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Revenir d’exil comporte des risques

26 janvier 2012 6 commentaires

Par Joanie Robichaud, blogueuse citoyenne

« J’ai roulé 4000 milles, sous un ciel fâché.
Aux limites de la ville, mon cœur a clenché.
Les gros flashes apparaissent dans mon âme égarée.
Les fantômes se dressent à chaque pouce carré.
Revenir d’exil comporte des risques.
Comme rentrer une aiguille dans un vieux disque. »
— Richard Desjardins

Revenir d’exil n’est pas une mince affaire. La décision est importante. Il faut sacrifier les opportunités qu’offrent les centres urbains. Il faut choisir ses priorités. Revenir d’exil comporte des risques. L’endroit qu’on a quitté n’est jamais tout à fait identique lorsqu’on revient. Il faut accepter les changements survenus au fil des ans. Accepter que notre souvenir ne soit plus conforme à la réalité. Revenir d’exil demande beaucoup de courage.

Revenir (ou venir) en Gaspésie est de plus en plus populaire chez les jeunes diplômés. Après dix ans avec un solde migratoire négatif, la Gaspésie commence à rajeunir. Des jeunes décident de revenir d’exil, pour toutes sortes de raisons. Partir est parfois un mal nécessaire. Il permet d’ouvrir ses horizons, d’apprivoiser l’autre, mais surtout réaliser la chance d’être née dans une si belle région. Le sentiment d’appartenance est fort chez les Gaspésiens. S’il y a une chose dont mes collègues de classe se souviendront à mon sujet, c’est mon amour pour ma région.

Revenir d’exil demande parfois des compromis, surtout lorsqu’on n’est plus seule à prendre la décision. Il faut parfois accepter de faire des concessions, pour se rapprocher davantage de l’objectif désiré. Arriver à la croisée des chemins permet de faire le point sur l’exil en question. La route paraît toujours plus agréable vers la fin, alors que la possibilité de partir se pointe à l’horizon. On se met à penser aux petites choses du quotidien qui nous manqueront. Si Montréal correspond aux antipodes de l’endroit où j’aspire à vivre, elle m’a certainement appris beaucoup.

L’exil aura été difficile. Chaque situation est particulière. La mienne voulait que ma famille et mes amis soient partout dans la province… sauf à Montréal! Rien pour aider à la cause. Pour d’autres, Montréal est une libération. Une façon de pouvoir mener sa vie comme on l’entend. Il est vrai que l’anonymat est davantage permis à Montréal qu’en Gaspésie.

Si tout va bien, mon carnet d’exil comportera beaucoup moins de kilomètres dans quelques mois. Croisons les doigts.

6 commentaires

joanierobichaud a écrit le 27 janvier 2012 :

Bonjour à tous et merci pour vos bons mots! Ça m’encourage beaucoup! Si ce n’est pas la Gaspésie, ce sera peut-être le Bas Saint-Laurent, mais c’est mieux que rien ;) Comme je mentionnais, je ne suis pas seule à prendre la décision!
Au plaisir de tous vous croiser une fois de retour dans l’Est :)

Caroline Bujold a écrit le 27 janvier 2012 :

Bonjour Joanie

Effectivement le retour au bercail après l’exil n’est pas une mince affaire.

Ce que j’ai envie de dire, c’est que pour beaucoup de jeunes Québécois (une poignée de chanceux sur la planète), on a quand même l’opportunité d’essayer de réaliser nos rêves….quitte à se tromper. Mais essayons!

Bonne chance dans tes projets!

Caroline Bujold

Maryève Charland-Lallier a écrit le 27 janvier 2012 :

Belle réflexion Joanie… profite de tes instants d’urbanité concentrée et au plaisir de te revoir en sol gaspésien, de retour d’exil.

@JF Tapp… bon ambassadeur ;)

Jean-François Tapp a écrit le 27 janvier 2012 :

Bon succès dans tes démarches de retour…n’oublie pas le portailjeunesse.ca ;-)

jftapp

Marilou a écrit le 26 janvier 2012 :

Effectivement, les endroits que l’on quitte changent durant notre absence, mais vivre un exil nous fait évoluer aussi. À la croisée des chemins, l’important, c’est que tout concorde :)

Rachèle a écrit le 26 janvier 2012 :

Faites le saut, ça vaut la peine !

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