Rail : Une bataille à poursuivre

2 avril 2014 0 commentaire

Il peut sembler redondant pour les Gaspésiens d’avoir à poursuivre la bataille pour protéger leur infrastructure ferroviaire, mais s’il est une lutte pertinente à laquelle s’accrocher pour l’avenir à long terme de la mobilité des gens et des biens de la région, c’est celle-là.

À l’aube d’une campagne électorale au Québec, il est plus que jamais nécessaire de revendiquer les sommes requises pour la remise en état du tronçon Matapédia-Gaspé, même si cette lutte dure depuis près de 30 ans.

C’est loin d’être symbolique, même si bien des personnes croient que le train est un mode de transport du passé. En réalité, dans tous les pays industrialisés, et même dans une bonne part des pays en voie de développement, le transport par rail est en pleine ascension, pour des motifs pratiques et environnementaux.

En Amérique du Nord, pour des raisons largement liées à la prépondérance de l’automobile au cours des 60 dernières années, le rail, du moins pour le transport des passagers tel que mené par les sociétés « nationales » que sont supposés être Via Rail au Canada et Amtrak aux États-Unis, est en grande partie largué. Les décisions semblent prises par des arriérés n’ayant aucune notion de modernisme.

Récemment, Transports Québec s’est fait complice de l’ineptie de Via Rail en statuant que le transport de passagers en Gaspésie n’était pas sécuritaire en raison de l’état de certains ponts entre Matapédia et New Carlisle.

Depuis le drame de Lac-Mégantic, la sécurité occupe beaucoup de place dans l’univers ferroviaire. C’est justifié, mais c’est aussi un prétexte pour se débarrasser de certains services, ou de certains tronçons ferroviaires.

Il est permis de penser que dans le cas de Via Rail, où une bonne partie de la direction n’a d’yeux que pour le corridor Québec-Windsor, la catastrophe de Lac-Mégantic représente une occasion en or pour tenter de retarder la reprise du service entre Matapédia et New Carlisle, ou de le supprimer.

À Transports Québec, la Gaspésie n’a pas que des amis. S’il est vrai que ce ministère a fait sa part depuis 2007 pour assurer la pérennité des liens de marchandises et de passagers en débloquant près de 45 millions $ pour le réseau gaspésien, certains hauts fonctionnaires croient que notre voie ferrée a assez reçu, surtout dans un contexte où le gouvernement fédéral n’a rien payé depuis 2011.

Ces hauts fonctionnaires ont tort, toutefois, et les politiciens au-dessus d’eux auraient tout aussi tort de retirer l’appui au chemin de fer gaspésien. En fait, ils auraient tout intérêt à régler la question dans un délai raisonnable, d’ici deux ou trois ans, par exemple.

C’est ambitieux comme projet? La première ministre Pauline Marois disait justement, le jour du dépôt du dernier budget, qu’il était permis d’avoir de l’ambition!

Présentement, Transports Québec attend les résultats de rapports qui détermineront d’une part les sommes à investir pour rendre le tronçon Matapédia-Gaspé sécuritaire pour les 25 prochaines années, et d’autre part la clientèle à desservir, tant pour les passagers que pour les marchandises.

En décembre 2010, une étude réalisée par Hatch Mott MacDonald avait statué qu’il fallait investir 93,5 millions $ en cinq ans pour rendre l’axe Matapédia-Gaspé fiable pendant 25 ans. Considérant que Québec y a consacré 27 millions $ depuis 2011, il serait tentant de dire qu’il reste environ 67 millions $ à avancer.

Ce pourrait ne pas être si simple. Plus on mettra du temps à réaliser ces travaux, plus ils coûteront cher. Un peu sur le même principe que l’adage « ce qui traîne se salit », on peut dire que « toute réparation négligée coûtera davantage ».

Le solde minimal de 67 millions $ apparaît faramineux pour certains, mais il ne représente que la moitié du budget routier de 2011 en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

De plus, bien que le trafic de marchandises soit bien inférieur maintenant, avec 1 500 à 2 000 wagons, à ce qu’il était il y a 20 ans, avec 8 000 ou 9 000, les industries gaspésiennes y auront de plus en plus recours à l’avenir, d’après des vérifications faites récemment.

Quant au service de passagers, même si Via Rail nous fait passer par toute la gamme des frustrations en imposant en Gaspésie des normes que ce transporteur public n’applique même pas sur ses propres tronçons, il viendra un temps où nos gouvernants fédéraux comprendront les bienfaits du transport collectif par train. Il serait dommage que nous n’ayons plus la possibilité de l’accueillir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

+ huit = 10

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.

Dossiers
Par catégories
Développement Web:
Fil RSS des nouvelles
GRAFFICI
New Richmond
190 Rue Armand-Lelièvre,
local 123
New Richmond, G0C 2B0
(418) 392-7440
Gaspé
237 rue Chrétien, Local Z-29
Gaspé, G4X 1E1
(418) 368-7575
Suivez-nous