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Y’a de quoi rendre fou un village

20 janvier 2012 16 commentaires

Je me revois encore à 3 h du matin, obligée de mettre tout le monde dehors. On me suppliait : « un dernier verre !!! » La place était encore pleine de fous rires et d’accolades ivres d’une soirée bien arrosée. Un dernier verre…après c’est fini.

J’imagine que c’était comme ça qu’on a fermé la dernière soirée aussi.

Ce matin, avant même mon premier café, j’apprends par Facebook que le Fou du Village n’est plus, hier était la dernière soirée. Depuis quelques semaines déjà, la place perdait des plumes… ce qu’on appelle le perron de l’Église du village, se voyait abandonné par ses païens, des croyants pratiquants qui, cette fois, perdaient la foi au miracle. Il va sans dire des bobards sur cette histoire pour laquelle nous n’avons aucune explication. Un long et lourd silence, comme ce silence qui envahit la place une fois que les fêtards sont couchés. Le village est en deuil et sans réponse. On y a passé nos soirées…on pourrait au moins savoir pourquoi. Qu’est-ce qu’on a fait pour mériter ça ? Pas de réponse. Y’a pas que le bar qu’ils ont fermé…

Je me revois encore à 16h30 le jeudi, m’assurer que tout est prêt pour accueillir les fidèles, ceux qui chaque semaine reviennent. À 17 h 00 la place était pleine. Ceux-là mêmes qui étaient là aussi le 18 juillet 1995, ceux-là mêmes qui étaient là hier soir pour le last call, le dernier. Mais les propriétaires eux, n’y étaient pas, et moi non plus. Je le regrette, je ne savais pas. Je regrette de n’avoir pu remercier les clients, de n’avoir pas trinqué à leur santé une dernière fois, de n’avoir pu leur payer une tournée. Je regrette de n’avoir pu fermer la place dignement avec eux et un shooter. Aujourd’hui, c’est un bien plate lendemain de veille. J’ai l’impression d’avoir perdu un ami.

Qu’adviendra-t-il de ce lieu, de ce bâtiment, de ce pic au cœur du village. Que seront ce comptoir et ce plancher ? Où mettront-ils l’escalier ? Qu’adviendra-t-il de ces accords de guitares, de ces bottes laissées juste à côté de la piste de danse, de ce fond de bouteille qu’on voudrait jamais ne voir se vider ? Qu’adviendra-t-il des froides soirées d’été réchauffées par le foyer sur la terrasse, ce même feu arrosé par des pichets d’eau un peu plus tard ? Et tout le reste…

Eh bien! soyez heureux parce qu’il ne peut qu’arriver quelque chose de mieux. Des idées, y’en a mille ! Depuis longtemps, on nous raconte au comptoir des histoires, des projets, des plans d’affaires, des idées à faire. Il suffit d’un peu de passion, beaucoup de rénovations, du temps pour s’investir, et de l’amour de la place, beaucoup d’amour pour faire changement.

Venez, j’vous paye un dernier verre…un dernier !

 

16 commentaires

Céline a écrit le 22 janvier 2012 :

Comme c’est triste. Je n’étais pas une cliente mais le nom même de la place nous faisait pénétrer dans ce petit « spécial » qui caractérise la Gaspésie. Et c’était tellement vivant quand on passait devant. Il ne reste qu’à souhaiter que la RELÈVE se LÈVE et continue à y faire rencontrer touristes et locaux.

Élodie a écrit le 21 janvier 2012 :

Pour les 3 soirs par année que je réussissais à y passer, moi aussi je suis triste, oui. Mais c’est difficile de juger des entrepreneurs qui ont probablement assumés les frais de notre plaisir pendant un bout avant de mettre la clé dans la porte… Peut-être trop longtemps, et maintenant, peut-être ne reste-t’il plus assez de force pour expliquer tout ça à une clientèle de moins en moins nombreuse.
Vu de l’extérieur, pour une raison ou une autre, l’entrepreneuriat semble toujours reluisant et glorieux…
J’aurais plutôt tendance à dire bravo et merci à tous ceux qui ont fait vivre l’endroit pendant aussi longtemps.
Et par-dessus tout, je souhaite beaucoup de courage et de bonnes idées à ceux qui auront le « guts » de se lancer dans ce projet de fou!

Bilbo a écrit le 21 janvier 2012 :

Tout est possible…gardez espoir. Un village comme ca ne va pas rester sobre très longtemps….

Francis Galarneau Girard a écrit le 21 janvier 2012 :

D,aussi loin que je suis, en Amérique du Sud, quelle triste nouvelle. J,ai eu la chance d,être chansonnier là et davoir plusieurs magnifiques soirées. Longue vie à la relève de ce lieu magique!

Francis de Bonaventure, alias Pancho de la Bolivie!

