaventure, et si cette courageuse personne sera élue députée. On verra si les Gaspésiens tenaient plus à Madame Normandeau qu’au parti libéral.
Si on dresse un portrait rapide de la politique au Québec, en un an, Ignatieff et Duceppe démissionnent, le NPD est à son sommet, Jack succombe au cancer, le PQ se fragilise, François Legault jubile avec ses idées de droite et la vice-première ministre du Québec démissionne.
Ça sent le changement en politique. Et j’aime bien cette odeur.
8 commentaires
J’ai peu de mots à ajouter aux propos tenus plus haut, si ce n’est que je suis totalement en accord avec la dernière phrase de Pauline: On est des battants!
Comme l’a dit plus haut Monsieur Trépanier, j’ai été une de ces personnes qui ont dit qu’elle n’était pas dans le bon parti politique.
Moi je crois que Madame Normandeau a de bonnes raisons de démissionner. Son Premier ministre l’a peut être mise trop souvent sur la ligne de feu.Un moment donné c’est ben beau se faire tiré dessus, mais y a quand même des limites.
Pour ce qui est de notre région, on s’en est toujours sorti, on va encore s’en sortir parce qu’on l’a jamais eu facile.
On est des battants!
Bien d’accord, même que j’ai un peu peur pour l’avenir de notre région maintenant !
Quand j’étais journaliste, j’ai souvent entendu plusieurs personnes dire que Mme Normandeau n’était pas dans le bon parti. Des personnes qui l’appréciaient, mais qui ne votent pas libéral. Disons que la personne réussissait à se faire des amis bien au-delà de son parti. Est-ce que ça tenait de son charme ou de ce qu’elle apportait réellement à la région ?
Bonne question. Beaucoup éprouvaient de la sympathie envers Madame Normandeau, c’est évident. Mais si les Gaspésiens n’avaient rien reçu en échange, la députée aurait-elle connu un règne aussi long et sans grande rivalité?
Personnellement, je suis également sous le choc. Certes pour le départ de Madame Normandeau, mais aussi parce que comme il le fut mentionné dans l’article, ça sent le changement, et ce, à plein nez. En effet, « en un an, Ignatieff et Duceppe démissionnent, le NPD est à son sommet, Jack succombe au cancer, le PQ se fragilise, François Legault jubile avec ses idées de droite et la vice-première ministre du Québec démissionne. » Or, manque-t-il un élément dans cet énumération? Avec ce désir de changement et l’effervescence qui règne actuellement, est-ce qu’on oublie d’observer quelque chose? Je pense que oui… Nos amis les conservateurs… Ils ont tout à gagner dans cette situation. C’est bien connu, l’Homme (avec un grand H) a besoin de sécurité et de stabilité, quel est le seul parti pouvant nous offrir cela actuellement? Le parti conservateur. Les gens qui ont peur et qui sont pétrifiés face aux changements, vers qui vont-ils se retourner? Les conservateurs.
Je pense que Madame Normandeau était un pilier qui nous apportait sécurité au niveau provinciale. Sur l’échelle national, la Gaspésie avait opté pour un vent de changement, à l’instar de la majorité des québecois, en se tournant vers le NDP. Ainsi, on se sentait en sécurité au Québec et prenait un risque au Canada. Maintenant, notre députée ayant démissionnée et le chef de l’oppossition, notre chef, Jack Layton décédé, que nous reste-il? Très peu de points de repères… Je pense, c’est une croyance qui peut ne pas être fondée, que nous aimons le changement mais à petites doses. À l’heure actuelle, c’est peut-être un peu trop drastique. C’est ce qui me fait peur… Puisqu’en état de « crise », de choc, on se retourne vers quelque chose ou quelqu’un qu’on connait, de stable, et cela, c’est pour l’instant les conservateurs (malheureusement…)
Oui, c’est inquiétant… Mais notre sécurité, à nous, Québécois, n’a-t-elle pas été longtemps le Bloc? Et pendant que l’on se doutait tous que les conservateurs seraient majoritaires, ne nous sommes-nous pas tournés vers l’inconnu, l’insécurité, soit le NPD, plutôt que d’y aller avec notre valeur sûre?
Le comté de Bonaventure sera toujours prisée par un(e) député(e) qui prendra soin de sa région, libéral, péquiste ou adéquiste…. Je crois que c’est la région qui gagnera.