La responsabilité c’est toujours l’affaire des autres

24 mars 2014 0 commentaire

L’être humain a une extraordinaire capacité à remettre à demain ce qui devrait être fait aujourd’hui. Il possède aussi le don de ne pas voir beaucoup plus loin que le bout de son nez. Parlez-en aux Romains. Et puis il a cette incroyable capacité de pouvoir imaginer un monde qui n’existe pas. Artistiquement parlant cette capacité est magnifique; depuis la nuit des temps, elle nous a permis de nous raconter les histoires les plus grandioses. Mais qu’arrive-t-il lorsque l’imaginaire prend le dessus sur la réalité? Lorsque la lecture du monde dans lequel on vit n’est plus en lien avec les limites physiques de ce monde?

Qui sont ces êtres qui considèrent leur vie plus précieuse que celle de tout autre être vivant? Comment en arrive-t-on à penser que nous sommes l’ultime création de l’univers et que tout nous est dû? Mais surtout, comment pour ceux et celles qui sont encore capables de prendre conscience et de voir ces non-sens, comment faire pour 1) ne pas se perdre dans cette façon d’être qui nous entoure, et 2) renverser la vapeur?

Se câlisser du monde…

Allons-y avec nos forces. La plupart d’entre nous avons cette capacité déjà profondément enracinée à croire que notre bien-être personnel équivaut à la recherche du niveau de vie de tout être vivant sur cette planète. Peu importe les conséquences pour qui ou quoi que ce soit, je n’y changerai rien tant et aussi longtemps que ce niveau de vie, MON niveau de vie, ne sera pas directement et très concrètement menacé. C’est fort ça! On appelle ça se câlisser du reste de la terre. Alors, si l’on prenait cette immense énergie et qu’on la transformait un peu. Continuons à nous sacrer de la plupart du monde qui nous entoure, mais ajoutons au mélange un soupçon d’empathie. Juste un petit soupçon, on s’entend. On ne voudrait pas virer communiste non plus. Être empathique ça veut dire, en gros, continuer de se câlisser du monde en général, mais de temps en temps lever les yeux pour voir ce qui se passe en dehors de notre nombril.

… pour arrêter de se câlisser du monde!

Pendant quelque temps, j’ai essayé de convaincre des gens qu’il fallait se sortir la tête du trou. Je me suis vite aperçu que ce n’était pas l’approche avec le meilleur rapport « qualité prix ». Beaucoup d’énergie investie pour peu de calories en retour. Cette énergie, vaut mieux l’investir dans le faire que dans le convaincre. Bien sûr, il faut aussi s’assurer de défendre certaines choses en ce bas monde. L’eau potable est un exemple criant en Gaspésie à l’heure actuelle. Un exemple de l’ampleur de notre perte de contrôle. De ce qu’une dépendance à l’argent et à un mode de vie déconnecté du monde naturel peu ressembler à une dépendance physique aux drogues dures. Et je le dis sans rire. Notre dépendance au mode de vie occidental nécessitera, pour nous en sortir, autant d’efforts de la part de chaque individu se croyant « normal » qu’il en faut à un ou une alcoolique pour refuser la bouteille. Vous trouvez que j’exagère? Alors, faites en vous même l’expérience! Laissez votre voiture à la maison… une journée. Juste une. Ou essayer de vous nourrir pendant une semaine avec des aliments qui viennent d’autour de chez vous. Si vous croyez que « ce n’est pas la même chose », vous êtes au stade du déni. Si vous voulez vraiment voir le monde dans lequel vous vivez actuellement, fortes sont les chances que vous n’aimiez pas ce que vous y verrez. Voulez-vous voir le travail que notre mode de vie impose aux gens d’autres pays? Voulez-vous reconnaître que l’esclavage existe encore en 2014? Lorsque vous verrez, ça vous enragera et vous tenterez de justifier. « Oui, mais ce n’est pas pareil en Chine », « Un dollar en Inde permet de mieux vivre qu’un dollar ici », « Si nous ne consommions pas ici, ces gens-là n’auraient pas d’emploi ». À chaque étape, vous courez le risque de retomber dans le déni. Mais vous aurez fait un pas de plus. Si vous êtes chanceux ou chanceuse, vous aurez des gens autour de vous qui vous encourageront dans votre cheminement. Puis un jour, après des moments de dépression plus ou moins intenses, vous arriverez peut-être à accepter. Vous reconnaîtrez que pour le restant de votre vie, vous devrez vivre avec une dépendance et qu’il faudra beaucoup de volonté et de soutien pour ne pas faire de rechute.

Vivre en 2014 de manière responsable doit se faire un jour à la fois. L’énergie investie dans ce projet doit être aussi élevée que celle qu’ont investie et investissent encore les groupes de soutiens des AA pour encourager leurs membres. Il est peut-être temps de se dire que notre mode de vie moderne nécessitera autant d’efforts de la part de chaque individu qu’une personne dépendante à l’alcool doit y mettre chaque jour pour s’en sortir. J’ose espérer que nous pourrons nous inspirer de ces groupes afin que personne ayant un jour la volonté de « s’en sortir » ne soit abandonné à elle-même. La SAQ ne fermera pas bientôt ses portes, ça ne veut pas dire que certains ou certaines d’entre nous n’aient pas besoin de soutien moral pour ne pas la surutiliser. Il en va de même de la surconsommation, surtout lorsque cette consommation repose presque exclusivement sur une source; le pétrole.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

7 − deux =

Votre commentaire pourrait être modéré ou retiré s'il ne respecte pas notre politique de publication.

Dossiers
Par catégories
Développement Web:
Fil RSS des nouvelles
GRAFFICI
New Richmond
190 Rue Armand-Lelièvre,
local 123
New Richmond, G0C 2B0
(418) 392-7440
Gaspé
237 rue Chrétien, Local Z-29
Gaspé, G4X 1E1
(418) 368-7575
Suivez-nous