Par Joanie Robichaud, blogueuse citoyenne
Le nom de Nathalie Normandeau était sur toutes les lèvres la semaine dernière, à la suite de sa démission de ses rôles de vice-première ministre du Québec, ministre des Ressources naturelles et de la Faune et députée de Bonaventure. Une grande majorité des Québécois étaient même contents de ce départ, notamment en raison de ses positions controversées dans le dossier du gaz de schiste et de celui du Plan Nord. Comment leur en vouloir? C’est la seule chose qu’ils n’auront jamais entendue à propos de Nathalie Normandeau.
Parce que les médias québécois ont l’habitude de faire ressortir les mauvais côtés des politiciens en faisant souvent abstraction des meilleures actions.
En retraçant le portrait politique de cette Gaspésienne, la majorité des médias n’a pas mentionné son apport considérable au monde rural québécois. Certes, elle n’était pas une sainte, mais il faut donner à César ce qui revient à César. Et Nathalie Normandeau a été celle derrière plusieurs accords gouvernementaux visant à améliorer la vie rurale, notamment avec la Politique de la ruralité.
Voilà peut-être pourquoi il est facile de s’insurger du fait que le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a été nommé responsable des régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. S’il est né au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ça ne veut pas dire qu’il est né en milieu rural*, sa ville natale, Alma, comptant aujourd’hui près de 30 000 habitants.
La majorité de la population étant de plus en plus concentrée dans les grandes villes, le développement régional n’est pas un domaine populaire. D’ailleurs, quel souvenir restera de Nathalie Normandeau dans cinquante ans? À l’exception de la Gaspésie, d’autres régions auront-elles compris la portée des actions posées par la politicienne? Parce que, même si ces autres régions ne sont pas complètement rurales, comme c’est le cas de la Gaspésie*, la plupart ont des municipalités et des villes qui sont loin d’être urbaines. Et même en Gaspésie, voudrons-nous lui donner le crédit qui lui revient par rapport au développement régional?
Beaucoup de personnages influents sont à peine connus aujourd’hui. On peut penser à Esdras Minville, premier dirigeant francophone de HEC Montréal et originaire de Grande-Vallée, qui a grandement apporté dans les années 1930 au développement et à l’aménagement du territoire des régions du Québec, notamment en proposant un plan de colonisation des territoires.
Est-on capable de souligner les efforts des gens de chez nous pour développer notre région ou sommes-nous rendus à ne nous souvenir que des mauvaises actions?
* Un milieu est dit rural lorsqu’il comporte moins de 15 000 habitants, selon Laval Rioux, chargé de cours en sciences politiques à l’UQAM. La ville de Gaspé est la plus populeuse de la région administrative Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine avec ses 14 902 habitants.
2 commentaires
Merci pour le commentaire Rolando. Avec ce texte, je voulais démontrer à quel point nous ne sommes plus capable de voir le bon côté des gens. Je trouve dommage qu’on oublie soudainement les bons coups d’une personne pour ne se rappeler que des mauvais.
Exactement, la santé c’est trop gros. Et ce n’est pas dans la santé que la Gaspésie a besoin de faire le plein, c’est encore et toujours dans l’économie. Une fois que l’économie sera diversifiée, vivante et roulante, on pourra s’occuper de la santé, l’éducation et tout le reste… Parce qu’une population en santé et éduquée sur le chômage, ce n’est pas mieux.
N’étant pas natif du coin, je dois avouer que j’ignorais complètement que mme. Normandeau était originaire d’ici. Quand j’ai appris sa démission, j’ai été surpris par l’ampleur de la réaction des gaspésiens. Comme si on les abandonnait, comme s’ils se retrouvaient soudainement orphelins. Et quand j’ai appris de la nomination du ministre de la Santé, j’ai compris l’insulte. Il a beau avoir le plus beau des discours et dire qu’il va venir faire son tour, la Santé c’est trop gros, la Gaspésie ne sera assurément pas sa priorité. Un autre bel exemple de comment les régions dites « éloignées » sont mal considérées et souvent négligées. Dommage.