Le portrait municipal change

13 novembre 2013 8 commentaires

Le portrait municipal a considérablement changé en Gaspésie lors des élections du 3 novembre. La région a augmenté sa part de jeunes élus. Elle a aussi haussé la proportion de maires et de conseillers d’âge intermédiaire, sans compter l’afflux de sang neuf sans égard à l’âge.

 

En premier lieu, la décision de plusieurs élus de se retirer de la vie politique a créé un nombre inusité d’ouvertures, principalement dans la Baie-des-Chaleurs, mais aussi à Gaspé et à Percé.

 

En fait, la plupart des plus populeuses municipalités des MRC d’Avignon et de Bonaventure ont vu leur maire quitter la politique, comme à Maria, New Richmond, Bonaventure et Paspébiac. Dans un autre registre, Escuminac a choisi de remercier Bertrand Berger, une décision qui aura une incidence dépassant le cadre municipal, puisqu’il présidait la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

 

Maria a choisi un maire de 34 ans, Christian Leblanc, devant deux candidats avec un bon bagage d’expérience. L’électorat de New Richmond a littéralement plébiscité Éric Dubé, 45 ans, en lui donnant 75,5 % d’appui dans une course à quatre.

 

Bonaventure avait le choix entre deux candidats ayant environ 40 ans et c’est Roch Audet qui l’a emporté. Lui et Ambroise Henry n’avaient fait aucune cachette quant à leur décision d’être maires à temps complet, avec une rémunération en conséquence.

 

De plus, la plupart des municipalités du côté sud de la Gaspésie ont fait de profonds changements. Presque tous ces conseils sont composés d’au moins trois nouveaux venus.

 

La Baie-des-Chaleurs a donné le ton puisque 26 des 40 nouveaux élus de 18 à 35 ans de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine y sont concentrés.

 

Carleton-sur-Mer et Shigawake ont ainsi élu deux conseillers dans la vingtaine, tandis que Pointe-à-la-Croix, Saint-Elzéar et New Richmond y sont chacun allés avec trois conseillers de moins de 35 ans.

 

Le changement ne tient pas qu’à l’âge des candidats. Chandler entame ainsi le présent mandat avec cinq nouveaux conseillers et Percé n’en a conservé qu’un sur huit. De plus, toujours à Percé, même si le nouveau maire André Boudreau n’a plus 35 ans depuis plusieurs années, il est permis de croire qu’il apporte au conseil une capacité de mobilisation dont a bien besoin une ville qui doit reprendre un élan en tourisme et dans d’autres secteurs économiques.

 

L’aspect progressiste de la plupart des messages entendus avant et après l’élection est aussi encourageant. L’électorat a résolument choisi des candidats qui investiront dans l’avenir.

 

À New Richmond par exemple, où l’endettement inquiète plusieurs citoyens, la faveur est néanmoins allée à Éric Dubé, qui s’était engagé à poursuivre sur les traces de Nicole Appleby. Elle a essuyé sa part de critiques en choisissant d’emprunter, aux lendemains de la fermeture de Smurfit-Stone en 2005, pour relancer les infrastructures de sa ville. Toutefois, peu de municipalités mono-industrielles ont émergé d’une fermeture comme l’a fait New Richmond. M. Dubé s’est engagé à voir si les finances de la municipalité sont en mauvais état, mais son approche va dans le sens de la création de richesse, et non du repli budgétaire.

 

Depuis 2005, le nombre de jeunes qui se présentent en politique municipale augmente sensiblement à chaque scrutin. L’effet cumulatif du succès électoral de cette jeunesse commence à se faire sentir. Il explique en partie pourquoi la Gaspésie présente un taux de participation significativement plus élevé que la moyenne québécoise.

 

Il n’est pas question ici d’évincer les gens de plus de 50 ans de la vie municipale. Il faut simplement réaliser qu’il y a encore un rattrapage à faire pour arriver à un équilibre qui tienne compte de la pyramide d’âges. Le solde des jeunes est encore déficitaire.

 

Pour maintenir et augmenter la présence de jeunes élus dans nos conseils, il faudra aussi continuer de débattre de la question de la rémunération des élus. Si nous voulons encore monter d’un cran la représentation jeunesse ou d’adultes n’ayant pas atteint l’âge de la retraite, il faudra offrir des conditions qui ne pénalisent pas les élus dans leur vie professionnelle et familiale.

 

Enfin, pour que tous ces changements soient significatifs, il faudra que les citoyens gardent un œil sur leurs conseils municipaux. La démocratie est une affaire quotidienne, et non une affaire dont on s’occupe une fois aux quatre ans.

 

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