Par Joanie Robichaud, blogueuse citoyenne
Avec un solde migratoire positif* en 2010-2011, les Gaspésiens et Madelinots ont de quoi être fiers. Lentement, mais sûrement, la région réussit à garder ses habitants et à attirer les jeunes, de plus en plus nombreux à revenir s’y établir. Et c’est tant mieux.
En fait, non seulement la Gaspésie affiche un solde migratoire positif, mais la plupart des régions éloignées des grands centres aussi. Seuls le Bas-Saint-Laurent (-28) et le Nord-du-Québec (-154) sont dans le négatif, mais s’améliorent. La nouvelle est d’autant plus significative que toutes ces régions avaient un très gros solde migratoire négatif il y a cinq ans**. Globalement, plus de personnes se sont installées dans les régions dites éloignées, plutôt que de les quitter. Il semble que tous les efforts déployés aient finalement mené à quelque chose.
Pour ce qui est de la Gaspésie, il semble que les jeunes soient plus enclins à revenir s’y établir à la suite de leurs études. Le solde migratoire négatif des 18 à 24 ans n’est pas nécessairement péjoratif. Il est évident que la région ne peut pas offrir toutes les formations scolaires. Partir devient donc nécessaire pour être formé, à moins de suivre une formation technique qui se donne sur le territoire (quoique la plupart partent quand même). D’un autre côté, de ces 306 jeunes qui sont partis en 2010-2011, une grande majorité l’a probablement fait pour les études. La population est de plus en plus éduquée et la région en profite grandement. Il faut croire qu’il n’y a pas que de mauvais côtés à partir.
Après deux années consécutives avec un solde migratoire positif, la Gaspésie et les Îles de la Madeleine sont tranquillement en train de renverser la vapeur. Si la tendance se maintient, le retour dans les régions éloignées des grands centres continuera. Le Québec ne pourra jamais revenir en arrière. La majorité des emplois se trouvent et resteront toujours dans les grands centres. Toutefois, peut-être est-il est possible de décentraliser un petit peu plus afin de permettre aux régions de prendre le contrôle de leur territoire? La déconcentration*** n’est peut-être plus suffisante. Les chiffres le démontrent, les gens reviennent. Et tôt ou tard, ils voudront continuer de bâtir ce qu’ils ont commencé en ayant les ressources nécessaires.
Toutes les données utilisées pour ce billet proviennent du site de l’Institut de la Statistique du Québec.
* Un solde migratoire positif signifie qu’il y a plus de gens qui sont venus s’établir dans la région plutôt que de la quitter. Ainsi, pour l’année 2010-2011, la Gaspésie et les Îles de la Madeleine ont accueilli 2 361 personnes alors que 2 262 sont parties. Le solde migratoire est donc positif de 99 personnes.
** Pour l’année 2006-2007, les soldes migratoires étaient les suivants : Abitibi-Témiscamingue (-166), Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (-202), Nord-du-Québec (-253), Bas-Saint-Laurent (-343), Côte-Nord (-689) et Saguenay-Lac-Saint-Jean (-955).
*** En résumé, la déconcentration des services signifie de créer des instances locales afin de représenter le gouvernement, alors que la décentralisation est de donner plus de pouvoirs aux élus locaux afin qu’ils puissent eux-mêmes prendre les décisions et avoir les budgets nécessaires à la création de nouveaux projets.
