Par Joanie Robichaud, blogueuse citoyenne
D’un côté, les éducateurs et les éducatrices à la petite enfance militent. Pas des «gardiens et des gardiennes» d’enfants. Parce qu’ils font plus que ça. Ils éduquent, ils stimulent, ils encouragent, ils soutiennent, ils aiment nos enfants. Tous les jours. Et pas pour un gros salaire. Le métier d’éducateur ou éducatrice est un métier de cœur, pas un métier de riche. Mais un métier où les récompenses proviennent des regards dans les yeux des enfants qui aiment d’amour leur éducateur ou leur éducatrice. Ces derniers demandent de meilleures conditions de travail et un meilleur salaire. À lire à ce sujet l’excellente chronique de Stéphane Laporte.
De l’autre côté, les étudiants protestent. Le dernier budget libéral annonçait une hausse des frais de scolarité. Si le dégel a timidement commencé à se faire sentir sur les factures, il sera encore plus visible à partir de l’automne 2012, où 325 $ se rajouteront chaque session jusqu’en 2016. Au Cégep de la Gaspésie et des Îles, une grève se profile à l’horizon, comme le rapportait GRAFFICI.CA dernièrement. Les étudiants en provenance des régions éloignées où il n’y a pas d’enseignement supérieur* dispensé auront plus de difficulté à subvenir à leur besoin, résume le président de l’association du Cégep. À lire à ce sujet l’excellente chronique de Rima Elkouri.
Le point commun entre les deux batailles : une population désintéressée qui n’embarque pas dans les mouvements. Une population qui semble plus préoccupée par ses petits problèmes quotidiens plutôt que d’être solidaire. Est-elle à blâmer? Une nouvelle tendance à l’individualisme est-elle en train de prendre le dessus sur l’esprit collectif des Québécois?
En y repensant, c’est grâce à des gens qui se sont levés pour dénoncer des situations que le Québec est devenu la société d’aujourd’hui. On admirait les levées de foule dans les pays arabes, au printemps dernier. On suit des développements au Sénégal. Serait-on un peu peureux? Aurait-on peur de sortir dans la rue pour dénoncer ce qu’on considère, ici, comme une mauvaise vision de notre société?
Certes, les deux combats diffèrent, mais se rejoignent sur un point : l’avenir de nos jeunes, de la future génération. Leur éducation, que ce soit dans les premières années de leur vie où à la fin de leurs études, devrait-elle être une priorité? En tant que société, quelles valeurs voulons-nous leur laisser? Beaucoup de questions, beaucoup de débats… Si l’un semble se régler, à quel point l’autre sera illimité?
* Les Cégeps ne sont pas considérés comme de l’enseignement supérieur. Ainsi, lorsque le coût d’un tel enseignement est comparé entre les provinces canadiennes, le Québec a un taux très bas, mais qui ne tient pas en compte les deux années de Cégep nécessaires avant l’accès à l’université où plusieurs étudiants commencent déjà à s’endetter lorsqu’il n’y a pas le programme offert dans un campus près de chez soi.
1 commentaire
Très bonne réflexion…….