Le lock-out vu par une fille qui ne joue pas au hockey
Le lock-out vu par une fille qui ne joue pas au hockey
J’errais depuis deux minutes dans un commerce quelconque qui vend des jeux vidéo quand, tout à coup, pour une quatrième fois, un client se procurait la nouveauté fraîchement sortie de sa boîte, le tant attendu NHL 2013. Je me suis dit : «Ouais ben, va y avoir du hockey dans nos chaumières cet hiver.»
Eh bien non! Tout porte à croire qu’on n’aura pas de hockey dans nos chaumières cet hiver. Et pourquoi ? C’est parce que, pour une troisième fois en 18 ans, un conflit de travail survient dans le merveilleux monde du hockey.
C’est pratiquement 700 joueurs de hockey professionnel qui se retrouvent sur le banc et sans salaire. On parle ici de graves répercussions économiques; le dernier lock-out en 2004 avait couté 1.8 milliard de dollars à l’économie canadienne.
C’est, disons-le, vraiment beaucoup d’argent.
Non pas que je m’intéresse particulièrement à la Sainte-Flanelle, mais la soirée du hockey reste un moment solennel dans nos salons québécois.
À preuve, un fan de ce sport national télévisé s’est confié à Radio-Canada :«Je sais ben pas c’qu’on va r’garder à Tivi.»
«C’est tout simplement épouvantable!», disait un autre amateur du sport.
Enfin je me suis dit que la soirée du hockey ne sera plus une défaite pour mes amis de gars pour ne pas venir souper à la maison.
Mais j’ai vite déchantée.
Je me suis rappelé les soirées à écouter le hockey avec ces mêmes amis et je suis forcée d’avouer que c’était toujours des belles soirées.
C’était souvent un moment où l’homme (au sens général) pouvait m’apprendre
quelque chose, et ça le valorise beaucoup.
C’était aussi une soirée où je pouvais voir l’homme vivre plein d’émotions, s’emballer pour une équipe et contre une autre. L’homme s’identifiait à ses favoris et semblait patiner autant que l’homme sur la patinoire.
La soirée du hockey, c’était un beau moment où l’homme se laissait aller.
Quand est-ce que nos hommes vont se réunir dans le salon avec une caisse de bière, chips et ailes de poulet et que les femmes auront la paix dans la cuisine?
Quand est-ce que les cages au sport vont se remplir de partisans pour un match Canadiens-Boston?
Quand est-ce qu’on va crier en cœur «nananana hé hé hé good bye!»?
Serons-nous réunis dans les arénas à regarder du hockey mineur ? Serons-nous dehors dans les rues à se passer la puck pis à compter des buts ?
Verrons-nous éclater un bébé boom de lock-out du hockey ?
Qu’à cela ne tienne, qu’on n’aime ou qu’on n’aime pas, un hiver sans nos héros du samedi est un hiver sans sensation forte, sans vague, et sans Coupe Stanley.
Louange à toi qui s’est procuré le jeu NHL 2013, tu pourras réunir dans ton salon beaux-frères et amis, chips et caisse de bière afin de faire revivre cette frénésie qui animait jadis nos foyers le samedi soir.

2 commentaires
Solide vidéo !