Règne libéral : Un test pour tous

16 avril 2014 1 commentaire

Les résultats électoraux du 7 avril forceront les politiciens du Parti libéral et du Parti québécois à passer un test assez rigoureux, celui du respect des citoyens et de l’engagement en condition d’adversité. Ces résultats constitueront aussi un test pour la population, qui devra s’assurer que la démocratie n’est pas un droit qui s’exprime uniquement lors des élections.

Les Gaspésiens ont élu les députés péquistes Gaétan Lelièvre, dans Gaspé, et Sylvain Roy, dans Bonaventure, dans un contexte où le pouvoir sera assuré par un gouvernement libéral nettement majoritaire à Québec.

Dans Gaspé, le travail solide de M. Lelièvre a été reconnu par les électeurs. Il n’a pas toujours été aidé par son parti, notamment au cours des six premiers mois de son mandat, alors que le conseil des ministres a été lent à enclencher des mesures concrètes pour la Gaspésie, dans un contexte de ralentissement économique mondial.

Ministre délégué aux Régions, Gaétan Lelièvre a été apprécié pour sa franchise, ne prenant pas d’engagements irréalistes, se soumettant régulièrement à l’exercice d’explication du fonctionnement de l’État. Il s’est en général abstenu de tomber dans la petite politique.

Dans Bonaventure, Sylvain Roy l’a échappé belle. Le professeur de sociologie se familiarise encore, de son propre aveu, avec la bête que constitue la politique. Il est clair qu’il doit une partie de sa victoire à la réalité géographique de sa circonscription – à laquelle a été ajouté en 2011 Chandler, où l’on vote plus facilement pour le Parti québécois – et à l’annonce de l’ex-première ministre Pauline Marois concernant l’appui financier conféré au projet de cimenterie de Port-Daniel.

Passons aux tests maintenant. Le chef libéral Philippe Couillard croyait bien pouvoir ramener son candidat de Bonaventure, Damien Arsenault, au gouvernement. Autrement, il n’y aurait pas fait un saut éclair 24 heures avant le scrutin.

Le nouveau premier ministre devra respecter les engagements pris à l’endroit des Gaspésiens, notamment en ce qui a trait au maintien de la filière éolienne, puis à la nécessaire remise à niveau des infrastructures ferroviaires et portuaires. Une partie importante de la population s’attend également à ce que son gouvernement respecte son engagement de reconduire l’entente de 450 M$ liant Investissement Québec, la Caisse de dépôt et placement du Québec et Ciment McInnis.

Il pourrait être tentant pour M. Couillard de laisser moisir les Gaspésiens parce qu’ils n’ont pas été assez nombreux à voter pour lui. Toutefois, il a mis l’accent plusieurs fois dans les heures suivant l’élection sur la nécessité d’être le premier ministre de tous les Québécois. En ce sens, le dossier des infrastructures de transport cadre bien dans le programme libéral.

Toutefois, les positions touchant la pérennité du secteur éolien au-delà des 800 mégawatts scellés en mai 2013 et la cimenterie sont moins claires.

M. Couillard a évoqué une « pause » de développement éolien après les 800 mégawatts. En ce qui a trait à la cimenterie, il dit vouloir respecter l’engagement de 450 millions présenté le 31 janvier mais il s’est aussi engagé à ce que la nouvelle usine ne concurrence pas les quatre autres cimenteries québécoises. Cette position peut laisser place à une très large interprétation.

Le manque d’appui donné aux libéraux par la population de la MRC du Rocher-Percé est sans doute largement attribuable à la perception que Philippe Couillard appuie la cimenterie moins que le Parti québécois.

D’autre part, les députés Lelièvre et Roy entrent maintenant dans ce qui pourrait être une longue période d’engagement en condition d’adversité. Tous deux avaient goûté depuis septembre 2012 à un parti au pouvoir. En un sens, ils se retrouvent dans une position similaire à celle de Nathalie Normandeau en novembre 1998, à l’aube d’un mandat dans l’opposition.

Ils devront faire preuve de renoncement, de patience, de motivation, voire d’acharnement pour que le gouvernement libéral tienne ses engagements en situation majoritaire.

Les Gaspésiens aussi passeront un test. Ce ne sera pas le premier. Pour qu’ils se fassent entendre, ils devront manifester davantage leurs doléances, à plusieurs niveaux politiques, et démontrer qu’ils veulent être entendus, que leurs causes sont légitimes.

Ce sera une sorte d’exercice de démocratie directe. Les Gaspésiens ont souvent innové pour se sortir de situations difficiles. L’impasse qui semble caractériser le mode de scrutin québécois nécessite de nouvelles façons de faire. De nouvelles façons pourraient émerger ici.

1 commentaire
Pascal Hnery a écrit le 16 avril 2014 :

Ce qui me désole, c’est d’avoir l’impression que nos candidats locaux dans Bonaventure n’ont pas fait de campagne…. J’ai beau suivre l’actualité, je n’ai pas senti la presence ni de l’un, ni de l’autre !!!! De toute évidence, nous vivons de plus en plus des campagnes de chefs, alors aussi bien s’attarder a la possibilité d’établir une vote proportionnel !

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