C’est la course, comme une course à relais comme on en voit aux Jeux olympiques ces temps-ci. Une course qui se fait en équipe malgré que l’on n’a pas besoin d’avoir une équipe de bons coureurs. Un bon chef, un bon slogan sur des belles pancartes suffisent; la course est lancée.
C’est une course folle où tous les coups sont permis, même ceux en bas de la ceinture. Pour prendre une avance, certains iront jusqu’à couper l’herbe sous les pieds de l’adversaire. Couper l’herbe, faut le faire quand la campagne électorale se déroule en plein
été et que la pousse du gazon bat son plein. Le peuple est en vacances et il faut attirer son attention.
On sort les squelettes du placard, on annonce une bévue par-ci, on critique une pub de mauvais goût par-là, corruption, copinage, éducation pour ne pas perdre le nord et développement dur à dire plus que durable. On se salit et on se traîne dans la boue pour faire valoir un programme rempli de promesses qui fondent comme les glaçons dans mon verre de sangria.
Moins pire
On ne dit pas que le meilleur gagne, mais plutôt que le moins pire l’emporte. Celui qui arrivera au fil d’arrivé en premier n’aura pas trop traîné dans la boue et aura encore un peu d’herbe sous les pieds.
Au printemps, le peuple s’est mis à nu pour demander qu’on l’écoute et qu’on respecte ses droits. Aujourd’hui on tente de pogner nos politiciens les culottes baissées pour se tailler une place sur le trône. Pendant ce même printemps, le peuple brandissait en grand des pancartes affichant des slogans plus colorés les uns que les autres, rouge surtout.
Slogan hissé au bout d’une main, prolongement de la pensée publique, se positionnant en faveur de la démocratie et du changement. On s’en souvient encore.
Et les saisons passent, et le printemps fait place à l’été où fleurissent là aussi slogans sur pancartes de couleurs (beaucoup moins de rouge, est-ce un hasard ?) rappelant aussi l’importance de la démocratie et du changement.
Le fruit d’un labeur du peuple qui jardine son monde
On peut lire «Debout», «Pour le Québec», «C’est assez» (C’est vrai que dit dans cet ordre… ça porte à confusion) à côté des binettes de candidats portant fièrement la cravate demandant grâce aux citoyens pour siéger à l’assemblée, s’asseoir pour rassembler.
Et le citoyen est assis lui dans sa chaise longue au soleil regardant passer la mascarade ou regardant Sucré Salé à TV. Se souviendra-t-il (comme le dit son slogan) au moment de la rentrée qu’il doit payer ses frais de scolarité, mais qu’il doit aussi aller voter ? L’importance de la démocratie et du changement.
J’espère que cette campagne ne sera pas vaine, cette campagne où le peuple s’est exprimé dans la rue, faisant raisonner justice et casseroles, cette campagne pacifique rappelant que la société de demain est entre leurs mains.
Le 4 septembre, moi je vote, parce que ne pas voter c’est comme marcher à reculons dans une manifestation.
2 commentaires
Le 4 septembre, moi je vote.
Le 4 septembre , moi je vote .