Mardi matin, personne ne sera surpris

4 avril 2014 2 commentaires

Si le gouvernement élu représente quelque chose, ce sera la division au sein d’un peuple qui s’est doté lui-même d’un outil lui permettant de remettre les rênes du pouvoir à une poignée de convaincus ne représentant qu’une petite partie de la population. Diviser pour mieux régner n’est pas une stratégie nouvelle et que l’on continue à tolérer qu’elle soit au cœur de notre « démocratie » n’est pas non plus une surprise. C’est dommage, mais pas surprenant.

Lors d’une « campagne » électorale, ne devrions-nous pas nous demander quel message nous envoyons à nos jeunes sur notre façon d’interagir en société? Quels sont les impacts qu’ont sur nos jeunes les méthodes utilisées par ceux et celles qui devraient être leurs modèles, leurs sources d’inspiration? Si vous êtes curieux ou curieuse d’en prendre conscience, écoutez la table ronde de jeunes militants à l’émission Au cœur du monde à Radio-Canada (allez à 16 h 38 dans l’émission du 3 avril 2014).

Encadrés par leur armée de faiseurs d’image, les « chefs » se seront affrontés pendant 33 jours. Voilà. Comme on sait que la prochaine campagne sera plus sale que la dernière, ainsi en sera-t-il de l’efficacité réelle du prochain gouvernement. Les riches deviendront plus riches et les pauvres plus pauvres. La Voix sera encore l’émission la plus regardée à la télévision, et la cimenterie de Port-Daniel sera le prochain fiasco gaspésien. Toujours pas de surprise prévue au programme. La majorité silencieuse (concept aussi ridicule que celui de l’acceptabilité sociale) continuera son métro-boulot-dodo et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes.

L’histoire de l’humanité nous prouve que l’être humain peut être aussi imbécile qu’inventif. À chacun et chacune de nous de choisir la voie qui nous semble la plus inspirante. Quant à moi, il y a quelques jours, j’apprenais que j’allais pouvoir consacrer librement l’entièreté de mon temps lors de la prochaine année à travailler à l’atteinte d’un objectif : augmenter, en collaboration avec qui le veut bien ici en Gaspésie, notre capacité à répondre localement et le plus efficacement possible à nos besoins fondamentaux. Se nourrir sainement, avoir un logis confortable et de quoi se mettre sur le dos sont les priorités. Évidemment, la culture, la santé, l’éducation, la protection de l’environnement et bien d’autres aspects nécessaires pour vivre dignement font partie de l’équation. Mais avant tout, j’aimerais créer des liens significatifs avec le plus grand nombre de personnes intéressées à travailler, ou qui y travaillent déjà, à l’atteinte de cet objectif. Vivre dignement n’est pas un luxe. Vivre dignement n’est pas non plus un « fait » ayant la même signification pour tout le monde. Surtout aujourd’hui, en 2014, en occident, qu’entend-on par « vivre dignement »? Vivre dignement à New Richmond et vivre dignement au Congo, est-ce la même chose? Quels sont les impacts de notre façon de vivre ici sur d’autres régions du monde? Quels impacts nos habitudes de consommation ont-elles autour de nous?

Toutes ces questions et plusieurs autres, nous devons nous les poser et y répondre.
Vivre en Gaspésie de manière juste et responsable. Vivre pour que chaque personne faisant partie de la communauté sans exception puisse le faire dignement, c’est un choix que nous pouvons faire chacun et chacune de nous. L’entraide, le partage, l’empathie sont des qualités qui, j’en suis convaincu, sont toujours très présentes dans notre quotidien.

Faire de la Gaspésie un modèle positif, juste et équitable de vivre ensemble est une réalité à laquelle je crois férocement. J’invite celles et ceux qui travaillent déjà à ce projet à se manifester, à prendre la parole, à se tenir debout, dans la mesure de nos moyens afin de faire de la Gaspésie ce milieu de vie accueillant, inclusif et surtout durable que nous savons possible. Que les utopistes se mettent à leurs crayons pendant que la vieille garde économique protège ses acquis néo-libéraux. C’est à coup de bêches dans la terre que nous dessinerons notre futur pendant que les financiers de ce monde « twitteront » le prochain crash financier. Les politiciens et politiciennes ont pris l’habitude de travailler trop fort pour leur prochain emploi dans le privé pour s’occuper de politique. Arrêtons de nous laisser enfirouaper. Sur le terrain, les rênes de notre avenir sont encore à notre portée.

Prenons-les.

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