Élisa a écrit le 21 janvier 2012 :

Je te lis Manue et je suis nostalgique de ces moments que tu sais si bien raconter… D’aussi loin, de la grande métropole, je dis salut à tous les clients qui ont été présents durant les années où j’y ai travaillé. Je garde en mémoire que de beaux souvenirs, autant des soirées de spectacles que des petites soirées de semaine en plein hiver. Où les gens arrivaient en ski-doo pour se réchauffer autour du foyer… Ce bar, avec toutes ses histoires, je vais m’en souvenir avec le sourire. J’espère vraiment que ce n’est pas la fin de son histoire… à suivre…

Manue a écrit le 21 janvier 2012 :

Merci pour cette solidarité. J’imagine que les explications viendront.
Le fou est situé dans un endroit stratégique avec une magnifique terrasse où le soleil est à son meilleur un peu avant 16h l’été. Les bars n’ont plus la cote, c’est bien vrai ! on veut des endroits pour manger, voir un spectacle, un lieu qui permet de vivre une expérience quand on sort. Vos commentaires me permettent de garder espoir. Si tout le monde pense comme vous, on n’a pas à s’en faire !

Steve Arsenault a écrit le 21 janvier 2012 :

J’ai de la misère à croire que fermer l’établissement était la seule solution… mais comment juger? Nous n’avons pas d’explication.

Madeleine Tremblay a écrit le 21 janvier 2012 :

Bien d’accord en partie avec Dany Marquis .. Pour avoir été une des 7 membres fondatrices du Café les Fous de Bassan à Percé , c’est vrai que c’est beaucoup de travail et que cela prend bcp du temps à rentabiliser.. que l’on soit ouvert 4 mois ou 12 mois , ce sont les meme normes ..Mais ce n’est pas une raison de baissser les bras.. on peut continuer à opérer le Fou ^peut-être autrement??

Dany Marquis a écrit le 21 janvier 2012 :

Triste nouvelle! Je serais curieux de discuter avec les proprios. Toujours intéressant de faire l’autopsie d’une entreprise. On oublie également que nos villages sont peu peuplés et que les impératifs économiques sont les mêmes, qu’on soit dans un village de 3000 habitants ou dans une petite ville de 50 000. Dur, Dur de gérer ce type d’entreprise en Gaspésie. J’en sais quelque chose. Beaucoup de travail, peu de rémunération. J’espère que Bonaventure aura un promoteur qui occupera de nouveau ce magnifique espace. Toutefois, ce bâtiment contiendra pour toujours les fantômes de son ancien locataire. S’installer dans ce bâtiment équivaudra à subir les comparaisons et la nostalgie du Fou. Donc, à décevoir sa clientèle. En affaire, j’ai appris qu’il fallait éviter à tout prix ce type de bâtiment. Beaucoup d’effort devra être déployé pour faire oublier le Fou du Village.

Madeleine Tremblay a écrit le 21 janvier 2012 :

C’est bien dommage que ce lieu (jadis) si animé soit fermé.. Pourquoi pas une Relève qui ferait des activités en s’ajustant aux diverses clientèles ..aux diverses saisons.
.

Marilou a écrit le 21 janvier 2012 :

On ne pourra pas dire que le Fou aura eu une finale à sa hauteur. Merci pour l’espoir Manue!

Benoit Pilon a écrit le 21 janvier 2012 :

Quelle triste nouvelle ! Moi qui a tjrs dit, il nous faudrait un Fou du village dans chaque village en Gaspésie !! Inquiétant. La Gaspésie est-elle entrain de s’isoler ? :-(

caro a écrit le 20 janvier 2012 :

effectivment, c’était toute une surprise de lire ca sur FB ce matin….ca m’attriste,j’y ai aussi vécu beaucoup de moments, autant derriere le bar que devant…il y aura toujours des fou dans notre village mais celui-ci nous manquera particulièrement!

j’aurais voulu qu’ils organisent un dernier party, il me semble que ca aurait été la moindre des choses pour la clientèle. mais comme tu le dis manue, cette endroit peut encore briller par de nouveaux projets!

Amélie a écrit le 20 janvier 2012 :

Désolé d’apprendre que tout c’est passer si vite… Cest la ni d’une époque, mais le début des bonnes idées… Faite moi revivre ce lieu magic et laissez s’y rentrer une frénésie enchantée…

Brian Carey a écrit le 20 janvier 2012 :

Ton coeur social s’est bien exprimé Manue avec une petite pointe d’espoir pour un meilleur après.

Claudine a écrit le 20 janvier 2012 :

On sait tous que les Bars…c’est moins rentable… »La modération a meilleur goût » et ça ferme partout « Chandler, Bonaventure…etc..)mais l’été, c’est payant, non!!!! SVP.: Ne fermez pas tous les lieux amicaux de rendez-vous gaspésiens….Allez!!!.On le passe à un Autre Brave et on lui souhaite une Belle Réussite!

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