Être une Gaspésienne à Montréal est un statut particulier. Du moins, je me sens différente du reste des gens que je côtoie. Lorsque je me promène sur la rue, je ne peux que regarder les centaines de personnes qui défilent si rapidement et si individuellement, les écouteurs sur les oreilles. D’ailleurs, en rencontrant de nouvelles personnes, je mets toujours mes origines au premier plan. Le fait d’être une Gaspésienne passe avant les autres détails, que ce soit les études ou le travail. Je me décris d’abord et avant tout comme une fille de la Gaspésie. C’est plus fort que moi. Ce sentiment d’appartenance est si profondément ancré qu’il prend le dessus sur le reste.
Un peu comme si la fierté gaspésienne se devait d’être partagée. En fait, c’est une caractéristique qui se remarque chez beaucoup de Gaspésiens, surtout en exil. Ce besoin de mentionner notre coin de pays, d’en parler, comme si le mentionner dans une conversation nous rapprochait de lui. Bien souvent, le fait d’être une Gaspésienne est un avantage. Les gens associent la région à la tranquillité, la mer et les paysages extraordinaires. Parfois, même, une pointe d’envie peut être détectée dans la voix des gens. Comme s’ils savaient que mon statut est particulier.
D’où vient ce sentiment d’appartenance si prononcé? De mes ancêtres acadiens, si fiers d’être descendants d’un peuple déporté qui ne s’est jamais éteint ou de ma volonté de ne pas succomber à la « montréalisation »? En fait, c’est probablement un mélange des deux en plus de l’envie de partager la réalité que j’ai connue, réalité si différente de celle des gens d’ailleurs. Qu’on se le dise, en comparaison à Montréal, la Gaspésie est un peu comme une autre province ou un autre pays. La façon de penser, la façon de parler, jumelées à un rythme de vie assez différent, creusent un fossé entre deux réalités.
Deux réalités qui, bien souvent, se jugent sans se connaître. Les préjugés, d’ailleurs, sont le symbole par excellence de cette méconnaissance entre la métropole et une région comme la Gaspésie. Préjugés qui circulent dans les deux sens, précisons-le. Si certains Montréalais aiment imaginer une Gaspésie à son plus rural, plusieurs Gaspésiens ont tendance à exagérer la réalité montréalaise, notamment question sécurité. Les médias y contribuent certainement un peu, mais c’est un autre sujet.
En bref, le besoin de s’identifier comme une Gaspésienne à Montréal est probablement proportionnel à mon degré de nostalgie par rapport à la région. Degré qui augmente jour après jour.
10 commentaires
@Josée A. : merci beaucoup pour les commentaires. Au plaisir de discuter à propos de mes prochains billets
)
Félicitations Joanie la ‘Gaspesienne’je suis un ‘autre’ venu de loin mais qu’adore la Gaspésie et j’y m’installe cette semaine. Venant de très loin il y a plusieurs années, on apprend à transformer la nostalgie, chose que je te souhaits:)
J’apprécie ta vitalité dans ton écrit. Bonne continuité!!
@Maélie : Belle réflexion. En effet, je crois que je le fais en grande partie pour moi, parce que ça une importance considérable dans mon identité!
)
@Orbie: Merci d’avoir remarqué! Hihi!
@Fré: C’est fou comment on y tient à notre coin de pays quand on n’a pas la chance d’y vivre à l’année!
@Marilou: Oh oui !! Souvent, c’est parce qu’ils ne comprennent pas l’étendu du territoire! Ils s’imaginent que Percé et Gaspé, ça se fait en 10 minutes!
@Tous les autres: merci pour les commentaires et pour avoir pris la peine de lire mon billet!
Tu viens de la Gaspésie ? Connaistu Pierre Poirier de Gaspé ??????? J’imagine que vous avez entendu ce genre de question aussi. Comme si la Gaspésie était toute petite… Alors qu’elle est immense et si belle ! Bravo pour ce texte
tellement!
Wow, je suis tout a fait d’accord !! Moi aussi dès que je peux je dit que je viens de la Gaspésie, même si parfois je me fait un peu taquiner sur le fait que j’aime surement les fruits de mer (Cliché ahah) !! Les gens remarquent aussi quand j’en parle a quel point j’y tiens a mon ptit coin de pays
!! Bravo Jo, super ton texte !! Xxx
j’adore ta bannière !! ahah
J’ai déjà vécu cette situation car j’ai demeuré environ 10 ans à Montréal, il y a plusieurs année, mais je suis revenu dans ma belle Gaspésie. Très bon texte, ma belle.
Dans mon bacc, c’est presque un running gag. Quand je dis, « chez nous en Gaspésie », mes potes se moquent ; tu viens pas de la Gaspésie toi !? Tu nous as jamais dit ça!
Je me demande toujours pour quoi (qui) je continue à le répéter.. Les autres ou moi !?
C’est tellement vrai. Moi aussi à chaque fois que je peux je plogue l’endroit d’où je viens dans les conversations. Il est vrai que la Gaspésie est bien différente des grandes villes surtout Montréal.